‹ De la sagesse: trois livres (volume 2)Chapitre 93 sur 170 · Première partie des maux externes · texte numérisé non relu

Première partie des maux externes

Sommaire. — Les maux qui viennent du dehors sont ou généraux et publics , ou privés. G^est souvent la providence qui envoie les maux publics, tels que la peste, la famine, etc. il &ut s^ résigner. A quoi serviraient des plaintes et des reproches P — Les maux privés blessent plus profondément^ Ils nous affecteraient moins si nous considérions, les choses sous leur véritable aspect , si nous étions moins esclaves de Topinion. Par exemple , nous ne nous montrerions sensibles an mépris qu^on peut nous témoigner , aux offenses qu^on peut nous faire, que lorsque nous les aurions méritées par de butes ou des faiblesses. D^ailleurs , avant de s^afUiger d^une^ offense , il i&ut considérer de qui elle provient. Est-ce d'un furieux , d^un insensé , d'une femme , etc. ? Ce serait folie de s^en fâcher. Ne doit-on pas s'attendre dans la société , où les intérêts sont si divers , à se voir sans cesse heurté , blessé mémeP Conclusion : Fhomme de bien calomnié, injurié, poursuivi , n'a qu'à se réfugier dans sa conscience : il y trouvera un remède sûr contre de tels maux.

Exemple : Socrate»

Nous considérons ces maux externes en trois ma^- 111. 1 1

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nîeres : en leurs causes, ce qui se fera en ce chapitre; puis en leurs efFects; finalement en eux-mêmes, distinctement et particulièrement chacune espèce d'iceux ; et par-tout fournirons advis et moyens de s'affermir par vertu contre iceux.

Les causes des maux et fascheux accidens qui arrivent à un chascun de nous , sont ou publiques et générales , quand en mesme temps elles touchent plusieurs , comme peste , famine , guerre , tyrannie ; et ces maux sont pour la pluspart fléaux envoyés de Dieu et du ciel, au moins la cause propre et prochaine n'est pas aysée à cognoistre ; ou particulières et cognues , sçavoir par le faict d'autruy. Ainsi l'on faict deux sortes de maux publics et privés. Or les maux publics , c'est à dire , venans de cause publique, encore qu^ils touchent un chascun en particulier, sont en divers sens plus et moins griefs , poisans et dangereux que les privés, qui ont leur cause cognue. Us le sont plus, car ils viennent à la foule, assaillent plus impétueusement avec plus de bruict , de tempeste et de furie, ont plus grande suitte et traisnée , sont plus esclatans , produisent plus de desordre et confusion. Us le sont moins , car la généralité et communauté semble rendre à chascun son mal moindre ; c'est espèce de soûlas de n'estre seul en peine : l'on pense que c'est plustost malheur commun, ou le cours du monde , et que la cause en est naturelle , qu'affliction personnelle. £t de faict ceux que l'homme nous faict.

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