‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la CommissionChapitre 1 sur 79 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Messieurs,

Pour répondre au désir de votre président, je viens vous offrir quelques renseignements que des recherches particulières m'ont permis de recueillir sur la situation des ouvriers en Angleterre, sur les efforts faits par eux, par certains patrons et par le gouvernement, pour améliorer cette situation, et sur les résultats qui ont déjà récompensé ces efforts.

J'apporte ces renseignements sans aucun parti pris, politique ou économique. Il m'a semblé que, dans l'œuvre importante et délicate que vous avez entreprise, les opinions individuelles ne pouvaient avoir aucun prix à vos yeux, et que vous deviez demandera

ceux que vous appelez devant vous beaucoup de faits, rien que des faits. C'est à vous, c'est au public, lorsque vous l'associerez à vos séances et à vos travaux, à tirer de l'ensemble de ces faits les conclusions les plus pratiques.

Je me renfermerai absolument dans le sujet qui m'a été indiqué : je ne parlerai que de l'Angleterre. Un peu plus d'un an s'est écoulé depuis que vous m'avez rouvert les portes de la France. En un an, je ne saurais avoir appris à connaître les différences qui peuvent rendre inapplicable parmi nos ouvriers ce qui réussît en Angleterre. Mais c'est en vue de la comparaison que votre expérience vous permettra de faire, et devant laquelle je ne reculerai pas lorsque je connaîtrai mieux la France, que je vous soumets ce mémoire. En cherchant ce qui s'est fait de bien et de mal en Angleterre, je n'ai jamais oublié que c'est la situation de l'ouvrier français qui est l'objet de votre sollicitude.

J'ai divisé ce travail en trois parties.

Dans la première, j'ai réuni' quelques renseignements sur le taux des salaires en Angleterre : c'est le fond de toutes les questions qui amènent des luttes si funestes dans l'industrie, et le point de départ nécessaire de toute cette étude.

La seconde partie comprend Ténumération des différents moyens employés par l'initiative individuelle pour améliorer la situation de l'ouvrier : unions fondées pour soutenir les grèves et élever les salaires ; institutions qui, sans changer les rapports entre le capital et le travail, contribîient , sou^ le nom de sociétés de consommation et de secours mutuels, à cette amélioration ; tentatives faites pour donner aux ouvriers une part de capital, sous le nom de sociétés de construction, sociétés coopératives de production, banques populaires, et sociétés de participation industrielle.

Enfin, dans la troisième partie, je montrerai le rôle des représentants de la société au milieu de ces questions et la mesure dans laquelle le pouvoir législatif a cru devoir intervenir pour la protection des ouvriers.

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