‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 77 sur 164 · III. Q · texte numérisé non relu

III. Q

i3o DE LA SAGESSE,

ses prédécesseurs, s'il est leur héritier, ou bien si elles

sont au bien et proffit public. Aussi se peut-il relever

de ses promesses et conventions desraisonnables et

mal faictes , tout ainsi et pour les mesmes causes

que les particuliers se font relever par le bénéfice du

prince.

Il doibt aussi se souvenir que combien qu'il soit pardessus la loy (civile et humaine s'entend) comme le créateur pardessus sa créature (car la loy est l'œuvre du prince , laquelle il peut changer et abroger à son plaisir, c'cvSt le propre droict de la souveraineté), si est-ce que cependant qu'elle est en vigueur et crédit, il la doibt garder, vivre , agir et juger selon elle ; et ce luy seroit deshonneur et de très mauvais exemple d'aller au contraire , et comnie se desmentir. Le grand Auguste, pour avoir une fois faict contre la loy en son propre faict , en pensa mourir de regret. Lycurgue , Agesilaus , Seleucus ont donné de très notables exemples en cette part , et à leurs despens.

Tiercement le prince est débiteur de justice à tous ses subjects, et doibt mesurer sa puissance au pied de la justice. C'est la propre vertu du prince vrayement royale et principesque, dont justement fut dict par une vieille au roi Philippe, qui dilayoit ^*luy faire justice , disant n'avoir le loysir, qu'il desistast donc

*2 Différait de.

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