ETUDE MACROSCOPIQUE
C'estdans lesinflammations du cordon testiculaire, consécutives à la castration,que le botryomyces a été le plus souvent rencontré (Rivolta, Rabe, Johne). Les tumeurs qui se développent à la suite de ces inflammations, véritables funiculites, sont couramment désignées par les vétérinaires sous le nom de champignons de castration, à cause de leur plus ou moins granderessemblance avec certains genres de fongus. Ce champignon de castration se présente ordinaire. ment sous la formz2 d'une tumeur développée à l'ex-
ItRo Se trémité du cordon testiculaire qui a été tronqué par casseaux. Il remonte à une hauteur plus ou moins considérable, et c'est la forme évasée qu'affecte cette tumeur, lorsqu'elle est en continuité avec le cordon testiculaire, qui lui a fait donner le nom de champignon de castration.
Le champignon peut être extra ou intra-scrotal, extra ou intra-inguinal, il peut enfin être intra-abdominal.
Le champignon extra-scrotal se développe à l’extrémité du cordon tésticulaire, il se présente lorsqu'ilest bien développé, sousla forme d'une tumeur rouseâtre, renflée à sa partie terminale, rétrécie à sa base, dure, rénitente, assez douloureuse à la pression, pouvant atteindre le volume du poing d'un adulte et parfois davantage. Très exceptionnellement, elle peut descendre jusqu'aux jarrets. Ce champignon donne issue à un pus abondant, bien lié, ou hétérogène, qui se déssèche à la surface de la tumeur en formant des croûtes noirâtres.
Dans le champignon sous-cutané, il y a un orifice fistuleux par lequel s'échappe du pus jaunâtre : le cordon est engorgé et douloureux.
Dans les formes intra-inguinale et intra-abdominale, la tumeur est toujours douloureuse à la pression. Sa consistance peut varier suivant les moments de son développement: de dure et rénitente qu'elle est au début, la tumeur devient molle et fluctuante,et elle s'ouvre soit danse péritoine (mort par péritonite) soit à l'extérieur (fistules et guérison).
Le botryomyces a également été rencontré dans
les tumeurs técumentaires décrites sous le nom de mycodermoïdes (Johne) ou de mycofibromes. Ces tumeurs siègent sur toute la surface du tégument externe, elles varient du volume d'une noisette à celui d'une tête de fœtus. Elles sont parfois formées d'un tissu scléreux, très résistant, creusé de foyers purulents ou de fistules à pus jaunâtre, renfermant des grains jaunes en abondance. Parfois au contraire ces tumeurs ont une constitution identique à celle des fibromes.
Le botryomyces peut également provoquer la formation de tumeurs internes : Bollinger l'a rencontré dans le poumon, Storch dans les sinus maxillaires, Rabe dans les muscles des masses lombaires et Thomassen dans la paroi abdominale.
Tout récemment même, M. Boulin de Rethel, a publié une observation très nette de botryomycose du tibia chez le cheval.
Chez l’homme, la tumeur bien décrite cliniquement par MM. Poncet et Dor siège surtout aux mains, particulièrement aux doigts. On observe une tumeur ayant l’aspect d’un gros noyau ulcéré, rougeûtre, tout à fait comparable à un gros bourgeon charnu, exubérant, de date ancienne. Cette masse, au toucher, est résistante, élastique. Sur une partie de son étendue, elle semble recouverte par une couche malphigienne cornée, ne différant du reste de la peau voisine que par une teinte un peu plus rouge. Lorsqu'on soulève cette végétation, mais seulement alors, on aperçoit un pédicule très court et très mince qui la fixe aux téguments sous-jacents et
Mises qui lui donne complètement la forme d’un champignon à pied court et grèle. Autour du pédicule, la peau est rosée et douloureuse à la pression.
Il. — ETUDE HISTOLOGIQUE
Nous avons recherché si la médecine vétérinaire possédait uns étude histologique complète du champignon de castration. Nous n'avons pu trouver que des détails assez vagues et souvent peu circonstan- GES
Nocard et Leclainche, par exemple, disent que les lésions du botryomyces sont analogues à celles de l'actinomycose. Les tumeurs sont constituées par un tissu de granulations et entourées par une zône vasculaire. Plus tard elles sont constituées par un amas de tubercales fibreux, arrondis, présentant au centre un espace ramolli du volum: d'une tit: d'épingle à celui d’un pois. On rencontre dans les tumeurs volumineuses des foyers de ramollissement plus étendus contenant un putrilage caséeux ou liquide. La peau et le tissu conjonctif sous-jacent sont transformés en une masse fibreuse d'un gris rouge. Les logettes creusées dans ces tumeurs et les masses ramollies renferment des grains jaune pâle, ressemblant à du sable fin et constitués par des amas de botryomyces.
La plupart des vétérinaires français croient que le champignon de castraction est d'abord un2 simple réaction inflammatoire du tissu cellulaire du cordon,
Sn ne
quensuite 1l s> proluit une prolifération de ce tissu cellulaire aboutissant à la formation d'une tum2irconjon:tiv3, suc laquelle se diveloopent secondairement les grains botryomycosiques.
Nous avons consulté à ce sujet M. Blanc, professeur d'anatomie patholosique à l'Ecole vétérinaire de Lyon. Il a bien voulu nous donner son avis sur cette question. Pour lui, le champignon de castration est un: tumeur causée par une inflammation banale‘sièveant au niveau du cordon. Il se produit une inültration énorme puis une prolifération rapide du tissa cellulaire du cordon. La seule particularité à noter, serait l'abondance d'exsudat très plastique au niveau du cordon: cet exsudat qui se coagule très facilement, présente tous les caractères de la Iymphe. En somme, le tissa néoformé présents à la coupe en ce moment un aspect lardacé.
Puis l'exsudat se résorbzrait et il se produirait aux dépens du tissu cellulaire proliféré une néoformation fibreuse. Ce n’est que sur les vieux champignons de castration et rien qu'à leur périphérie que se produiraient les amas caséeux, contenant les grains botryomycosiques. Pour M. Blanc, la botryomycose serait toujours une infection secondaire.
M .Cadéac, professeur également à l'Ecole vétérinaire de Lyon, croit aussi que le champignon ne devient botryomycosique que secondairement.
L'étud2 histologique du champignon de castration a été particulièrement bien faite, par M. /e Docteur Dor, chef du laboratoire de clinique de M. le Prolesseur Poncef.