PARIS
JUST ROUVIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, Rae «e l'É«oIe «e Hédeeia», ••.
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Harvard Collège LIbrary
Blant CoUection Oift of J. Bandolpb CooUdge ami ArcMbaia Cary OooUâf« >Tay 7, 1900.
Paris. ~ Imf . de Pooimeret stMoreao, Û2, rae Varis.
DU CARACriRE DE SA RÉFORME , BV 80K AKIER ÉTAT EN P#ITOU K
L'ignorance de notre destinée sous la main invisible par laquelle nous sommes menés au but inévitable, est le stimulant qui nous fait rechercher avec constance et amour, ce que le monde a vu, méprisé, admiré, avant qu'humbles et petits nous lui fussions livrés ; ce que le monde verra, méprisera, admirera, après que la terre d'où nous sommes sortis aura dévoré la partie périssable de notre être.
L'étude des enseignements de l'histoire, l'appréciation de ce que l'avenir réserve à l'humanité, sont donc les deux besoins toujours inassouvis de cette intelligence, de laquelle nous usons comme le soldat d'une arme, l'explorateur d'un flambeau, le souverain d'un pouvoir- Ces besoins sont nobles. Plus on leur sacrifie, plus on est placé haut dans la publique estime. Ils sollicitent le déploiement de toutes les forces dont l'homme dispose. Us nous assurent les jouissances les plus vives qu'il nous soit donné de connaître, après celles qui prennent leur source dans l'accomplissement du devoir, ou dans le sacrifice inspiré par les convictions profondes.
Rien ne fait avancer plus vite et plus sûrement dans le perfectionnement de soi et des autres, œuvre de chacun de vous, messieurs, que l'habitude des retours en arrière, afin
* Discours prononcé, le 26 décembre 1858, à la séance publique annuelle de la société des antiquaires de l'Ouest.
de demander au passé la raison de toutes les origines, de tous les doutes, de tous les mécomptes du présent.
Celui qui ne sait que BOft époque, oelui qui, après l'avoir bien étudiée, ne remonte pas plus haut que l'époque intermédiaire entre elle et l'âge ancien, ne savent assez ni l'un ni Paûtl'é. il èiut'éé f)énétrer de l'esprit qui a dominé chacune des trois périodes, pour résoudre sous toutes ses faces le ptoblèmê^ totijoùf é bhietngeant^ <jfié Itt patMion du siècle pose devant les consciences.
A la suite de méditations de ce genre, nous avons choisi, il y a quelque six annéeà , avec la certitude de ne nous pas Iromper, riostrameat d'expansion nationale, d'émancipation relative, de moralisation universelle^ à l'aide duquel lagénérationqui s'attiédit, s'énerve, s'abandonne^ sous un gouvernement croyant en lui-même^ hardi et fort, se relèvera, malgré son infirnûté volontaire^ jusqu'à la hauteur du niveau chrétien.
Cet instrument, dédaigné longtemps, manié tantôt avec tro|) de vigueur, tantôt avec trop de mollesse, quelqu^ois méttiesans opportimité, c'est l'association selon l'esprit de DiëU.
Les hommes tentent sans fin de s'associer selon leur esprit à eux, et leurs éôhecs hutoiliantS ne les éclairent ni fte les rebutent. Après ne s'être apporté les uns les autres que leur orgeuil, leur égoïsme, de prétendues aptitudes, et lô trioins d'argeùt possible, ils se demaùdent toujours. Tinsuccès venu, comment leur rêve a pu les fuir si misérablement et si vite. Qu'ils regardent et qu'ils se rappellent, et fis comprendront que les seuls appuis solides de toùtd entreprise collective, ayant pour objet ou la direction des esprits, ou l'épuration des âmes, ou l'applicatioû d'une idéemère, sont la foi, la vie spirituelle en commun, le renoùceifaent, la charité partout, toujours et pour tous.
C'est dans ces quatre principes que glt la puissance des associations religieuses, les woleisi qui créent {dus de biens
qa'on n'en emploie à I00 mettre en mouvemëtit, et plus de joies qu'on ne leur coiràacre de ikcultés.
Ces associations i^emplissent toujours leurs fins, parce (}u'aticune d'elles ne fonétionné dsltis son intérêt particulier, parce qu'au contraire toutes se gottverrient pour protéger un intérêt supérieur à tout appétit individuel, à tout privilège de corps ou de caste*
Ne cherchons pas la raison dé leuf nombre^ dé letir «Me, de leurs triomphes, aillairs que dans l'esprit de leur règle, Ip caractère de leur activité, la nature de leur but« Nous avons vu dispars^tre tou0 les météores dô la puissance huvmne ; nous les voyons, elles, se perpétuer, dans la sphère qui leur est propre, parallèlement plutôt qu'au mUietï des sociétés, qui ne comprennent jamais parfaitement les services qoe le monde en obtient, et trop souvent les ont traitées en ennemies.
Ces familles si bien ordonnées portent tout avec elles, et se distinguent par une initiative, une persévérance, une fécondité qui manquent en général aux autorités publiques elles-mêmes.
Parmi ces familles, il en est qui ont disparu, il en est qui se sont unies à d'autres, il en est qui se réforment avec plus ou moins d'eflScacité. Mais le feu sacré vit et marche toujours devant celles que le divin Maître associe à la réalisation de ses desseins, ou l'Eglise à la conduite de ses affaires ; et Tinstinct des masses ou le génie des novateurs pratiques met tôt ou tard ces dernières en leur place.
Puisqu'il n'en est pas ainsi pour les races royales, puis- (Jti'au contraire cdles-ci perdeùt toute actioû sûr les homttes, dès que le prestige extérieur vîeiit à leur manquer, ou que la fortune les trotope, ou que le fcourant de l'opinioti se retourne contre elles, il est impossible de né pas reconliattre dans les ordres religieux une sève à eux exclusive.
Les Pharaon, les Ptolémée, les Carlo vingiens, les Habsbourg-Espagne, lés Wasà et la branche aînée des Bonaparte^ ont jsitibi, chacun en son temps, et dans les circon-
stances les plus diverses, la perte du pouvoir suprême. Les Bénédictins et les Trappistes, les Oratoriens et les Chartreux, les Dominicains et les pères de la Merci, les Jésuites et les frères de Saint-Jean-de-Dieu, les Lazaristes et les Franciscains, les frères de la Doctrine chrétienne et les Capucins, les pères des Missions étrangères et les Recollets, ont-ils succombé sous la persécution ou l'indifférence, Tostracisme ou l'impopularité ?
Où trouver de plus saisissants exemples que dans les races illustres, par lesquelles ont été remuées des nations qui ont eu la valeur d'un monde? Comparons donc la fortune de ces dernières avec celles des ordres religieux, les uns lettrés, les autres guerriers, ceux-ci errants, ceux-là sédentaires, mais tous pleins 'du Verbe, et remplissant les pays chrétiens et les pays réfractaires à l'Evangile de leurs fondations et de leurs disciples.
Les Pharaon étaient de très-grands hommes, secondés par de grands ministres. Le génie de Sésostris lui-même les a-t-il rachetés du crime d'avoir sacrifié des multitudes pour s'élever des tombeaux, ou les maîtres de la Perse ont-ils été leurs successeurs ?
Les Ptolémée avaient ouvert une seconde ère à leurs peuples. Leur auréole se composait de tous les rayons de la célébrité humaine. C'étaient des victorieux, des savants, des monumenteurs, des politiques. Le premier d'entre eux avait été l'élu d'Alexandre, les derniers sont devenus les jouets des Romains asservis.
Les César des deux empires, tout indignes qu'ils se montrassent du nom immortalisé par le vainqueur des Gaules et du peuple-roi, étaient dépositaires d'une autorité sans limites, possesseurs de trésors sans fond. Mais ils ont cru que l'humanité tout entière n'existait que pour être mêlée à leurs fêtes, à leurs débauches, à leurs violences, à leurs rivalités sans gloire, à leurs controverses sans dignité, et l'abaissement sous la pourpre, prélude de la dé-
chéance^ a été le partage de ceux qui avaient ugurpé ju0^ qu'aux honneurs dus aux dieux seuls.
Les Carlovingiens descendaient de héros dignes de por*ter la couronne léguée par eux, et ils se sont ensevelis sous les ruines du gigantesque édifice^ construit pour abriter une organisation sociale si complexe et si nouvelle^ qu'elle se trouva sana proportions avec la débilité de leurlâ bras, l'indigence de leurs cerveaux.
La Maison d'Autriche s'amoindrit parce que la fortune l'avait trop bien servie. L'Allemagne presque entière^ l'Italie, les Ëspagnes, les Indes d^ l'orient et de l'occident, étaient devenues son domaine. Elle se confessa impuissante à laisser, utilement pour elle, ce poids reposer sur une seule de ses têtes. La descendance de Charles-Quint a fait place dans les deux péninsules latines à la descendance des vengeurs de François P'.
Issus du libérateur de la Suède, continués par des souverains qui firent trembler l'Allemagne et la Russie; par d'autres qui furent les élus de la Pologne, par d'autres dont la volonté changea la législation, les coutumes et jusqu'à la foi de leurs peuples, les Waàa, tout à coup répudiés et fugitifs, roulent dans l'abîme de maux, au fond duquel toutes les infortunes de la vie privée attendaient leurs derniers rejetons.
L'ambition avouée de la première dynastie des Bonaparte était de substituer sa grandeur à toutes les grandeurs ses aînées, à celle même de la papauté, élevée par notre politique traditionnelle à l'état de puissance temporelle indépendante sur un territoire inviolable. Elle irrita les nations humiliées, l'Eglise dépouillée, les intérêts sacrifiés ; et le Prométhée des temps modernes a été vaincu : par le droit, en Espagne; par les éléments, en 184%; par le fanatisme des représailles, en 1 81 3 ; par les fautes des uns, la trahison des autres, en deçà du Rhin.
Consultons maintenant les annales des ordres religieux.
Je ne veux rien dire de ceux qui, à toutes les époques et
daad tpu9 le$ f)ay0, âOBt demeurés étntogetfs au m^aiiametit des affaires d'Etat^ si ce n'est que jamais ils u^ont été, daus notre France, en Asie, en Afrique et dtins 1» Turquie d'Europe, plus utiles et plus honorés. Occupons-nous uniquem^it de ceux qui ont levé des subsides et des arméesy conquis et défendu des provinces, ocmclu des pactes ior temationaux, traité d'égal à égal avec les plus puissants monarques.
Les chevaliers du Temple ont été suppliciés et leurs biens dispersés par la confiscation.
Les chevaliers teutoniques s'affaissent sur eiUrmêmes, aussitôt qu'ils sont dépouillés de leur territoire régalien.
Deux fois souverains, les chevaliers porte-glmve se trouvent sans force contre la défection et l'apostasie de leur dernier chef.
Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, plus foible et plus ancien, moins riche et plus régulier que les trois milices mal faQOUûées à son image, perd les uns après les autres tous les sièges de sa souveraineté, la foveur de la chrétienté, les respects des peuples euxrmèmes^ et il ne renonce ni à son nom, ni à ses espérances.
Il n'est plus membre du parlement d'An^eterre, mem^ bre des diètQS allemandes. U n'obtient pas d'être entendu par les congrès de Paris, de Vienne^ de Vérone. Son nom n'est pas prononcé dans ceux qui, grâce à la magnanimité napoléonienne, ont changé hier les lois de l'équilibre européen ; et tout à coup, il sort de son néant, remonte à la voix du Saint-Père à son ancien rang, le premier dans cette foule immense des élus, aux observauces, aux idiomes divers. Il va courir des fidèles aux Gentils, pour apj^endre à tous comment on vit à la peine dans la sérénité, quand on n'aspire au repos que dans le sommeil des justes; comment se pétrissent les nationalités et se multiplient les conquêtes pacifiques ; comment enfin se rattacltô au trône soutenu par la l'econnaissanoe du monde, la chatne dont les premiers anneaux sont rivés au Saint^S^^mlcre.
Dittona-ie donc, eu nous féUçitant h l'ei^vi i Ss^at-Xeau de JérusaleiUi de Rhodes et de Malte, qui d^ puis l9 mort de sou denuer et digne g^ad-maître, u'exis^ tait qu'à Tétat de cadavre, et duquel les Saiat-Thpmas du progrès parlaient comme ou parle des ombreS| est P^cq qu'il n'a pas cessé d'être, sera parce qu'il » été.
Pourquoi son merveilleux réveil ; en Italie, où }'il)uatre cardinal Ferretti accepte le grand prieuré Kjb lloipç, aprè^ qil'un afitre n^einbre de la famille de Sa Sainteté a été pourvu d'un siège dans le vénérable conseil? ^n iVutricbe, oii l'ar-^ chiduc Ma^milien vient de ceindra l'épée de grai^d-bailU? 0n Esp^^e, où les chefs de la maison royale ont solennel?* lemm% déposé la grand-H^oix de l'ordre pur le berçean d^ prince des Asturies?
Ce n'pst pas seulement parce que l'immprtalité est ac^ quise aux enfants du Chris>, comme Jp. durée à leurs oeuvres. C'est parce que Malte a attendu, humblement et fppmement, l'heure qu'il savait devoir spiwer, l'I^eure où, re^T dant le bien pour le mal, il remonterait, dans sa force €)t 0a liberté, sur toutes les brèches ouvertes. C'est enfin parce que rien de grand ne s'est jamds accompli ss^n^ la France, (rt qpie le sîgqal dc^ la réforme, parti de France en 1S5^, a été donné par l'angélique Pie Û-y le â juillet 185â, urbi et orbî,
La philosophie du xvni^ siècle a couvert de bque, l'exér crable montagne a couvert de sang les images et les autels du Christ* Mais de même que {es eaux du déluge) 9e sont retirées^ et que la lave des volcans i)e couvre que des terres susceptibles de redevenir fécondes; de même l'impiété et la terreur ont été sans puissance contre l'Gvangile. Ce qu'elles ont nié d€«neurp la croyance populaire, cq qu'elle^ ojQt renyersé se relève, et nous allons assister à un ^peQ* tade magtiifique.
Malte renaît pour consommer l'union tant souhaitée en-r tre la science et la foi, entre le respect des communion^ qui ne sont pas la aôlne, et la démonstration par l'es^mpid
- ib — le bienfait et le patronage offert à tougi, de la supériorité de la doctrine catholique ; entre le travail noble et le travail servile, les privilégiés et les parias, les races qui jusqu'à ce jour se sont isolées ou combattues , les classes qui refusent leurs bras à la culture et les masses qui se plaignent de ne pas arroser de leurs sueurs un patrimoine héréditaire.
L'ordre réformé imite ce sage qui, afin de s'exciter à bien vivre, s'était placé en face d'un cercueil ouvert, sur la dalle duquel était écrite l'épitaphe la plus louangeuse, qui jamais appellera les hommages des survivants sur des restes humains. Il trouve sur les points du globe les plus oubliés la trace perdue des églises, des monastères, des asiles, que la piété des fidèles n'a pas réussi à conserva debout, et il dit : Cette herbe qu'ont engraissée les tronçons des martyrs, cette poussière à laquelle sont mêlées les cendres des bûchers allumés par les persécuteurs, ces débris laissés par les conquérants derrière eux, ces pierres dispersées ou croulantes qui étaient les maisons de Dieu, ou celles des enfants et des égarés, des malades et des repentants, des pauvres et des faibles, tous membres du corps de Dieu ; cette herbe, cette poussière, ces débris, ces pierres m'appellent, et je cours où ils sont. Près d'eux se serrent ou se dispersent oomme le sable du désert d'admirables prêtres et des communautés de fidèles, pasteurs et troupeaux cruellement décimés. Je porte l'épée et la bannière de Provence, d'Auvergne et de France, je suis leur protecteur nécessaire. Ce qui manque à l'Orient, c'est un élément de pacification, je suis cet élément ; une garantie de sauvegarde, je suis cette garantie; un créateur de moyens de communication, je suis ce créateur ; des atelierd agricoles, des comptoirs d'échange, des pépinières de chefo de famille, d'artisans, de tenanciers, d'émigrants , seul je puis doter l'Orient de tous ces biens. Sur son immensité je répandrai donc les forces vives de mes anciennes et de mes nouvelles langues, comme le Nil couvre de son limon les terres que la Providence lui livre pour qu'il les féconde.
J'ai en conséquence détaché pour vous. Messieurs, des pièces justificatives de la règle nouvelle de l'Ordre immortel, la carte bti sont marqués à côté des lieux où florissaient ses bailliages et ses prieurés, ses commanderies et seshôpi* taux, ses écoles et ses chantiers , ses fermes et ses arsenaux , les lieux où s'élevèrent, comme autant de phares et de prétoires, les Eglises dont aujourd'hui la chrétienté est appauvrie , les lieux enfin où les missions françaises conquièrent, depuis si longtemps, pour la grande initiatrice, notre mère, cette gloire sans égale, à laquelle n'atteignent ni les habiles, ni les forts, ni les impitoyables, ni les généreux.
Monastères, asiles, métropoles, l'ordre veut tout relever. Nos missions^ il les veut préserver du péril demain et dans l'avenir. Belle et grande devant les hommes, son œuvre couronnera devant Dieu celle que la France a accomplie déjà dans cette Afrique, où ne se reconnaissant d'autre droit que celui de se montrer juste , elle couvre d'une protection égale nos frères des Eglises séparées, nos frères les Israélites, nos frères les musulmans. *
Et pourquoi suis-je admis à Thonneur de faire étendre un pareil langage en ce lieu et à cette heure?
Cette grâce m'a été faite,-Messieurs, parce que l'histoire des ordres religieux se confond avec celle des gouvernements, de la science et de l'art; parce qu'en outre l'histoire. de Saint- Jean, de Rhodes et de Malte, est inséparable de votre chronique locale.
Tous les débris du noble et vieux Poitou sont le patrimoine moral des antiquaires de l'Ouest ; et notre société comme ses émules , alimente ses travaux par l'étude des monuments divers de la foi naïve, de l'inépuisable fantaisie, de l'administration habile, de l'activité traditionnelle quoique multiforme, de ces religieux obscurs et patieofts^ dont l'existence était à la fols plus douce et plus rudel, plus occupée et plus calme, que celle des laïques leurs con^ temporams. Est-ce que notre société et ses émules trouver raient quelque chose d'entier et de saisissable sous la
pous^ère du moyea âge, si lea anoalaB^ les PouiUés^ les cbartriêvs^ les iaveotainefl de trésors et les autres firuits de rimmense mouvement perpétué sous le froc et le casque, la bure et la cuirasse, leur demeuraient incomius ou indiffér rents?
Le souvenir de Malte éveille tous les souvenirs épiques* Il imprime une direction utile à toutes les recherches dont l'objet est l'influence des institutions monacales sur les rér gimes économiques, le sort des humbles, le développement de Tart chrétien*
Bfalte est le grand Ordre rêvé par Henri IV et qui devait réunir en faisceau les mérites particuliers à chaeun des autres ordres. Gùerri^, il est l'admiration des barbares euxr mêm^. Navigateur, il protège jusqu'au dernier jour de son existence politique le commerce de la chrétienté. Organisateur, il couvre d'établissemmts prospères tous les pi^ys auxquels le cid accorde sa présence. Savant et artiste, il remplit des chefs-^d'cBuvre de ses Ëloy et ses* Suger , ses Perrault et ses Fénelon, sesLesueur et ses Vauban, les ma-* gistères de Jérusalem, deMargat, dePtoiémaîs,4^Limis8o, et les deux îles où ses châteaux et ses ports, ses fortifica^ tions et ses basiliques, épargnés par la main des hommes, bravent encore celle du temps.
Je vous disais à une autre ^oque et dand une autre enceinte: Jeanne-d'Arc et le parlement ont été vos hôtes aux jours où, gloire et puissance, tout était perdu sans la fidélité de l'un, saas l'héroïsme de l'autre. Gomment m'interdirais-je de vous le rappeler aujourd'hui? Malte est à vous, car il a été un des prestiges de no^^e antique cité.
Entce PBglise 4>iscopale et le palais des comtes, la rue Saint-Paul et la G^and'Rue, ^t debout encore le prieuré d'Aquitaine.
Ëntovéà sa destination première, Pédifice n'en brille pas moins de l'éclat répandu sur lui par ces quarante-*huit grands prieurs, dont le plus ancien exerçait son noble mi-f nistàre en 4S&4, dont le dernier a'est tristement éloig^ de
voe mura lorcMiae la France égarée a voulu rompre avec rOrdre^ né de des aitrailles et devancier de sespremi^s oroiôés en Palestine.
Tous les titulaires de cette haute charge nous sont chers, et cependant nous ne rendrons un hopimage public qu'à deux d'entre eux.
Quels seront^ls? des Saint-Simon, des Vivonne? un des trois Nanteuil ou des deux Pelioquin? desFoucauld? des Ursins? les deux baillis de la Morée, dont un est mort en héros? ou ce Philibert de Nailhac, élevé au magistère en 1396? Non, la solennité de ce jour nous recommande spér cialement les dignitaires de 16*a et de 178[7 î Henri d'Appellevoisin et Joseph de Lesmeric d'Echoisy.
Les d'Appellevdisin sont une de vos plus nobles races, Messieurs. Qu'ils vous appartiennent depuis 4897, et grâce à la confiance de Charles d'Anjou, ou qu'ils aient été puissants dan$ la province de{mis 4S!60 , je ne m'en préoccupe pas devant vous. Ils se transmettaient héréditairement le prénom significatif et peu usité de hardi ; ils acceptèrent contractuellemmt plus tard les surnoms de TierpeKn de la Rodie du Maine ; cep feits ont leur valeur. Mais ce qui nous ionébB davantage, c'est que vingt ans avant que Henri fût élevé si haut dans la hiérarchie de l'Ordre, deux de ses frères étaient mi même temps que lui membres de la sainte milice.
G'6st à Lesmerio d'Bchoisy c^e Poitiers doit son hôpital des Incurables, et plus encore, car il lui a conquis tous ses probes. Le petit-neveu, par tequel est aujounl'hui repn^*sente ce grand prieur au milieu de nous, est un de ces hommes qui ne veulent pas être loués et qu'on ne saurait louer assez. Continuons à admirer tous silencieusement en sa personne, le type que saint François d'Assise et saint Vincent de Paul ont voulu créer dans le monde des laïques , le premier quand il a fondé son tiers ordre ; le second quand il a inspiré l'organisation des conférences^ oik la dbmrité eedse d'être un effort pour devenit upe habitudes
Du Prieuré d'Aquitaioe relevaient une Gommanderie ma-gistrale : la Rochelle ; une commanderie substituée : Yerneuil^ propriété de la famille deMenou ; vingt-quatre com^ manderies de chevaliers, cinq commanderies de servants d'armés ou de chapelains conventuels.
Ces trente et une fondations étaient ainsi réparties, sept en Poitou, autant en Touraine, six en Bretagne, quatre dans le Maine, trois en Anjou, deu^ dans TAunis, une en Berry.
Leur revenu total, la commanderie de Jus-Patronat laissée à l'écart, ne s'élevait pas à moins de 144,545 livres par année, au milieu du siècle dernier.
Aucune maison de chanoinesses n'a existé dans le ressort du prieuré.
Le dernier généalogiste de l'ordre en Poitou a été un des vôtres, M. Pontois, rapporteur héraldique de l'école des Chérin.
C'est de cette partie de la langue de France qu'est sorti pour prendre possession du grand prieuré de Champagne un enfant du Poitou, Jacques Aymer.
Le temps me manque pour vous rendre le juge de ses mérites, mais non pas pour constater que six siècles après lui, sa maison a produit la généreuse Henriette, fille de l'officier général, marquis Aymer delà chevalierie.
Chanoinesse de Malte en 4778, admirable dans sa captivité sous la terreur qui ne l'effraya pas, plus admirable encore au milieu de ses compatriotes fières de l'accepter pour modèle, elle fonde en 4 797, c'est-à-dire longtemps avant que le concordat d'éternelle mémoire eut rendu la France à la catholicité, cet institut de la grand'maison qui, dès 180â et 4803, dotait Mende et Cahors de ses premières succursales.
Ai- je tout dit, Messieurs? Non vos fastes ne s'épuisent pas si vite.
J'ai dressé pour vous, et il me serait impossible de lire ici l'état de toutes les maisons qui ont appartenu à l'Ordre, en la personne de quelques-uns do leurs membres.
Maid je ne résiste pas au désir de faire précéder la publication de ce travail par quelques relevés auxquels notre brillant auditoire ne sera pas insensible.
Cinquante-six familles ont deux de leurs membres immacutriculés dans le prieuré d'Aquitaine*
Dix-sept en ont trois.
Douze en ont quatre.
Cinq en ont jusqu'à cinq.
Cinq en ont jusqu'à six.
Cinq en ont jusqu'à sept.
Je nommerai ces quinze dernières.
Mon dépouillement ne s'arrête pas aux années qui séparent notre 89 de la chute de l'Ordre. Je l'ai poussé jusqu'à ce grand deuil delà chrétienté.
Parmi les cinquante-six familles de la première catégorie, permettez-moi de citer les Boismoran, les Chabot; les Chateignier, les du Chastellier, les Hélion, les La Guerche, FesLaHaye, les LaGuérivière, les Larochefoucault-Bayers, les Maillé de Brezé, les Monsoreau , les Montaigu^ les La Noue, les Prévost Sansac de Touchimbert , les Rosmadec, les Talhouet, les Tranchelion, les Vitré.
Parmi les dix-sept familles de la seconde catégorie, se trouvent celles des Boisjourdan, des Contade, des Duchilleau, des La Meisseillère, des Maillé de la Tour Landry, des Nuchèze , des d'Orfeuille, des Pelloquin, des Tudert, des Voyer d'Argenson.
Parmi les douze familles qui ont donné quatre chevaliers à l'Ordre, sont celles des Aubéry-du-Maurier, des Barthonde-Montbas , des Duchaffault, des la Moussaye, desMenou, des Saint-Marsautt.
Les cinq familles qui ont donné cinq de leurs membres à l'Ordre sont celles des Appel levoisin, des la Bretesche, des la Laurencie, des Marbeuf et des Martel.
Les cinq familles qui ont donné six de leurs membres à l'Ordre sont celles des La Chastre , la Freslonière, Lantîvy, la Tremblaye, Villedon.
Enfift les oîAqfemiHc» qm ont domé sept de leara membres à l'Ofdre sont celles des Labourdonnaye, des la Houssaye, des la Roche-Saiot-Ândré, des Liniers, des Tigoé.
P^SQjme ne s'étonnera de voir figurer d»ns une nomenclature, à mon s(^er regret trop restreinte^ des noms étrangers au Poitou proprement dit. L'étendre de la circonscription du prieuré est l'explication naturelle de ce Mt.
Tout à l'heure, j'ai prononcé le Oiom des d'Âi^enson^ et je manquerais à un devoir si je . ne rappelais pas sur lui votre attention.
Ce devoir, je ne l'accepte pas pour refoire le tableau, qui se trouve partout, des grands ministres, des menlbred du oons^ de régence de 4 71 5 et de la représenliàtion nationale à d'autres titres, des diplomates et des dbancéliers de l'Ordre de Saint-Louis, des administrateurs et des académiciens, tous éminents surtout par la probité politique. Continuons à ne nous œtretenir que des lieni^ existant txktre nos concitoyens et l'Ordre, et inclinons-t&dus ensemble devant le seul grand-croix héréditaire de Malte qui appartienne à la province,
Depuis le 11 juillet 1777, et en vertu d^une décisioti du sacré conseil, les marquis d'Argenson sont pourvus de cette dignité. Elle leur a été conférée spontanément et pour serviçef rendus. Le frère et la sœur en ont été revêtue le même jour, aux termes de deux actes distincts. La sœur d'An^ toine René était la vénérée duchesse de Montindrency- (iUxembourg;
Ces services ne dataient pas de la veille. De Thou nous apprend que « les jeunes seigneurs et gcfntiléhommes france çais, accourus au secours de Malte en 4â6&, y avaient (c été précédés par R^é de Yoyer, vicomte de Paulmy, (( bailly de Xouraine, passé dans i'tle pour y partager les (c périls de l'Ordre, (pii depuis trois oènts ans comptait <K des membres de la même maison parmi ses pktt rraom- (c mes chevaliers. »
Le sang limousin s'est mêlé à votre sang, Mésstedi's,
àkaà les irêidés des gradcUcroix d' ArgeÉison ^ àiMÎ que dans celles du grand prieur de Foucauld et des cheTalieri de Montbas, de Saint Marsault et des Gars.
Entre tous, Louis Nicolas de Pérusse^ comte des Cars^ chef de la branche ducale de sa maison^ a répandu son lusire indiTîduel sur les deux provinces, qui sont Tune ma pa* trie d'origine, Taiitre ma patrie d'adoption*
Pendtot que deu^ de ses pfocbes exerçaient^ è ia suite Tun de Tautiie, la lieutenance-généràle militaire du haut et du bas Limousin^ il derehait colonel du régiment de son nom, brigadier, maréchal de camp. Il était blessé sept fois sur le même champ de bataille, à Glosiercamp. €ommés'ii avait eu la prescience de tous les maut qui attendaient lui et ses pairs dans l'émigration, il installait, à vos portes, sur sa terre d'Archigny, les Acadiens, chassés par TAnglais de nos colonies perdues. En 87, il présidait l'assem* Mée d'élection de Ghâtellerault. Quelques années plus tard il commandait, à l'armée des princes, la deuxième division de l'infanterie nc^e et les compagnies des gentilshommes du Poitou.
Que de ee«venirë j'ai à réveiller encore!
En 4 480, d'Aubussoti défend Rhodes^ Voici les noms des frères du grand prieuré qtii combattaient à ses côtés : les commandeurs Yves de Mllon, Gui de la Lui, Pierre de Novès, Oui Bouchet, Jean de Poibcignon, Pierre de Boisrond, Jean de Nè^e; les chevaliers Aûtoine Ghabot, Pierre t^'ouliet, Gharles Gapron^ Jacques Bardoul, Antoine dé Fetresai, Pi^re de Pons, Jean de la Haye, Philippe de Gltiit^ Pierre de Gluix, Miloti-Saiiit-Iiéigèr,' Jean Emegutn, Jea^n Husson dit Lesson, Renaud de Comblanc^
Vaincu plus grand que ses vainqueuris, Villiers de l'Ile- Adam était secondé, pendant le AémofraUe siège de 4&3A, pit les héros du grand prieuré : Philippe Petit, Gfaasrleè de là Barre, Olivier de Brissac, Joàdiîm de Beuvan dit la 6essière, Gharles d'Apresmont, Herfe Picart, JoaehiradeGluis, laccfueS Baudet, Jacques de la For le Bon, Jean du Ghier,
Joachim de Mortemar^ Gilbert Gombaulty Mathurin de la Brosse^ Claude Lucas.
Le 6 mai 1 565, la Valette passe la revue générale des petites forces, contre lesquelles se briseront dans une lutte de quatre mois les flottes et les armées musulmanes. Celle de nos trois langues nationales dont faisait .partie le prieuré d'Aquitaine est celle qui lui fournit le plus de bras. Entre tous les contingents des huit langues de l'Ordre^ celui de la Janguede France prend le troisième rang, et celui de la langue d'Arragon, auquel appartient le deuxième, n'avait mis en ligne que sept chevaliers de plus.
Si la défense de 1 798 ne ressemble en rien à celles que les grands-maîtres français avaient dirigée, votre renom n'en a pas souffert. Messieurs. Deux Poitevins gardèrent noblement alors les postes confiés à leur courage. Guron de Rechignevoisin commandait le fort SaiDt-Ëlme, Dupin d« la Guérivière celui de Rohan, les ports, batteries et rade de Marsa-Scirocco, à l'est de l'île. Le canon de ce dernier tonnait encore après que la consigne de cesser le feu eut été transmise au nom d'un chef imbécile de frayeur. L'histoire constate que le général en chef de l'armée d'Oriept lui fit l'insigne honneur de s'en inquiéter et lui opposa Desaix. Sommé deux fois de se rendre et manquant de vivres depuis vingt-quatre heures, il avait été dix jours sans en recevoir, l'héroïque chevalier ne capitula que dan s la soirée du 1 1 juin et ne remit son pavillon qu'au grand-maltre.
Ne me reprochez pas le silence qui m'a été si pénible sur les hospitaliers représentant la haute bourgeoisie dans la sainte milice. Nous ne sommes jamais parvenus ni à retrouver des listes qui fussent spéciales aux servants d*armes et aux chapelains conventuels, ni à réunir les documents nécessaires pour en dresser nous-mêmes.
Le peu que je sais, le voici : cette partie du grand corps de Malte était représentée auprès de la Valette, aux jours des chocs terribles , par quinze servants d'armes de la langue de Provence, quatorze de la langue d'Auvergne,
vingt-quatre de la langue de France, cinq de la langue dltalie, six de la langue de Castille et quarante-quatre sans immatriculation certaine.
Versl 788, elle se composait, dans le prieuré d'Aquitaine :
Des cinq titulaires de commanderies, Alexandre le Normand, le Grand-de-la-Griolaye, Claude le Normand, Tugal- Levêque-des-Valettes, et Joseph Frin ;
Et des neuf chevaliers : Matagrin, Groguet , Léonard Claude le Normand, de Lugin-des-Vallons, Jérôme Frin-de- Corméré, CouUon, Louis-Alexandre Laurence, Choquin et Louis Aimé Laurence.
Un de ces chevaliers s'honora en faisant pour le malheur ce que les commandants de Guron et de la Guérivière avaient fait pour le drapeau. Il suivit partout Hompesch, dont il avait été Técuyer à Malte, et ce fut à Montpellier que ses pieuses mains le rendirent à la terre le 12 mai 1805. Ce digne servant d'armes était Léonard Claude le Normand*
L'Ordre a péri trois fois : une sous la défaillance de Hompesch, le 12 juin 1798; une parla mort de Paul I", le 23 mars 1801 ; une avec la paix du monde, paix rompue à cause de ses intérêts et de ses droits, le 12 mai 1 803. S'estil jamais abandonné? Non. Il se sentait vivre sous la main de Dieu, à Catane, à Viterbe, à Ferrare, comme se sentaient forts les Israélites fuyant pour sauver l'Arche sainte. Thomasi, le roi sans royaume, maintenait à la cour de Napoléon I", son ambassadeur en possession des droits de sa charge. Son successeur orthodoxe, le lieutenant actuel du Magistère, entretient des légations près les cabinets de Parme, de Modène, deNaples et de Vienne. Le premier a formulé la pensée politique de la réorganisation de l'Ordre à Corfou ; le second exerce de Rome son autorité sur quatre grands-prieurés, deux bailliages, cinquante-sept commanderies de justice, quarante-trois commanderies substituées et quelques mille chevaliers ou chanoinesses laïques. Dans ce nombre ne sont pas compris les chevaliers prussiens, qui ne sont pas catholiques , les chevaliers es-
~ 20 — pagnols j qui reconnaissent leur reiae pour unique ch^^
Pendant que la Providence a éprouvé l'Ordre, le Pohou n'a pas déserté sa fortune. En 1844, ses enfants, ils n'é^ talent plus, hélas! que trente-deux^ se groupk^ent autour d'un nouveau grand-prieur d^ Aquitaine, le pritice Camille de Rohan, neveu du grand^naattre dont il avait été le sénéchal et dont il aurait pu devenir le successeur.
Entre ces échappés à tant de périls et dé désastres, je signale un la Laurencie, déjà élevé au sommet de la hiérarchie, un Rechignevoisin de Guron et un.Menou, tous les deux commandeurs; un Duchafault, deux d^Orfeuille^ un Villedon, un Létauduèr^, un Lépinay*
Je ne pousserai pas^ plus loin ce travail. Messieurs* De-^ puis 1814 jusqu'en 1858, des Français en assez grand nombre, et dont quelques-uns sont illustres par le sang et par les services, ont été décorés des insignes de Saint Jeaa. Mais quelque respectables que soient leurs titres à cette distinction, ce ne sont pas eux qui ont continué l'Oisdre, puisqu'aucun vœu religieux , aucune œuvre professionnelle ne les rattachent à lui.
Des vœux et des œuvres rendront seuls l'avenir de l'Ordre plus beau que son passé luUméme. Travaillez donc , dès ce jour, vous tous qui m'écoutez, à ce que le concert préparé entre Malte et les sociétés de la Propagation de la Foi, de Saint-Vincent-de-Paul, de la Sainte^Enfance, des Ecoles d'Orient, multiplie, sous les auspices de notre belle, courageuse et bienfaisante souveraine, les fondations des langues nationales. Ces fondations manquent au monde partout où la famille n'est pas constituée, la femme respectée, l'enfant préservé, le travail libre et rémunérateur, la propriété transmissible et inviolable, la tolérance rëKgieuse édictée et garantie. Il sera toujours trop tard pour faire prévaloir à leur aide, dans un harmonieux ensemble de principes, d'institutions, de communautés, la civilisation et mieux encore la politique de l'Evangile.
Paris. — lœpr. de Pommeret «t Moieâo, A2| me Yavio.