‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 127 sur 280 · CONSCIENCE DES IMPRESSIONS HYPNOTIQUES · texte numérisé non relu

CONSCIENCE DES IMPRESSIONS HYPNOTIQUES

tout souvenir de la vie précédente parait à jamais éteint; le sujet est convaincu que rien, rien ne s’est passé. Une seconde après, tout est rallumé, le sujet se rappelle; et on peut ainsi, par un procédé des plus simples du monde, faire alterner ces deux étals de conscience, reproduire artificiellement cette double vie que manifestait spontanément la fameuse Fétida observée par Azam ! 11 faut avoir vu ces phénomènes psychiques singuliers pour en saisir toute la portée. El on 11e peut s’empêcher alors de penser que pareil phénomène se produit spontanément chez les somnambules et à leur insu; les somnambules passent facilement d’un état de conscience à l’autre, les souvenirs du second étant effacés dans le premier. Déposez une idée dans leur cerveau pendant l’état dit de somnambulisme, idée qui doit se manifester à un jour déterminé. Pendant l’état dit de veille, l’idée semble éteinte; mais elle ne reste pas latente jusqu’au jour de l’échéance. Elle renaît et redevient consciente, chaque fois que la même concentration nerveuse, chaque fois que le même état psychique se reproduit; il suffit que leur attention se replie sur elle-même, que leur cerveau s’absorbe sur une idée ou sur une image, pour qu’une sorte de somnambulisme passif se réalise chez eux, passif par cela seul qu’on ne le fait pas sortir de sa passivité. Et cela est si vrai que beaucoup de somnambules sont suggestibles à l’état de veille; toute idée formulée, toute image évoquée est réalisée par eux à l’état de veille; ils sont hallucinables par la simple parole; ils sont somnambules normalement et sans artifice de préparation, pour ainsi dire.

L’opérateur 11e peut faire autre chose que d’exploiter cet état de réceptivité psychique spéciale.

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Il y a donc lieu de penser que le somnambule entre "<

souvent spontanément dans l’état de conscience somnambulique, dans lequel les impressions déposées dans un ■,!

même état antérieur peuvent se réveiller. Il se souvient ::

alors de l’ordre reçu, de la suggestion commandée; il "

sait que tel phénomène doit s’accomplir tel jour, il prend ses étapes, si je puis dire; il se confirme dans sou idée *;

de ne pas l’oublier et de la réaliser au moment voulu, comme le dormeur normal dans l idée de ne [tas man- ,

quer l’heure du réveil. Cette idée est alors chez le soin- *

nambule parfaitement consciente. Seulement, quand il cesse de se concentrer, quand nous lui parlons, quand 'i

nous appelons de nouveau son activité nerveuse au dehors, nous le remettons en pleine po>session de lui. nous lui rendons son état de conscience normal, comme quand j,

nous disons à l’enlant d’ouvrir les yeux et de regarder au dehors avec son cerveau. La concentration n’existe plus; le souvenir est de nouveau éteint ou latent; et, au moment où le somnambule a accompli l’acte suggéré, i il croit de très bonne foi que l'idée est fraîchement éclose, spontanément éclose dans son cerveau ; il ne se ■souvient ]/lus qu'il s'en est souvenu.

J’ai pu vérilier la chose directement chez deux som- ;

: nambules. A l’une, je dis pendant son sommeil : « Jeudi prochain (dans cinq jours), vous prendrez le verre qui «est sur la table de nuit et vous le mettrez dans la valise qui est au pied de votre lit. » Trois jours après, l’ayant de nouveau endormie, je lui dis : * Vous rappelez-vous b ce que je vous ai ordonné? » Elle me répond : * Oui, j j je dois mettre le verre dans ma valise jeudi matin, à .heures. « — « Y avez-vous pensé depuis que je vous l’ai dit? » — « Non. » — « Rappelez- vous bien. » — « J’y ai pensé le lendemain malin à 11 heures. » — « Etiez-

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