‹ De la Staso-BasophobieChapitre 28 sur 58 · ON · texte numérisé non relu

ON

Cette conception du I) Audiffrent rentre d’ailleurs dans la conception plus générale encore de son maître divisant les maladies en égoïstes et en altruistes. En effet, écrit Auguste Comte, « puisque la région affective (penchants égoïstes et penchants altruistes) domine dans l’état normal, elle doit surtout prévaloir envers ses perturbations, d'autant plus que son exercice est seul continu... Il faut donc surtout rapporter les maladies au sentiment dont l'intelligence et l’activité ne sont que les ministres généraux, dépourvus d’ailleurs de relations directes avec la vie végélative.

« On est ainsi conduit à distinguer d’abord les maladies en égoïstes et altruistes, comme les moteurs affectifs. Quoique les unes et les autres puissent avoir lieu par excès ou par défaut, le premier cas appartient surtout aux premières, et le second aux secondes. Un insuffisant essor de l’altruisme constitue la source secrète d’une foule de perturbations radicalement méconnues » (1).

Une telle conception ne paraît point sans doute s’appliquer à toutes les observations que nous rapportons. Mais peu insistent sur le côté moral des malades. (On oublie trop le précepte de Michelet que M. Féré, par sa situation bon juge en pareille matière, ne se fait point faute de rappeler.

Pour nous, en laissant de côté nos tabétiques, nous avons été frappé par l’égoïsme de nos malades ou, si lon

veut, par la prépondérance de l’organe de la prudence ou

1. Auguste Comte, Correspondance pathologique, in D* Audiffrent, Appel aux Médecins, Paris, 1862, p. 174, et in D° Robinet, Notice sur l'Œuvre et la Vie d'Auguste Comte, 3° édit., page 541.

de l'instinct conservateur. L... surtout est typique à cet . égard, Evidemment, s’il eût été moins occupé de sa pauvre personnalité, si un peu d’altruisme l’eût échaufté, il n'aurait point traîné ainsi misérable. Même ignorant comme il l'est, le cœur lui aurait donné des raisons qu’il n’était pas impotent et qu’il pouvait marcher. Amans vol at, currit, dit l'auteur de l?mrtation, dont Auguste Comte, à la fin, avait fait son livre de chevet, bien plus en positiviste qu’en mystique.

VI. — Toutefois l'individu n’est pas seul en cause. Suivant une autre remarque d’Auguste Comte, il faut encore tenir compte dans les maladies du milieu social. Or, si le milieu social actuel était moins oppressif pour le vieux prolétaire, peut-être ce dernier serait-il assez excité dans son égoïsme pour désirer encore une certaine activité, compatible avec son état, et pour ne pas transformer un vulgaire accident rhumatoïde aigu en une basophobie chronique.

D'ailleurs cette conception du fondateur de la sociologie est d'accord avec la clinique. En effet, Charcot luimême insistait sur la gravité du pronostic, dans la classe ouvrière, des affections nerveuses sans substratum orqanique, la neurasthénie et l'hystérie. Elles se montrent, disait-il, chez les ouvriers, « plus graves et plus tenaces que chezles sujets délicats et impressionnables des classes lettrées.… Il est parfaitement avéré que ces mêmes affections, du moins dans les villes, s’observent sur une grande échelle chez les prolétaires, les ar{isans les moins fayorisés par le sonk, çeux.qui.ne- connaissent. guère. que le làbeur:physiques:Qo Bersauraitroublier-d'ailteurs squ'en

somme leur constitution psychique est la même, et que, comme d’autres, plus même peut-être, ils sont soumis aux conséquences des perturbations morales pénibles, de l’anxiété qui s'attache aux difficultés de la vie... » (4).

VII. — Après avoir ainsi envisagé notre syndrome sous laspect psychique de la pensée, pouvons-nous maintenant le concevoir sous l’aspect de l'étendue et du mouvement, dans le substratum qui le supporte, l’encéphale ? :

C’est ce que vient de tenter, il nous semble, le professeur Grasset dans un travail tout récent sur le vertige (2).

Mais Si, en ce qui concerne le vertige d’origine périphérique externe, nous suivons assez bien anatomiquement l’arc réflexe qui l’engendre, il n’en est plus de même lorsqu'il s’agit du vertige central et en particulier, du vertige céntrai cérébral. Ce vertige, dit justement M. Grasset, est plutôt phériphérique, lui aussi, parce que le vrai centre générateur du vertige étant le polygone, l’écorce cérébrale ne produit ce symptôme qu’en provoquant le polygone, à la façon d’une excitatation périphérique, alors non plus externe, mais interne.

A cette catégorie nous rapportons le vertige des épilep-

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