‹ De la sagesseChapitre 240 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE LU. 3gi · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE LU. 3gi

rain n'ont point puissance de commander1. Comme les fleuves perdent leur nom et puissance à l'emboucheure de la mer, et les astres en la présence du soleil, ainsi toute la puissance des magistrats est tenue en souffrance en la présence du souverain 2 : comme aussi la puissance des magistrats inférieurs et subalternes en la présence des supérieurs. Entre égaux il n'y a point de puissance ou de supériorité, mais les uns peuvent cmpescber les autres par opposition et prévention.

Tous magistrats jugent, condamnent et commandent ou selon la loy , et lors leur sentence n'est qu'exécution de la loy, ou selon l'équité, et tel jugement s'appelle le debvoir du magistrat.

Les magistrats ne peuvent changer ny corriger leurs jugements, si le souverain ne le permet, sur peine de fauls ; ils peuvent bien révoquer leurs mandemens ou les soutenir, mais ils ne peuvent révoquer ce qu'ils ont juge' et prononcé avec cognoissance de cause.

Du debvoir des magistrats , voyez liv. III.

1 Ceci, ainsi qu'une grande partie de ce petit chapitre, est copié mot pour mot dans Rodin , de la République , L. ni.

2 Plutarque nous apprend , dans la vie de Phocion , qu'à Athènes, dans les assemblées générales , les magistrats parlaient debout, tandis que le peuple restait assis; et, à Rome, les faisceaux s'abaissaient devant le peuple assemblé.

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