‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 36 sur 164 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Dehvoirs des'mariés.

Sommaire. — Il y a des devoirs communs aux époux : être fidèles ; vivre en communauté. Il en est de particuliers : le mari doit instruire sa femme , la nourrir , l'aimer, la défendre, etc. La femme doit le respecter, lui obéir, garder sa maison , etc. — La iflodération est nécessaire dans les plaisirs du mariage.

Exemples : Aristote; Solon.

§ELON les deux considérations diverses qui sont au mariage , comme a esté dict ' , sçavoir equalité et inequalité , aussi sont de deux sortes les debvoirs et offices des mariés; les uns mesmes et communs à tous deux , également réciproques et de pareille obligation , encores que selon l'usage du monde, ne soient de pareille peine, reproche, inconvénient; sçavoir une entière loyauté, fidélité, communauté, et communication de toutes choses, puis un soin et authorité sur la famille et tout le bien de la maison. De cecy plus au long au livre premier ^.

' Dans le chap. XLViii du Liv. I.

^ Chap. XLviii.

Les autres sont particuliers et differens selon l'inequalité qui' est entr'eux ; car ceux du mary sont, I. instruire sa femme, l'enseigner avec douceur de toute chose, qui est de i^n debvoir, honneur et bien, et dont elle est capable. 2. La nourrir soit qu'elle aye apporté douaire ou non. 3. La vestir. 4* Coucher avec elle. 5. L'aymer et la deffendre. Les deux extrémités sont laides et vicieuses, les tenir subjectes comme servantes , et s'assubjectir à elles- comme raaistresses. Voylà les principaux. Ceux-cy viennent après , la panser malade, la délivrer captive, l'ensevelir morte, la nourrir demeurant vefve, et les enfans qu'il a eu d'elle, par provision testamentaire.

Les debvoirs de la femme sont , rendre honneur, révérence et respect à son mary, comme à son maistre et bon seigneur ; ainsi ont appelé leurs maris les sages femmes , et le mot hébreu baal signifie tous les deux, mary et seigneur. Celle qui s'acquitte de ce debvoir faict plus pour soy et son honneur que pour son mary, et faisant autrement ne faict tort qu'à elle. 2. Obeyssance en toutes choses justes et licites, s'accommodant et se ployant aux mœurs et humeurs de son mary, comme le bon miroir qni représente fidèlement la face, n'ayant aucun dessein, amour, pensement particulier ; mais comme les dimensions et accidens , qui n'ont aucune action ou mouvement propre, et ne se remuent qu'avec le corps, elles se tiennent en tout et par tout au mary. 3. Service, comme luy appareiller

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