‹ De la sagesseChapitre 22 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

toutes rondes et orbiculaires , ou approchantes de cette figure.

Les internes sont de deux sortes : les unes en nombre et quantité' respandues par tout le corps, sçavoir : les os qui sont comme \z base et soubstien de tout le bastimcnt : dedans iceux pour leur nourriture la mouelle : les muscles pour le mouvement et la force : les venes sortans du foye, canaulx du sang premier et naturel :

que premièrement sont basties les trois plus nobles et héroïques parties ; le foye , le cœur, le cerveau, distantes en long , et se tenant par joinctures desliées , qui puis se remplissent tout à la façon d'un formy (a), où y a trois parties plus grosses et enflées , joinctes par entre-deux desliées. Selon ces trois parties principales viennent à considérer trois estages en l'homme ( image raccourcie du monde ) qui respondent aux trois estages et régions de l'univers. La basse du foye , racine des venes , officine des esprits naturels , et le lieu de l'ame concupiscible; en laquelle sont contenus le ventricule , ou l'estomach , les boyaux, les reins , la ratte , et toutes les parties génitales , respond à la région élémentaire où se font toute? les générations et corruptions. Celle du milieu où maistrise le cœur, la tige des artères , et des esprits vitaux , et le siège de Famé irascible , séparée de celle d'en bas par la toile tendue du diaphragme , et de celle d'en haut par le destroit de la gorge, en laquelle sont aussi les poulmons , respond à la région aetherée. Celle d'en haut , où loge le cerveau spongieux , source des nerfs et esprits animaux , du mouvement et sentiment , et le throsne de l'ame raisonnable , ubi sedet pro tribunali , respond à la région céleste et intellectuelle.

(a) D'une fourmi.

ai DE LA SAGESSE,

artères venans du cœur, conduicts du second sang plus subtil et vital, ces deux allans plus haut que le foye et le cœur, leurs sources sont plus estroittes que celles qui vont en bas, pour ayder à monter le sang, car le destroit plus serré sert à faire monter les liqueurs : les nerfs, procédans par couples, instruniens du sentiment, mouvement et force du corps, et conduicts des esprits animaux, dont les uns sont mois , et y en a sept paires , qui servent au sentiment de la teste, veue, ouye, goust, parole; les autres durs en 3o paires , procédans par l'espine du dos aux muscles : les tendons , ligamens , cartilages : les quatre humeurs, le sang, la bile jaul/ie ou cholere , qui ouvre, pousse , pénètre , empesche les obstructions, jette les excremens, apporte allégresse : la bile noire et aspre , ou mélancolie , qui provoque l'appétit à toutes choses, modère les mouvemens subits : la pituite douce, qui adoucit la force des deux biles et toutes ardeurs : les esprits, qui sont les fumées sortans de la chaleur naturelle et de l'humeur radicale, et sont en trois degrés d'excellence, le naturel, vital , animal : X&gresse , qui est la partie plus espesse et grasse du sang.

Les autres sont singulières (sauf les roignons et couillons qui sont doubles) et assignées en certain lieu. Or il y a quatre lieux ou régions, comme degrés au corps , officines et atteliers de nature , où elle exerce ses facultés et puissances. La première et plus basse est pour la génération en laquelle sont les par-

Page 1