‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 193 sur 280 · ACTION DYNAMIQUE DE L’AIMANT · texte numérisé non relu

ACTION DYNAMIQUE DE L’AIMANT

miles par la moelle, ils continuent à se faire presque exclusivement par le mécanisme spinal, automatiquement en quelque sorte, sans que l’intervention consciente ou inconsciente de l’encéphale soit nécessaire. Mais il n’en est plus de même lorsque la moelle fonctionne anormalement, lorsque l’excitabilité anormale de sa substance grise ganglionnaire l’empêche de remplir avec régularité et précision ses fonctions excilo-motrices. Alors les mouvements deviennent désordonnés; des centres étrangers au mouvement intentionnel, excités par irradiation, ajoutent à ce dernier des mouvements musculaires étrangers au but; c’est du tremblement, c’est de la chorée.

Dans ces conditions, l’intervention du cerveau devient utile : il modère l'influence excito-motrice de la moelle, il régularise les mouvements que la moelle, abandonnée à ses propres forces, ne sait plus diriger convenablement; il corrige, au moins dans une certaine mesure, l’imperfection du mécanisme spinal ; il la corrige, à condition de pouvoir apprécier ce qui se passe dans les mou. vements musculaires. Quand ces notions lui font défaut, quand le sensorium ignore la position des membres, leur contraction ou leur relâchement, leur flexion et leur extension, quand les lils nerveux sont rompus, par lesquels les organes du mouvement l’instruisent à chaque instant de leur situation et de leurs besoins, alors le cerveau devient impuissant à remédier aux désordres de la motilité, et la moelle commande en maîtresse. Que le fil rompu soit renoué et le cerveau remis en rapport avec la périphérie cutanée et musculaire, il y mettra bon ordre et rétablira, dans la mesure du possible, l’harmonie musculaire compromise par les agissements de la moelle. Or, telle nous paraît être

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l'iiilluence thérapeutique de l'aimant. Restaurant le sens tactile et le sens musculaire, il permet au cerveau de corriger les aberrations de l'excitabilité spinale qui se traduisent par le tremblement, la trépidation réflexe, la chorée.

C'est par un mécanisme analogue à celui par lequel il parait modérer la trépidation réflexe et l’hémichorée, que l'aimanta pu modérer en même temps la rigidité des muscles. Les ganglions encéphaliques interviennent aussi pour modérer et corriger ce mode d'activité réflexe spinale exagérée qui transforme le tonus en contracture. Averti par 1rs nerfs centripète' musculaires du degrc de contraction musculaire, le cerveau régularise à notre insu cette contraction exagérée, la remet, dans la mesure du possible, à son taux normal et rétablit la tonicité musculaire physiologique.

Ainsi s’expliquerait, à la rigueur, par une seule et même vertu dynamique de la magnétothérapie, la vertu esthésiogène (suggestive ou non) restaurant la sensibilité tactile, articulaire et musculaire, l'efficacité simultanée de celte médication à l'égard de ces trois phénomènes, trémulation, trépidation réflexe, contractures po'l hémiplégiques, tous phénomènes spinaux, liés à une suraclnité fonctionnelle de I axi* gris excito-moteur réflexe de la moelle.

.Mai< la contracture s est reproduite chez notre malade, bien que la sensibilité restaurée soit maintenue. Ou conçoit, en effet, que l’irritation sans cesse transmise par les faisceaux pyramidaux aux centres moteurs spinaux puisse être telle que l'influence des centres encéphaliques, même aidée par les notions dues au sens musculaire, soit impuissante à la dominer.

Alors la suggestion est intervenue utilement; elle a

lu.

:m TROUBLES GIIAVKS D’ORIGINE SPINALE

pu par un phénomène d’inhibition d’origine psychique, agir spécialement sur la contracture et la trépidation réflexe, phénomènes simplement dynamiques dans notre cas el que l’état des organes ne rendait pas incurables.

Je ne saurais trop insister sur ce fait qui explique l’efficacité de la suggestion dans beaucoup de circonstances. Le trouble fonctionnel clans les maladies clés centres nerveux dépasse souvent le champ de la lésion anatomique ; celle-ci retentit par choc ou irritation dynamique sur les fonctions des zones voisines. Et c'est contre ce dynamisme modifié , indépendant d'une altération matérielle directe que la psycho-thérapeutique peut être toute-puissante. Elle reste inefficace, ou n’a qu’une efficacité passagère, restreinte, lorsque le I rouble fonctionnel est entretenu directement par la lésion. J'ai essayé souvent la suggestion contre les contractures tardives liées à la sclérose descendante ; on obtient quelquefois des résultats assez notables, mais éphémères; d’autres fois, on n’obtient rien. La suggestion. pas plus <pie l’aimant, ne restaure un organe détruit; elle restaure la fonction, en tant que celle-ci est compatible avec l’état anatomique de l’organe.

Ces considérations montrent quelle influence énorme le dynamisme fonctionnel joue dans les affections des centres nerveux; elles montrent par quel mécanisme, selon moi. la suggestion agissant par l'intermédiaire de l’organe psychique pour rétablir le dynamisme troublé, peut atténuer une série de perturbations graves et opiniâtres liées en réalité à une simple modalité fonctionnelle, bien qu’une lésion organique les ait déterminées à distance.

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