‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 183 sur 245 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

prompts, injustes et vîolens '^^ ; c'est ce que l'on appelle Tespargne. Or comme d'assembler de fort grands thresors et faire si grand amas d'or et d'argent , encores que ce soit par moyens justes et honnestes, ce n'est pas tousjoursle meilleur '** ; c'est une occasion de guerre active, ou passive, car ou il faict venir l'envie de la faire mal à propos , se voyant abondance de moyens, ou c'est une amorce à l'ennemy de venir; et seroit plus honorable de les employer comme a esté dict. Aussi despendre tout et n'avoir rien en reserve est encores bien pire , c'est jouer à tout perdre. Le8 sages souverains s'en gardent bien. Les plus grands thresors qui ont anciennement esté, sont celuy de Darius dernier roy des Perses, chez lequel Alexandre trouva quatre-vingts millions d'or '^^. Celuy de Tybere soixante-sept millions '*** ; Trajan cinquante-cinq millions gardés en Egypte. Mais celuy de David passe

■^7 Bo^n , loc. cit.

■^^ ir faut écouter là-dessus Montesquieu. « Ces trésors amassés par des princes., dît-îl, n'ont presque jamais que des effets funestes : ils corrompent le successeur, qui en est ébloui , et s'ib ne gâtent pas son cœur , ils gâtent son esprit. Il forme d'abord de grandes entreprises avec une puissance qui est d'accident, qui ne peut pas durer , qui n'est pas naturelle , et qui est plutôt enflée qu'agrandie >». Considérations sur les cciuses de la grandeur des Rotnains , chap. xvi. — N.

«49 Voy. Diodore de Sicile , L, XVI , ch. LVii.

»^** Suét. inCaligula, cap. xxvii.

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