LIVRE III, CHAPITRE XI
jicîum reddît sine usurâ ^^ , ou à tout le moins l'esgale, avec toute démonstration que l'on estoit obligea mieux, et que cecy n'est pas pour satisfaire à l'obligation, mais pour monstrer qu'on se recognoist oblige. 3. Que ce soit très volontiers et de bon cueur, îngraius est cjui meiu gratus est ^^ ; si ainsi il a este' donné : eodem animo henejicium débet ur quo datur; — errât si quis heneficium libentiîis accipit , quam reddit ^^, 4. Si l'impuissance y est de le rendre par effect, au moins la volonté y doibt estre , qui est la première et principale partie, et comme* l'ame tant du bienfaict que de la recognoissance : mais elle n'a point de tesmoin que soy-mesme; et faut recognoistre non seulement le bien reçeu, mais encore celuy qui a esté offert, et qui pouvoit estre reçeu , c'est à dire , la volonté du bienfacteur, qui est , comme a esté dict , le principal.
^'^ « Il est ingrat quiconque s'acquitte d'un bienfait , sans y joindre un juste intérêt, m — Senec. Epist, LXXXI.
*^ K C'est être ingrat que d'être reconnaissant par crainte. » — Senec. de benef. L. IV, c. xviii.
^^ « Ce qui a été donné de bon cœur, de bon cœur il faut le rendre : — C'est une faute de ne pas rendre d'aussi bonne grâce qu'on a reçu, m — Senec. de benef. L. l , cl.- — id, Epist. LXXXI.
6o DE LA SAGESSE,
Seconde partie , (jui est des debvoirs spéciaux de certains a certains, par certaine et spéciale obligation.