‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 35 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XII

par soy ou par autruy ses vivres, luy laver les pieds. 4. Garder la maison , dont est comparée à la tortae et est peinetc ayant les pieds nus, et principalement le mary absent; car esloignée du mary, elle doîbt estre comme invisible, et au rebours de la lune ne paroistre point , et près de son soleil paroistre. 5. Demeurer en silence et ne parler qu'avec son mary ou par son mary ; et pource que c'est chose rare et difficile, que la femme silentieuse, elle est dicte un don de Dieu précieux ^. 6. Vacquer et estudier à la mesnagerie *^, c'est la plus utile et honorable science et occupation de la femme , c'est sa maistresse qualitë, et qu'on doibt en mariage chercher, principallement en moyenne fortune ; c'est le seul douaire qui sert à ruiner, ou à sauver les maisons, mais elle est rare :il y en a d'avaricieuses, mais des mesnageres peu. Or il y a bien à dire des deux. De la mesnagerie tost après àpart*K

£n l'accoinctance et usage de mariage , il faut de la

^ Charron citait ici V Ecclé^astique ; maïs ce n^est pas tout à (ait cela qu'on y trouve. Voici les paroles de Tautear sacré : tt Une femme de bon sens est amie du silence. » (V. ch. xxvi , ;^. 18); et dans le verset précédent, on lit : ce La bonne conduite de la femme est un don précieux. »

'^^ kxL ménage on à Téconomie d^une maison.

*^ C'est-à-dire, «je traiterai du ménage ou de Téconomie domestique bientôt après, à part. » Voyei , en effet , le chapitre suivant.

modération ; c'est une religieuse et dévote liaison : voylà pourquoy le plaisir qu'on en tire doibt «stre meslé à quelque severitë; une volupté prudente et conscientieuse ^. « Il faut toucher sa femme sévèrement et pour l'honnesleté, comme dict est, et de peur, comme dict Aristole , qu'en la chatouillant trop lascivement ,1e plaisir ne la fasse sortir hors des gonds de raison ; et pour la santé , car le plaisir trop chaud et assidu altère la semence , et empesehe la génération. Affin d'autre part qu'elle ne soit trop languissante, morfondue et stérile, il s'y faut présenter rarement ^ ». Solon l'a taillé à trois fois le mois ^ : mais il ne s'y peut donner loy, ny reigle certaine.

La doctrine de la mesnagerie suit volontiers, et est annexée au mariage.

^ Voyez là-dessus, dit N. , le livre du rabbin Arodon, Sa morale est des plus sévères; j'en tire ce qui suit : a Ogniper^ sona deve esser apertita, tanto l'uomo corne la donna ^ nel tempo che si congiungono insieme y non deçono parlar ne aper niun cattiQO pensîere , ne debbano scuoprire li btoghi occulH e vergognosL.. non deçono açer inienzione in quell'istante alli piacerif ma solo per adempire il voler diçino,.*, ambidoi deçono pensar in queWistante ^ che questonon lofanno perillorgîo^ Qomento et adempir li lor appetiti carnali, ma solo per mantenir il precetto..,. ogn' uomo da bene sa quello che deçe pensare in queWistaïUe, perche si deve pensar solo a pensieri santi e pii precetti da esser imparati dalle donne ebree ». — c. LXX, p. 4i.

7 Ceci est pris dans Montaigne, L. III , c. v.

^ Plutarque , Vie de Solon.

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