‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 134 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XXXVI. aai · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXXVI. aai

maïs spécialement et proprement la volupté > de laquelle elle est retranchement et reîglement : retranchement de la superflue, estrangere, vitîeuse ; reîglement de la naturelle et nécessaire : voluptatibus imperat; alias odit et abigit; alias dispensai et ad sanum modum redigit; nec unquam ad illas propter illas venit : scit op^ iimum esse modum cupitorum, non quantum velis, sed quantum debeas ^ C'est rauthorlté et puissance de la raison sur les cupidités et violentes affections qui portent nos volontés aux plaisirs et voluptés. C'est le frein de nostre ame , et l'instrument propre à escumer les bouillons qui s'eslevent par la chaleur et l'intempérance du sang, affin de contenir l'ame une et esgale à la raison, afBn qu'elle ne s'accommode point aux objects sensibles, mais plustost quMle les accommode et fasse servir à soy ^. Par icelle nous sevrons nostre

^ a La tempérance commande aux voluptés : elle hait et repousse les unes ; elle gouverne les autres , les retient dans de justes hornes. Ce n'est jamais pour s'y livrer aveuglément qu'elle s'en approche : elle n'ignore pas que cette maxime , 7ie pas faire tout ce qu'on voudrait^ maïs seulement autant qu'on doit, est la meilleure des règles pour quiconque éprouve des passions ». — Senec. Epist. Lxxxviii.

^ Voici, sur ce sujet, un très-beau passage de Cicéron. Omnium autem perturbationum fontem esse dicunt {Stoici^ intemperantiam : quœ est a totâ mente et a rectâ ratione defectio , sic açersa a prœscriptione rationis ut nullo modo appetitiones animi nec régi nec contineri queant. Quemadmodum igitur

ame du laîcl doux des délices de ce inonde, et la rendons capable d'une plus solide et succulente nourriture. C'est une reigle laquelle-doucement accommode toutes choses à la nature, à la nécessité, simplicité, facilité, santé, fermeté. Ce sont choses qui vont volontiers ensemble, et sont les mesures et bornes de sagesse; comme au rebours, l'art, le luxe et superfluité, la variété et multiplicité, la difficulté, la maladie et délicatesse se font compagnie, suyvent Pintemperance et la folie , simpUci cura constant necessaria, in

deliciis laboratur Ad parata nati sumus : nos omnm

nobis diffidliafaciUumfastidiofecimus ^.

temperaniia sedat appetUîones et efficii ut hœc rectœ ralioni pareant , conseivatque considerata judicia mentis ; sic inimica intemperantia omnem animi statum tnflammat , conturbat, ir-^ ritaU Itaque et œgritudlnes et meius et reliquœ periurbationes omnes gignuntur ab eâ. — Cîcer. TuscuL Quœst L. IV, n. 22. Ce passage nous apprend , en même tems , ropinlon des stoïciens sur rinteinpérance.

^ «r Le simple nécessaire exige peu de soins ; c^est la déli" catesse qui nous asservit aux travaux... — Nous sommes nés pour des jouissances &ciles ; mais dégoûtés de ces jouissances, nous avons trouvé Tart d^en faire , en toutes choses , de trèsdifiELciles k nous procurer ». — Senec Epist* xc.

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