‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 186 sur 280 · OBSERVATIONS DK GUÉRISON PUBLIÉES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DK GUÉRISON PUBLIÉES

Quelques médecins seulement, jusqu'aujourd'hui, ont suivi l’école de Nancy dans ses essais de thérapeutique suggestive, d'après la méthode de M. Liébeault. Citons M. Auguste Voisin qui, au Congrès de Blois et de Grenoble, a appelé l’attention sur son application au traitement des maladies mentales. Une hystérique très agitée fut calmée par suggestion hypnotique, et des sentiments affectueux et moraux furent réveillés au moins pour un certain temps chez elle. Trois observations nouvelles relatées dans le Bulletin général de thérapeutique 15 avril 1 H8H), sont intitulées :

1° Hystéro-épilepsie. Délire amoureux avec hallucinations de la vue et de l'ouïe. Traitement par la suggestion hypnotique. Guérison;

2° Délire mélancolique. Hallucinations de la vue et de l'ouïe. Refus d’aliments. Guérison par suggestion hypnotique ;

31' Hystérie. Folie hystérique. Hallucinations de la vue et de l’ouïe. Idées de suicide. Hémianesthésie et hémidyschromatopsie. Guérison par la suggestion hypnotique.

De nouvelles observations ont été publiées depuis par l'auteur dans la Revue île i hypnotisme.

Signalons encore une observation intéressante de thérapeutique suggestive suivie de succès chez une hystérique, publiée par M. Séglas (Archives de Neurologie, novembre 188b), et une de M. Lombroso (lo Speri mentit le, novembre 1885).

M. Desplats, de Lille, M. Bérillon, M. Dcbove, M. Delbœuf, ont cité un certain nombre de faits de thérapeutique suggestive. Dans leurs Eléments de médecine suggestive , M. Fontan, professeur à l’Ecole de Toulon, et M. Ségard, chef de clinique à la même école, ont publié 99 observations «les plus intéressantes qui viennent

31 fl

OBSERVATIONS

apporter une confirmation éclatante aux faits qui émanent de l’Ecole de Nancy.

En Allemagne, M. Berger (Breslauer Zeitzchrift, '1880) rapporte qu'une contracture hystérique des doigts a été guérie pendant l’état hypnotique.

Preyer (der Hypnolismus, Berlin, 1883) dit que son assistant, le Dr Creutzfield, a fait cesser au moyen de l’hypnotisme des douleurs névralgiques.

Le I)' Fischer (der sog. Magnetismus oder llypnolismus , Mainz, 1883) a vu un résultat semblable. Rieger (der Hypnotismus, léna, 1884) dit aussi en avoir retiré de très bons effets, notamment chez une jeune fille en état de contraction et d’excitation.

Le Dr Wiebe, auquel sont empruntées les citations qui précèdent, a dans le service du professeur Baumler, à Fribourg en Brisgau, quatre fois eu recours à l’hypnotisme, comme moyen thérapeutique; voici les résultats qu’il a obtenus (Berl. Klin. Wochenschr ., 1884, n° 3) :

Dans trois de ces cas, l’hypnotisme a amené une guérison prompte cl durable; dans le quatrième, l’elTel n'a pas été complet, mais cependant utile. Dans le premier cas, l’hypnotisme a guéri une anesthésie ; dans le second, une névralgie; dans le troisième, des convulsions cloniques ont été supprimées; enfin dans le quatrième, des convulsions également cloniques ont été amendées.

J’emprunte la relation de ces faits à une revue sur l’hypnotisme, insérée par le professeur L épine, dans la Revue mensuelle ( 1884, p. 82U).

Parmi les médecins qui ont appliqué l’hypnotisme à la thérapeutique, citons encore le professeur Achille de Giovanni ( Clinice medica délia Universüa di Padoioa ,

OBSERVATIONS

1882). Voici le résumé de ses observations emprunté à la Revue de médecine (1888) :

I. — Rachialgie persistante chez une malade affaiblie, de constitution nerveuse. Cette rachialgie avait été précédée d'une contracture des extrémités inférieures, guérie par le massage. Le sommeil se produisait facilement. Hypnotisme tous les jours pendant une semaine ; la rachialgie s'améliora, puis disparut. Amélioration simultanée de l étal normal.

II. — Femme, dix-huit ans. D’abord dermalgie très intense de la jambe avec rachialgie. Plus tard, vomissements persistants se produisant une ou deux fois par jour, et ne s'améliorant que passagèrement. On essaya F hypnotisation, à l'exclusion de tout autre traitement. Le sommeil se produisit d'abord difficilement ; après une série de séances, on vit les vomissements diminuer, puis disparaître. La guérison persista au moins un mois après la cessation du traitement.

III. — Femme, dix-lmit ans, atteinte de nervosisme, que l'auteur distingue de l'hystérie. Après une lièvre intermittente et un accès pernicieux (diagnostic que l’auteur met en doute) se développa de l’arthralgie avec contracture dans la jambe et le bras droit, sans lésion apparente. Cette contracture s’améliora, puis guérit par l'application de l’électricité sur les groupes musculaires homologues du côté opposé. Accès de lièvre sans cause connue. Hémianesthésie droite incomplète, glossalgie, paralysie, labio-glosso-pharyngé, une crise d'hystéro-épilepsie ; névralgie de l’épaule avec ecth vma, furoncles, engorgement ganglionnaire. jSes premiers essais d'hypnotisation n'amenèrent pas le sommeil, mais des tremblements dans les membres supérieurs et inférieurs; à la troisième séance, il y eut sommeil et pas de tremblement. A partir de ce moment, le malade s'améliora rapidement. En quinze jours, à une, deux, trois séances par jour, il y eut guérison.

IV. — Malade atteinte d'alopécie aréolaire. Déplus, grande faiblesse musculaire, douleur au genou, troubles nerveux certains. La malade fut hypnotisée, pour lui enleverun morceau de peau destiné à un examen microscopique. L’opéra-

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