CHIEN II
Chez cet animal les moyennes sont :
Nombre Poly Mono Lympho Eosi Avant: 9.750 rl 18.7 SET 2.6 Après: 18.260 85 7.4 &.7 29
Avant d'interpréter ces résultats il convient de remarquer que les suites de l’opération ne furent pas simples, des complications inflammatoires étant survenues produisant une assez grande collection suppurée.
1° Le nombre des globules blancs s’est considérablement aCCTU.
2° Les polynucléaires sont restés tout le temps au-dessus de la normale.
3° Les mononucléaires ont diminué de nombre ainsi que les lymphocytes.
4° Les éosinophiles n’ont pas varié.
Peut-on de ces résultats tirer quelques conclusions concernant le rôle de la rate dans la formation des globules blancs ? Pour résoudre cette question deux méthodes ont été employées ; les uns se sont livrés à l’examen histologique de cet organe et ont recherché la présence ou l’absence de certaines espèces de globules blancs pour en déduire la participation de la rate à leur formation. Les autres ont
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extirpé la rate et en examinant les suites de cette extirpaton et les caractères de la leucocytose provoquée chez des animaux dératés sont arrivés à préciser le rôle du tissu splénique dans la leucopoiïèse.
Par la première méthode, les auteurs, Dominici, Levaditi, constatent à l’état normal la pauvreté relative du tissu splénique en éléments granulés : leucocytes éosinophiles, neutrophiles ou pseudo-éosinophiles, font considérer comme peu probable l'intervention de ce tissu dans la production de ces cellules. Leur présence s'explique facilement en attribuant à ces cellules une origine médullaire, une provenance sanguine. Ce qui vient à l’appui de cette interprétation, c’est le fait que, chez les animaux adultes, l'organe splénique ne contient pas comme chez l'embryon des cellules granulées jeunes (myélocytes) ou des formes de transition. Or, on ne voit pas comment un leucocyte granulé peut prendre naissance dans un tissu quelconque si l’on ne décèle pas dans ce tissu les éléments aux dépens desquels ce leucocyte se développe habituellement. Force est done de conclure qu’à l’état normal, l'organe splénique n'intervient pas ou n'intervient que dans une faible mesure dans le processus de formation de ces cellules blanches granulées et que c’est surtout la moelle osseuse qui se charge de fournir au sang ces cellules.
Ce sont là des conclusions spéciales à l’homme et aux mammifères. Ehrlich affirmait que chez un certain nombre de vertébrés (grenouilles, poissons, oiseaux), le tissu splénique jouit de propriétés hématopoïétiques manifestes. Or, plus d’une fois on a constaté que ces propriétés marchent de pair avec la leucopoiïèse.
La rate chez l’homme et les mammifères n’acquerrait ce
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rôle qu’à l’état pathologique comme l’ont prouvé récemment les belles recherches de Dominici. Cet auteur inocule à un. lapin des cultures de bacille typhique et examine l'état des organes hématopoïétiques, plus spécialement de la rate, à diverses périodes de l’infection éberthienne. Il constate que parallè'ement à une réaction normoblastique du sang, il apparaît dans la rate des modifications histologiques qu'il appelle « transformation myéloïde », et qui sont caractérisées par la présence dans cet organe d’éléments cellulaires de la moelle des os (myélocytes, globules rouges nucléés, cellules géantes). Dominici interprète ces modifications dans le sens d’un retour à l’état embryonnaire.
C’est là un phénomène que Levaditi a constaté n’exister que dans un nombre restreint de cas ; des cobayes peuvent succomber à une infection sans que l’on puisse constater un retour à l’état embryonnaire dans les organes hématopoïétiques. De plus il ne prouve pas qu’à l’état normal la rate puisse produire des éléments granulés et que l’état pathologique exagère ce pouvoir : il y a là un réveil d’une fonction embryonnaire endormie.
Par la deuxième méthode Kurloff (1), dont nous avons relaté les expériences, arrive à cette conclusion que le tissu splénique ne jouit à l’état normal que d’une seule fonction leucopoïétique, celle de la lymphogénèse. La rate engendre et livre au sang des éléments lymphatiques. Son extirpation détermine une exagération dans le fonctionnement des ganglons lymphatiques, exagération qui aboutit à l’hypertrophie de ces ganglions et à la lymphocythémie.
(1) Douinicr: Arch. de méd. exp. 1900, p. 733. (1) KuuLorr : (Déjà citér.
(2) FuogLicu : Inaug. Disert. Breslau 1836.
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Froehlich essaie de préciser le rôle vicariant des autres organes à la suite de l’enlèvement de la rate. Pour cela il recherche si la splénectomie peut mfluencer d’un manière appréciable la leucocyiose engendrée par la pilocarpine : « S’1l est vrai que la rate joue un rôle actif dans la leucogenèse, la leucocytose pilocarpinique des animaux neufs doit différer de celle de cette substance engendrée chez les sujets dératés. L'expérience montre que la pilocarpine détermine chez les chiens normaux une augmentation assez considérable des globules blancs du sang. Elle fait voir de plus que cette augmentation est moindre chez les mêmes chiens après la splénectomie. Ces différences deviennent presque nulles, lorsque l'injection de pilocarpine est pratiquée un: certain temps après l’opération ; par conséquent à un moment où la vicariance est entrée en jeu.
Les recherches de Waldstein apportent une solution plus précise encore puisqu'elles démontrent que la pilocarpme engendre effectivement une leucocytose lymphatique.
Dirks-Dilly étudiant dernièrement l’influence d’une inJection de pilocarpine comparativement sur les cobayes sains et sur les cobayes dératés trouve dans le premier cas une hyperleucocytose portant sur les lymphocyies et les mononucléaires.Cette expérience confirme donc celles de Froehlich et de Waldstein. Dans le deuxième cas au contraire (cobayes splénectomisés) la leucocytose porterait sur les polynucléaires. Cette dernière expérience établit bien par la méthode de différence le rôle de la rate dans la production des lymphocytes. En effet on s'accorde à reconnaître que la moelle osseuse est à l’état normal et chez l’animal adulte
(1) Wazpsreix Berlin kl. Woch 1895, n° 17. (2) Diack-Dixiy : (Th. citée).
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le seul endroit où les éléments de la série granulée prennent naissance. Leurs cellules d’origine sont d’une part, les gros mononucléaires non granulés de la moelle osseuse, d’autre part les myélocytes granulés. L’injection de pilocarpine détermine aussi bien chez un cobaye sain que chez un cobaye dératé une hyperleucocytose. Dans le premier cas elle porte sur les lymphocytes et les mononucléaires, ce qui montre que tous les organes lymphatiques, rate, ganglions et moelle osseusse, opposent à l’intoxication une réaction de défense en produisant chacun les éléments qui leur sont propres. Dans le second cas un fait nouveau existe, l’absence de la rate : l’organisme a la même réaction, mais l’hyperleucocytose ne porte plus alors sur les lymphocytes (dont la production. doit être diminuée après splénectomie si la rate contribue à leur formation), mais sur les polynucléaires produits par la moelle osseuse, seul système générateur des globules blancs restant au complet.
Dans nos expériences 1 et LE nous remarquons aussi que la conséquence immédiate de la splénectomie est un abaissement du nombre de lymphocytes. Dans la première cet abaissement se maintieni deux jours ; 1l est suivi d’une élévation traduisant la réaction ganglionnaire établissant son rôle de suppléance. Au bout de vingt jours il se fait un retour à la normale.
Dans la deuxième il y a encore un abaissement marqué de lymphocytes qui dure plus longtemps (dix-sept jours). Leur nombre ne revient à la normale qu'au bout de vingt Jours ; il n’y a donc pas eu d’hyperproduction intermédiaire. Nous avons une tendance à rattacher ce fait à la présence d’une intoxication des organes de vicariance (ganglions) par les toxines dues à l’infection microbienne que
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nous avons signalée. Cette intoxication a très bien pu empêcher la réaction en modifiant la qualité des tissus.
En somme des expériences citées et de nos propres expériences il découle que la rate fourmi au sang des lymphocytes. C’est à cette constatation que conduisent soit l'étude des modifications du sang après splénectomie, soit l’étude histologique des éléments contenus dans cet organe ; l’une et l’autre méthode se complètent et amènent à des résultats
concordants. -
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