‹ De la situation des ouvriers en angleterreChapitre 36 sur 70 · DE L'ORGANISATION DES T RADE S UXIONS · texte numérisé non relu

DE L'ORGANISATION DES T RADE S UXIONS

Les Trades Unions sont des caisses permanentes de chômage, alimentées par une entrée assez forte et variable et par des souscriptions hebdomadaires égales pour tous, qui, selon les sociétés, varient de 10 c. jusqu'à 1 fr. 25 c, et même parfois 2 fr. 50c., mais représentent en général deux semaines de salaires par an. Les typographes seuls graduent la souscription d'après les salaires. En temps de chômage, la même indemnité, dont le chitTre dépend des ressources de la société, est donnée à chaque membre.

Le gouvernement de ces associations se compose : 1° D'un pouvoir exécutif, formé d'un conseil, d'un secrétaire et d'un trésorier, élus annuellement, ces deux derniers étant rééligibles;

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2° De l'assemblée générale, qui décide des questions financières et fixe les statuts.

Les grandes Unions, dont les membres sont dispersés, sont de véritables fédérations, et se subdivisent par villes et par comtés, en branches ou en loges : le conseil se compose des délégués de ces loges et sert au besoin d'arbitre entre elles; le secrétaire et le trésorier sont seuls alors nommés par le sutTrage direct. L'indépendance des loges varie selon les Unions, les unes conservant l'entière disposition de leurs fonds, les autres devant cbaque année en verser le montant à la caisse fédérale. Le défaut de payement de la souscription amène la radiation et la perte de tous les droits acquis : ces radiations sont assez nombreuses pour former, par déduction de charges, un article important du budget.

La plupart des Unions sont en même temps des caisses de secours et copient sur ce point les statuts des sociétés de secours mutuels. Ces Unions mixtes assurent à leurs membres une indemnité pour les accidents, les maladies, la perte des outils et l'enterrement. Quelques-unes y joignent une retraite pour les vieillards. Celte double fonction de caisse de chômage et de caisse de secours est le caractère distinctif de toutes les grandes Unions. C'est le point le plus attaqué par les uns, le plus approuvé par les autres. On reproche aux Unions mixtes : d'abord d'entraîner, par l'espoir de secours en cas de maladie, les ouvriers dans des grèves auxquelles, sans cela, ils seraient restés étrangers; et ensuite de n'être pas solvables, et de pro-

mettre plus de secours qu'elles n'en pourront donner au bout d'un certain temps. Aussi, comme on le verra plus loin, avait-on proposé dobliger les Unions à séparer d'une façon absolue la caisse du chômage de celle des secours. La combinaison de ces deux caisses me semble, au contraire, fort utile, et l'Union mixte préférable à l'Union simple ou tracle society. La solvabilité des Unions mixtes a été longuement discutée. Au point de vue financier, il n'y a de menacées que celles qui promettent une retraite aux vieillards. Les autres trouvent, dans les radiations et la surveillance exercée par les membres les uns sur les autres, les moyens de réduire assez leurs dépenses pour mettre en équibre un budget qu'une société ordinaire de secours mutuels ne pourrait supporter. Mais, pour être juste, il ne faut pas comparer les Unions à ces sociétés. Les Unions, en effet, sont des associations dont tous les membres, liés par des intérêts communs, se proposent avant tout de s'entr'aider en cas de grèves ou de chômages. Les secours qu'elles distribuent ne sont qu'un emploi utile, mais secondaire, des fonds qui leur restent, après avoir fait face aux dépenses des grèves; aussi se réservent-elles toujours d'augmenter ou de diminuer ces secours, selon l'état de leur caisse, sans que les souscripteurs puissent se considérer comme lésés par la diminution. Il est utile d'encourager cet emploi; caries ouvriers qui ne veulent pas prendre part aux grèves ne s'enrôleront pas pour cela dans les Unions : ils souscrivent aux sociétés de secours mutuels. L'Union ne recrute que des hommes disposés à soutenir des grèves, et par

conséquent, si elle est mixte, elle les modère en leur offrant une véritable prime contre ces grèves mômes. En effet, plus celles-ci sont rares, plus la caisse est pleine et plus les secours sont réguliers et abondants. Tandis que, dans l'Union simple, la prospérité de la caisse, qu'il faut bien employer à quelque cbose, est un encouragement à de nouvelles grèves, les Unions mixtes, en s'enrichissant, au lieu de favoriser les grèves, arrivent à les restreindre, et offrent, par la combinaison de leurs deux caisses, la meilleure garantie de leur modération. L'expérience l'a prouvé, et les Unions les plus violentes ont toujours été de petites trades socielies.

On peut reprocher à la plupart des Unions l'exagération de leurs frais généraux. Les membres du comité reçoivent ordinairement une journée de salaire par séance, et les délégués sont parfois si bien pajés en temps de grève, qu'ils peuvent être tentés de prolonger cette vie facile, aux dépens de leurs camarades. Ainsi, un congrès de briquetiers, réuni à Slieffield en 1867, dura plus de quinze jours, chaque membre recevant au moins 15 fr. par jour, et coûta aux ouvriers plus de 75,000 fr. A côté de ces grandes et dispendieuses assemblées, c'est presque toujours le pouvoir exécutif, composé d'hommes pratiques et souvent distingués, qui joue le rôle de modérateur.

Il y a, dit-on, plus de deux mille Unions, grandes ou petites, comprenant un dixième, disent les uns, un quart, disent les autres, des ouvriers anglais. Je me bornerai à citer les plus importantes, et à donner, par quelques chiffres, une idée exacte de leur organisation.

lOi INITIATIVE PRIVEE.

A moins d'indications spéciales, les chiffres de-budget se rapportent à l'année 1868.

— Société unie des Charpentiers. Union fédérative; taxe d'entrée, ô fr. 25 c; cotisation, 1 fr. 25 c. par semaine; plus, 31 c. par trimestre, ou 66 fr. 25 c. par an ; divise son budget en trois chapitres :

1° Secours : maladie, 18 fr. 75 c. pendant vingt-six semaines, puis 7 fr. 50 c; vieillards, 6 fr. 25 par semaine pour ceux qui ont moins de douze ans d'alTiliation, 8 fr. 75 c. pour les autres; enterrements, 300 fr.

2" Affaires professionnelles : grèves, 12 fr. 50 c. pendant douze semaines; perte des outils, remboursement complet; émigration, 150 fr. par membre; accidents, indemnité variable; aide donnée aux autres sociétés.

3" Frais généraux : en 1865, le budget des trois chapitres a été respectivement de 40,875; 69,750 et 57,675 fr. total. 168,300 fr. Les recettes étant de 262,200 fr., il a été porté à la réserve une somme de 93,900 fr.

Cette société compte 1,500 loges et près de 10,000 membres en 1868.

— L'Union des Charpcuticrs écossais compte 3,154 membres. Recettes, 93,150 fr.; dépenses, 77,435 fr.

— Société unie des Mécaniciens. Cette union fédérative comptait, en 1865, 30,000 membres; ses recettes s'élevaient à 2,172,125 fr., ses dépenses à 1,229,300 fr., et sa réserve à 3,500,000 fr. Le chiffre de ses membres et, plus encore, ses vingt années d'expérience, la mettent à la tête de toutes les Unions. En 1865, les secours du premier chapitre du budget n'ont représenté que 19 fr, sur les 65 fr. formant la cotisation annuelle de ses

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membres; ils se décomposent ainsi: 10 fr. 31 c. pour les malades, 3 fr, 95 c. pour les vieillards, k fr. 02 c. pour les enterrements, et 1 fr. 20 c. pour les accidents.

— L'Union des ouvriers J/aço^îs ne compte pas moins de 17,762 membres et se soutient depuis trente-trois ans.

— L'Association nationale des Mineui^s n'a que dix ans d'existence; mais, fédération composée d'anciennes sociétés, elle compte déjà 5^,000 membres. Son président, M. M'^ Donald, est une puissance dans les districts miniers. Elle laisse une grande indépendance financière à ses brancbes. Celle du South Yorkshire prélève 12 fr. 50 c. d'entrée et de 93 c. à 1 fr. 25 par semaine. Celle du Lancashire lève une taxe uniforme de 93 c. par semaine, donne aux chômeurs de 11 fr, 25 c. à 12 fr. 50 c. par semaine, et consacre 150 fr. à l'enterrement de chacun de ses membres.

— L'Union prévoyante des Shipicrights de Londres a quarante-huit ans d'existence, compte 1,^00 membres, et a 310,000 fr. en caisse.

— La Société des Forgerons maritimes lève annuellement 60 fr.; son budget de six ans, de 1862 à 1868, se décompose ainsi : malades, 453,725 fr.; enterrements, 105,325 fr. ; médecins, 1 26,300 fr.; ouvriers sans place, 396, 456; vieillards, 27,775; infirmes (à 6fr. 25 c. par semaine), 34,775; grèves, 150,000 fr.; total 1,290,356 fr. Craignant, après une grève, de ne pouvoir équilibrer son budget, elle n'hésita pas à- élever ses cotisations de 4 fr. 37 c. à 5 fr. par mois, et à réduire rallocalion, déjà si faible, de 2 fr. 07 c. par jour, accordée aux ouvriers sans travail, jusqu'au chilfre tout à fait insigni-

fiant de 1 fr. 25. On voit que, contrairement à ce qui se fait ailleurs, ce sont les secours qui, dans celte société, jouent le rôle principal.

— La Société des Verriers du Royaume-Uni comprend presque tous les ouvriers de cette industrie, divisés en deux catégories, qui payent, l'une 1 fr. 25 c, et l'autre 1 fr. 56 c. par semaine. Cette Union, fondée d'abord uniquement en vue des grèves,, se décida bientôt à employer son épargne à secourir ses membres malades, et arrêta le tarif suivant : pour les treize premières semaines, 15 fr. chacune; pour les vingt-six suivantes, 1 0 fr. ; pour vingt-six autres encore, 7 fr. 50 c. ; pour les infirmes, 2 fr. 50 c. Mais, ayant trouvé ce tarif trop élevé, elle le réduisit à 11 fr. 25 c. , 9 fr. 37 c, 7 fr. 50 c, 5 fr. Elle a pu ainsi mettre 225,000 fr. en réserve. Les membres qui ne payent que 1 fr. 25 n'ont que les deux tiers des indemnités.

— Association nationale des Typographes , fondée en 1 853, après l'échec de plusieurs autres. Cette société compte 3,300 membres, et est soutenue par des cotisations variant, selon le salaire des membres, de 20 c, à 62 c. par semaine. Elle est gouvernée par un conseil comprenant douze compositeurs de livres et deux de journaux, et par une assemblée générale. Elle accorde 12 fr. 50 c. par semaine aux ouvriers sans travail, et son budget des dix dernières années, 1858-1868, se décompose ainsi: membres sans ouvrage, 2Z(5,912fr. 50 c.; procès, etc., 68,901 fr. 25 c. ; indemnités de voyage, 17,379 fr. 75 c. ; dépenses du comité, 35,805 fr. 50 c. ; médecins, lits d'hôpital, etc., 14i227 fr. 50 c; biblio-

thèque, 22,285 fr. ; secours aux autres professions, 29,625 fr.; employés de l'Union, 61,783 fr. 75 c; frais divers, 92,671 fr. 15c. Total des recettes : 626,125 fr.; total des dépenses : 588,590 fr. 40 c. ; économie : 37, 534 fr. 60 c. On remarquera que les frais généraux sont fort élevés ; presque tout le budget est d'ailleurs consacré aux membres sans ouvrage; les autres secours sont secondaires, et rien n'est mis de côté pour assurer l'avenir.

— L'Équitable association des F Heurs est une confédération fondée en 1853 dans le Lancasbire et composée de 36 branches, dont chacune gère ses fonds d'une manière indépendante. Le comité exécutif est formé de délégués nommés par les branches, à raison de un pour deux cents membres. Le secrétaire est, comme d'ordinaire, nommé par le suffrage direct. La caisse centrale ne prélève que 2 c. et demi par semaine, payés directement par chaque membre, et n'est qu'un fonds d'assurance qui leur donne de 750 à 1,250 fr. en cas d'accident. Mais c'est le pouvoir exécutif qui traite avec les patrons, qui fait les appels extraordinaires de fonds, et qui règle l'allocation en cas de grève, allocation fixée aujourd'hui à 12 fr. 50 c. par semaine pour les artisans, et à 5 fr., 2 fr. 50 c, et 1 fr. 25 c. pour les aides. Cette société comprend environ 8,000 membres, ou les deux tiers des ouvriers du district.

— L'Association protectrice des Tailleurs de Londres comprend 1,700 membres, payant, les uns 1 fr. 25 c, les autres 1 fr. 57 c. de cotisation par semaine ; elle a changé plusieurs fois le taux de ses secours. En caisse, en 1868 : 225,000 fr.

— Les Ouvriers de chaudières sont associés au nombre de 9,000.

— La Société des Fondeurs de fer, établie depuis soixante ans, compte 11,500 membres et a plus de 900,000 fr. de receltes.

— Les Plaçons { BricJdarjers ) de Londres, 6,000 membres.

— Ceux de Sheffield, 5,2^2.

— Les Peintres en bâtiment de Manchester forment une fédération de 58 loges, comprenant 3,960 membres.

— L'Association nationale des Ouvriers en fer, dite de Galeshead.

— L'Association de la Grande-Bretagne, dite de Brierley Hill.

Ces deux sociétés comprennent presque tous les puddleurs.

— L'Association des Lamineurs, dite de Galeshead, compte 6,000 membres.

— Les Unions de la Bonneterie de Nottingham, depuis l'extinction des grèves, ne prélèvent plus que 1 fr, 25 c. par an.

*— La Société écossaise des Forgerons : 1,532 membres; cotisation, 72 c. par semaine; recettes, 56,550 fr,; dépenses, 6^,000 fr.

— L'Union des Relieurs de Manchester: fédérative, hk branches, 830 membres; cotisation, 25 fr. par an; recettes, 19,350 fr. ; dépenses, l/j,575 fr.

— L'Union des Relieurs de Londres, 499 membres; cotisation, 37 fr. 50 c. par an; recettes, 16,875; en caisse, 32,075 fr. ; dépenses, 4,900 fr.

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— L'Association des Fabricants de cigares de Londres: 759 membres ; recettes, 36,100 fr.; en caisse, ^9,800 fr.; dépenses, /j9,200 fr.

— L'Union des Ébénistes de Mancliester : hO branches, 1,870 membres; receltes, 13,600 Ir.; dépenses, 13,400 fr.

— L'Union des Fabricants de chaînes du Nord : 500 membres; cotisation, 15 fr. par an; recettes de deux ans, 5,650 fr. ; dépenses, i4,900 fr.

— La Société unie des Carrossiers : 126 branches, 5,^30 membres; cotisation, 93 c. par semaine; recettes, 245,900 fr. ; en caisse, 180,100 fr. ; dépenses, 291,400 fr.

— La Société des Teinturiers de Manchester : 750 membres; cotisation, 130 fr. par an; recettes par trimestre : 24,000 fr.; dépenses : 1,675 fr.

— La Société des Tailleurs de verre : 886 membres ; recettes, 90,700 fr. ; dépenses, 90,450 fr.

— La Société des Chapeliers: 1,621 membres; cotisation, 62 c, ; recettes, 99,100 fr. ; en caisse, 49,500 fr.; dépenses, 114,500 fr.

— La Société des Journaliers de Glasgow : 500 membres; cotisation, de 15 c. à 42 c. par semaine; recettes, 4,500 fr.; dépenses, 2,600 fr.

— La Société des Ouvriers en dentelles : 500 membres ; cotisation, 50 fr. par an; recettes, 18,175; dépenses, 6,175 fr.

— La Société des Bateliers de la Tamise : 1,600 membres; cotisation , 31 c. par semaine; recettes, 16,325 fr. ; dépenses, 12,050 fr.

— La Société des Fabricants de papier : 790 membres ; recettes d'un trimestre, 17,800 fr.; dépenses, U,200 fr.

— La Société des Serruriers : fédérative, 22 branches, 834 membres; en caisse, 70,000 fr. ; recettes du semestre, 23,000 fr. ; dépenses, 26,725 fr.

— La Société des Mi-tiers unis de Warrington : fédérative, 480 membres; cotisation, 5 fr. 50 c. par an; pure h'oc'e society.

— La Société des Tisseurs de Preston : 1,615 membres; cotisation, 20 c. ; recettes, 16,375 (?); dépenses : 16,650 fr.

— La Société des Serruriers, etc., de Boston, 452 membres; cotisation : environ 30 fr. par an; recettes : 2,300 fr.; dépenses, 2,200 fr.

— La Société des Ouvriers en fil de fer de Manchester: 700 membres; cotisation, 31 c. par semaine.

On pourrait prolonger beaucoup cette énumération : les rapports de la Commission royale en fourniraient les moyens. Je me bornerai, pour terminer, à citer l'une des plus petites, sans contredit, de toutes les Unions : c'est celle des ouvriers de pain d'épice, qui compte 6 membres, a 600 fr. en caisse, a eu 185 fr. de recettes et 450 fr. de dépenses : elle ne paraît pas prospérer.

Cette énumération suffit pour montrer l'organisation, les ressources et la puissance des associations ouvrières. Mais ces associations ne sont pas les seules coalitions permanentes formées pour peser sur le marché du travail. Elles ont trouvé des imitateurs parmi leurs

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adversaires. Les patrons qui les ont combattues ont formé eux-mêmes des sociétés de résistance, qu'il faut, en toute justice, classer comme de véritables Unions. J'en choisirai trois qui offrent tous les caractères reprochés aux Unions par les ennemis du droit de coalition.

— Une Association de Maîtres de forges existe, depuis soixante-dix ans, dans le Stafford, pour régler les salaires et en assurer l'uniformité : aucun de ses membres ne peut payer ses ouvriers au-dessus du tarif qu'elle a ûx.é.

— L'Association des Fabricants de fer du nord de l'Angleterre est composée de maîtres de forges qui assurent contre la grève chacun de leurs fours, moyennant une redevance calculée sur leur rendement; et, lorsque ces fours sont éteints par une grève, elle paye aux maîtres 75 ou 100 fr. par semaine.

— L'Association des Constructeurs de la Clyde est encore plus fortement organisée pour les luttes industrielles. Elle se compose de 35 souscripteurs. Chacun fournit tous les ans un état de ses ouvriers, et signe des billets par lesquels il s'engage à payer, au premier avis, à la caisse autant de fois cent francs qu'il emploie d'ouvriers. Une réserve de deux millions et demi est ainsi assurée pour indemniser les membres atteints par une grève. Entin, c'est la Société qui seule peut décider si tel ou tel chantier doit renvoyer ou reprendre ses ouvriers. Les patrons, obligés de se soumettre à son intervention dans leurs affaires, sont donc dans la môme situation que les ouvriers soumis pour les grèves aux décisions de l'Union.

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