OBSERVATION VIII
Lapin de 2 kil. 120 gr.
L'animal étant placé sur la table à expérience, on constate que le pouls est à 104 et la respiration à 80 à la minute. Le pouce de l’opérateur déprime là partie supérieure de la paroi abdominale, fléchit de force le plastron sterno-costal et comprime le cœur en refoulant le diaphragme. Cinq minutes après le début de l’opération, la respiration arrive à 40 au 1/4 et le pouls est trop rapide pour pouvoir être compté exactement. La compression continuant, le réflexe cornéen disparait, l’exophtalmie est très marquée, la pupille très dilatée. Enfin, après une série de convulsions, au cours desquelles on sent très nettement sous le doigt un petit craquement dà - vraisemblablement à des fractures de
côtes, la mort arrive.
Début de l’opération 3 h. 33 Mort de l’animal 3 h. 45 Durée de la compression 12 minutes
L’autopsie, faite immédiatement, montre en effet une fracture des 4°, De, 6e et 7° côtes gauches.
La paroi présente une vaste ecchymose siégeant au niveau de la por-
Ni ee tion comprimée. On trouve un peu de sang épanché dans la cavité thoracique.
Le cœur est gorgé de sang, les coronaires très apparentes. On trouve dans le péricarde une légère quantité de liquide citrin.
Le poumon gauche est le siège d’un emphysème appréciable; il y a de nombreuses ecchymoses sous-pleurales et des plaques de congestion. On trouve aussi trois déchirures dues aux fractures de côtes. Le poumon droit offre les mêmes altérations moins les déchirures.
Le foie a encore une petite fissure que comble un caillot de sang.
Les autres organes de la cavité abdominale et le cerveau sont légèrement hyperémiés.
Devant ces marques un peu trop exagérées de violences, on décide de faire une compression plus douce.