K F K ET DE LA SUGGESTION SUR LA CONTRACTURE
pour lui, l’emphysème et l’oppression persistent. La poitrine est encombrée de râles ronflants, sibilants, muqueux, et il est à craindre qu'il ne succombe prochainement aux progrès de son affection pulmonaire.
Le 5 juin, le malade est encore au service ; la dyspnée emphysémateuse persiste ; ses aggravations sont combattues par les vésicatoires, les ventouses sèches et l’iodure de polassium. La guérison obtenue de l’hémianesthésie se maintient. Le côté gauche du corps et les organes des sens conservent leur sensibilité. Le tremblement est presque nul dans les deux membres.
La contracture musculaire seule a augmenté de nouveau depuis un mois ; la main gauche est déformée, les premières phalanges fléchies à angle obtus sur le métacarpe, les autres phalanges étendues, les doigts écartés; le malade arrive lentement et laborieusement à ouvrir la main complètement et à la fermer; on sent une résistance quand on veut soi-même l’ouvrir ou la fermer; le malade peut toutefois se servir de cette main, y tient, par exemple, facilement un verre et le porte à la bouche : la flexion et l’extension du coude se font aussi avec une certaine raideur. Quand le malade marche, on reconnaît qu'il traîne légèrement la jambe gauche ; on constate aussi une résistance, mais peu intense, dans les mouvements du genou ; le relèvement de la pointe du pied ne produit pas de trépidation; la percussion du tendon rotulien donne le phénomène du genou, assez accusé; la jambe gauche- décrit alors une trajectoire beaucoup plus grande que la jambe droite, si l’on percute comparativement son tendon rotulien.
En résumé, l'action curative de l'aimant sur l’hémianesthésie sensitivo-sensoriellc, sur le tremblement et la trépidation réflexe se maintient au bout de cinq mois. Seule, la contracture du membre supérieur, liée à la sclérose progressive du faisceau pyramidal, s'est reproduite. Les membres du côté droit fonctionnent normalement, sans contracture ni trépidation.
Le malade reste au service, à cause de son emphysème pulmonaire; l'état reste à peu près stationnaire; je laisse de côté son observation, qui n'a rien d’intéressant en ce qui nous concerne actuellement et j’arrive au 22 octobre 1882.
OBSERVATION
La contracture s'est reproduite dans le membre supérieur, surtout dans les fléchisseurs des doigts ; les premières phalanges sont fléchis sur le métacarpe, les autres phalanges en demi-flexion ; le malade ne peut plus ouvrir spontanément la main ; on peut l'ouvrir avec une certaine résistance, mais elle se referme de nouveau comme un ressort ; la contracture existe aussi à un moindre degré dans les mouvements du coude et de l'épaule. Dumont ne se sert plus de ce membre. La main droite fonctionne bien : il porte avec elle facilement un verre à la bouche, mais elle est animée de nouveau d’un léger tremblement <pii s’exagère un peu à mesure que le verre s’approche des lèvres, toutefois sans l'empêcher de boire, et sans qu'il en verse une goutte. Les articulations du membre inférieur sont aussi un peu raides. La sensibilité restaurée sc maintient. Depuis une quinzaine de jours, la marche est pénible, presque impossible; le malade se traîne avec peine pour franchir une petite distance. Les accès de dyspnée sont plus intenses ; râles muqueux et sibilants disséminés dans les deux poumons.
Les résultats que j avais vus chez M. Liébeault, ceux que j avais obtenus ce même jour chez un malade du service (voir Observation II), m'engagent à essayer l'hypnotisation. Je l 'endors par suggestion ; il tombe en sommeil au second degré. Je lui suggère que sa main est guérie, que les mouvements sont redevenus faciles, que le tremblement cesse dans la main droite et en même temps que sa dyspnée est moindre, qu’il respire mieux. Pendant son sommeil, je lui dis d ouvrir et de fermer la main; il l’ouvre et la ferme alternativement avec une certaine raideur; puis peu à peu la souplesse augmente et les mouvements de flexion et d’extension deviennent plus aisés. « Si seulement cela pouvait durer! » dit-il pendant son sommeil. Je lui affirme que cela durera : a son réveil, il sc rappelle tout ce que je lui ai dit; les mouvements restaurés se maintiennent; il ouvre et ferme la main avec la plus grande facilité. La main droite ne tremble presque plus pendant les mouvements; et la main gauche porte sans trembler un verre à la bouche. Au dynamomètre, l’aiguille donne pour la main gauche 36, pour la main droite 40.
•i octobre. — L'amélioration obtenue a persisté. Après la
«COGESTION, 3' ÉDIT.
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séance d’hier, le malade a marché facilement en se servant d'un bâton. La main droite ne tremble pas du tout ; la gauche conserve sa motilité. La force dynamométrique a augmenté ; elle est pour la main gauche 47, pour la main droite 50. — Nouvelle suggestion hypnotique. Cette fois-ci, le malade est en somnambulisme, sans souvenir au réveil. Le dynamomètre donne toujours 47 et 50. Ajoutons que Dumont aceuse moins d'oppression.
Le 4, même état. N’a presque pas eu d’oppression. A bien dormi ces deux nuits, tandis que les nuits précédentes étaient détestables.
Le a, même état. La main est. toujours déraidie. Reste une légère raideur dans l’épaule. A dormi de 6 heures à minuit ; n'a pas eu d’accès d’oppression. La poitrine a moins de sibilances. Le dynamomètre donne 38 de la main gauche. La jambe gauche offre une certaine raideur dans le genou et la hanche. Quand il marche, la jambe se tient presque raide, se fléchit à peine dans les jointures, et offre du tremblement; il ne peut se tenir sur cette jambe seule. Il fauche un peu en marchant. Réflexes tendineux du pied et du genou.
Suggestion hypnotique. — L’état du membre est à peu près le même au réveil ; les phénomènes du pied et du genou persistent.
6. — La raideur du membre inférieur semble avoir un peu diminué ; les réflexes tendineux persistent. 11 tient toujours la jambe raide en marchant. Il peut cependant se tenir sur cette jambe seule, en appuyant sa main sur le lit. ce qu’il ne pouvait faire auparavant. Pour la première fois, il a pu mâcher hier après midi sans canne. 11 a bien dormi, sans oppression.
Suggestion hypnotique : somnambulisme. Je suggère la décontracture complète du membre, la disparition du tremblement et de l’oppression. Pendant le sommeil, les réflexes tendineux du pied diminuent cl s’arrêtent , par ordre, après une dizaine de secousses. Au réveil, il peut se tenir sur lepied pendant une seconde sans s'appuyer et marcher sans canne. Les réflexes tendineux du pied persistent
Le 7, a bien dormi sans oppression. S’ést promené hier sans canne. La main et l’épaule sont déraidies. — Suggestion
FOYKHS hi: ItAMOM.ISSFM KNT
l.i}> réflexes tendineux sonl moindres, mais reparaissent par 1 action du Iroid. Il dit marcher mieux, mais les jambes sont encore raides, et les orteils un peu dans l'extension.