TROURLKS NERVEUX GUÉRIS PAR L’ÉMOTION
depuis 1815. conduit auprès de la princesse un paysan qui a convaincu le jeune prêtre de la puissance de la prière pour la guérison des malades. La paralytique est dégagée des appareils mécaniques qui lui sont appliqués depuis quelques mois parle L)' Heine, pour lutter contre la contracture des membres. Le prêtre invite la paralytique à joindre sa foi à la sienne et à celle du paysan. — Vous croyez-vous déjà soulagée? — — Oh! oui, je le crois d'une lui sincère. — Eh bien! levez-vous et marchez.
A ces mots, la princesse se leva, lit quelques tours dans la chambre, essaya de monter et descendre les escaliers. Le lendemain elle se rendit à l'église, et. depuis ce moment, elle a conservé l'usage de ses membres (Charpignon).
Le lecteur a compris qu'il s’agissait d’une de res paralysies nerveuses , si communes, souvent opiniâtres, susceptibles de guérir parfois par une émotion violente.
La même chose peut avoir lieu pour les contractures hystériques. « Lue émotion morale vive, dit Lliarcot . un ensemble d événement* qui frappent fortement l'imagination. la réapparition des règles depuis longtemps supprimées, etc., sont fréquemment l'occasion «le ces promptes guérisons.
.1 ai vu dans cet hospice trois cas de ce genre, que je résume brièvement :
I" Dans le premier cas, il s'agit de la contracture d'un membre inférieur datant de quatre ans au moins. En raison de 1 inconduite de la malade, je fus obligé de lui adresser une vigoureuse semonce et de lui déclarer que .ic *;i renvoyais. Dès le lendemain, la contracture a\ail entièrement cessé.
GUERISONS DK LOURDES
2" Le second cas concerne une femme également atteinte d’une contracture limitée à un seul membre. Les crises hystériques proprement dites avaient depuis longtemps disparu. Cette femme fut accusée de vol ; la contracture, qui avait duré depuis plus de deux ans, se dissipe tout à coup à l’occasion de l’ébranlement moral que produisit cette accusation.
3° Dans le troisième cas, la contracture avait pris une forme hémiplégique ; elle all'ectait le côté droit et était surtout prononcée au membre supérieur. La guérison survint presque tout à coup, dix-huit mois après le début, à la suite d'une vive contrariété .»
Charcot rappelle à ce propos un article publié par Littré dans la Revue de philosophie positive , intitulé : Un fragment de médecine rétrospective ( Miracles de saint Louis), et dans lequel on trouve l’histoire de plusieurs cas de paralysies guéries après des pèlerinages faits à Saint-Denis, au tombeau où les restes du roi Louis IX venaient d’ètre déposés '.
Parmi les observations de guérisons opérées à Lourdes et recueillies par M. Henri Lasserre, je vais en relater quelques-unes en les résumant:
Catherine Latapie-Choual, tombée du haut d’unchène en octobre 1856, s'était fait une forte luxation au bras droit et surtout à la main. La réduction fut opérée avec succès ; mais, en dépit des soins les plus intelligents, le pouce , l'index et le médius demeurent absolument rc courbés, sans qu’il soit possible ni de les redresser, ni de leur faire faire un seul mouvement. L’idée lui vint
1 Charcot. Leçons sur les maladies du système nerveux. Paris, 1872-73.