‹ De la sagesseChapitre 54 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE X

composés. Du flairement c'est F odeur ou senteur, qui est une fumée sortant de l'objeet odoriférant, montant par le nez aux premiers ventricules du cerveau : le fort et violent nuict fort au cerveau, comme le son mauvais : le tempéré et bon au contraire, le resjouit, délecte, et conforte. De l'attouchement est le chaud, froid, sec et humide, doux ou poli, aspre, le mouvement, le repos, le chatouillement.

Le milieu ou l' entredeux dudit object et de l'instrument, qui est l'air non altéré ny corrompu, mais libre et tel qu'il faut.

Ainsi le sentiment se faict quand l'espèce sensible se présente par le milieu disposé, à l'instrument sain et disposé, et qu'en iceluy l'esprit assistant la reçoit et appréhende, tellement qu'il y a de l'action et passion, et les sens ne sont pas purement passifs; car combien qu'ils reçoivent et soient frappés par l'objeet, si est-ce aussi qu'en quelque sens et mesure ils agissent, en appercevant et appréhendant l'espèce ** et image de l'objeet proposé.

Anciennement et auparavant Aristote on mettoit différence entre le sens de la veue et les autres sens, et tenoient tous que la veue estoit aclive, et se faisoit en jettant hors l'œil, les rayons aux objects externes ; et les autres sens passifs, recevant la chose

** Espèce nous paraît signifier Ici forme. On trouve ce mot employé dans le même sens, dix lignes plus bas.

sensible : mais depuis Aristote l'on les a faict tous pareils, et tous passifs, recevant en l'instrument les espèces et images des choses ; les raisons des anciens au contraire sont aisées à soudre. Il y a de plus belles et hautes choses à dire des sens cy-après.

Or outre ces cinq sens particuliers qui sont au dent.kh-f. nors\ il y a au dedans, le sens commun où tous les objects divers apperceus par iceux, sont assemblés et ramassés pour estre puis comparés, distingués, et discernés les uns des autres, ce que ne peuvent faire les particuliers, estant chascun attentif à son object propre, et ne pouvant cognoistre de celuy de son compagnon.

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