‹ De La Situation Actuelle De La Mère Dans La Famille Légitime Et Des Modifications Qu'Elle ComporteraitChapitre 2 sur 73 · GES · texte numérisé non relu

GES

1° Emancipation individuelle de la femme, par une plus large part et an plus libre accès aux lumières de la science; :

2° Emancipation sociale, par une plus libre admis-

sion aux méliers et professions exercés par les hommes ;

3 Emancipation politique, par la conquête du droit de suffrage ;

4° Emancipation familiale, par l’obtention d’une indépendance et d’une autorité plus grandes au foyer.

Les trois premiers points ont fait l’objet d’études et de discussions très approfondies ; sur eux surtout s’est concentrée l’activité des apôtres du féminisme.

Sur les deux premiers, les féministes ont eu déjà partiellement gain de cause et le terrain gagné s’accroît tous les jours.

Le troisième est peut-être celui où la victoire leur sera le plus difficile à obtenir, aussi à l'heure actuelle est-ce celui sur lequel se portent tous leurs efforts.

Sur le quatrième point, de notables améliorations ont été apportées à la situation de la femme dans la famille par la loi récente concernant le libre salaire de la femme mariée. En ce moment même, un projet de loi est mis à l’étude, qui permettrait à une femme de faire partie d’un conseil de famille.

Néanmoins, dans cet ordre d'idées, il reste beau-

coup à faire ; et cette question de la situation de la mère dans la famille, qui, à notre avis, présente cependant un intérêt considérable, nous a semblé être mise un peu de côté.

Pourquoi jusqu'alors a-t-elle été ainsi négligée ?.…

Est-ce parce que les avantages à en tirer sont moins brillants que les charges à assumer ne sont lourdes ?..

Nous ne le pensons pas. La raison en serait plutôt que les féministes ont jugé la question comme devant être plus facile à résoudre au gré de leurs desiderata, lorsque le droit de vote et d'éligibilité leur serait accordé.

Jamais en effet nos féministes françaises ne se sont désintéressées de cette question, à laquelle elles attachent au contraire une grande importance. Et il n’en saurait être autrement, étant donnés les sentiments de nos femmes à l’égard de leurs enfants, ce qui, au congrès féministe de 1896, leur a valu cette virulente apostrophe prononcée d’une voix tremblante de colère par M Hilda-Sachs :

« Depuis que je suis en France, j'entends toujours les femmes françaises se vanter d’être mères, fatiguer le monde par l’exhibition de leurs enfants. Moi, j'ai des enfants, mais je ne m’en vante pas, c’est une fonction naturelle qui n’est pas autrement flatteuse. Peut-être êtes-vous trop hantées par l’image de la madone portant comme un ostensoir son fils entre

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