‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 239 sur 280 · PARÉSIES ET PARALYSIES DYNAMIQUES · texte numérisé non relu

PARÉSIES ET PARALYSIES DYNAMIQUES

Observation LXI. — Engourdissement avec faiblesse musculaire du membre supérieur gauche. — Amélioration notable en une seule séance.

J... (Joseph), dix-huit ans, serrurier, vient, à la consultation le lo février 1885. Il y a dix à douze jours, il a ressenti un engourdissement de la main gauche qui persiste depuis et l'empêche de travailler de cette main. Il peut la fermer, mais assez difficilement, il l’ouvre lentement ; il fléchit le bras et l’avant-hras avec une certaine raideur ; il accuse une sensation de caoutchouc dans les doigts; il n'arrive que difficilement il ramasser une feuille de papier; il n’y a d’ailleurs aucune douleur ni spontanée ni à la pression ; la sensibilité tactile est conservée ; de plus, vers le deltoïde, sensation de bourrelet pesant. — Dans le genou gauche existe une certaine gêne ; à la marche, le mouvement de flexion est plus brusque et imprime au pied une allure qui rappelle celle de l'ataxie.

Au dynamomètre, la main gauche donne lo à 10 ; la main droite 37.

Le malade est hypnotisé et arrive au sommeil profond. Après suggestion et réveil , le dynamomètre donne pour la main gauche 22, pour la main droite 32 ; il ramasse très bien une feuille de papier de la main gauche.

Une nouvelle hypnotisation est faite immédiatement après la première, avec nouvelle suggestion. Au réveil, la main gauche donne 2(i au dynamomètre, la main droite 31. J... ne sent plus qu’une légère raideur à la main; il marche un pou mieux.

J1 n’est plus revenu à la consultation.

PAR M.YSIFS DYNAMIQUES

Observation I.Xll. — Paraplcjie dynamique psychique datant

de deux mois. — Améliovution notable a près une séance.

Guérison complète en trois séances.

L... (Odile), âgée de soixante-sept ans, entre au service le 12 avril 1884 pour une pneumonie du lobe inférieur droit, datant de neuf jours qui a fait sa défervescence. La température fait encore quelques exacerbations le soir a :w>, jusqu’au 24 avril; puis elle se maintient définitivement apyrétique matin et soir. La toux et l’expectoration ont disparu, l'appétit est bon, toutes les fonctions semblent normales. La constitution est un peu débilitée par 1 âge et les privations; mais la maladie est terminée depuis longtemps et la convalescente reste toujours alitée.

Le S mai, je lui demande pourquoi elle ne se lève pas; elle me dit aiors qu’clle ne peut se tenir debout. 11 y a deux mois, ajoute-t-elle 'donc près d’un mois avant sa pneumonie), sa marche est devenue plus difficile, elle -e trainail péniblement et. depuis sa pneumonie, elle ne peut plus se tenir debout. Elle n’accuse ni fourmillements, ni engourdissement ; la sensibilité est parfaite, les réflexes tendineux sont normaux, les muscles ne sont pas atrophies. Dans son lit, elle fait tous les mouvements. Je la fais se lever; elle ne peut se tenir sans s’appuyer sur son lit, sinon ses jambes fléchissent et elle tombe. Comme antécédents, elle dit avoir eu des attaques d’épilepsie à l'âge adulte, assez fréquemment. Depuis deux ans, elle n’en a plus eu.

Je ne constate aucun signe de myélite, et je pense qu il s'agit d'un e faiblesse dynamique, que l'impressionnabilité de la malade a transformée eu paralysie psychique.

Séance tenante, le S mai, je l hypnotise et elle tombe en sommeil profond ; je lui suggère qu’elle peut marcher. A son réveil, elle se tient debout sans s'appuyer, pendant trois secondes, manifestant une tendance marquée au recul.

Le 9, après une seconde séance , elle se tient bien mieux debout et fait quelques pas, tout étonnée de pouvoir le faire.

Le U», après la troisième séance, elle marche à pus lents.

OBSERVATION

sans tomber , et sans présenter aucune tendance au recul. Quand elle se tient debout, elle écarte les jambes pour élargir sa base de sustentation.

Le tl, clic inarche toute la journée, sans appui, ce qu'elle n’avait pu faire depuis plus de deux mois.

Je l'hypnotise encore de temps en temps ; elle continue à bien marcher; le 24, elle monte et descend seule les escaliers.

Elle reste guérie.

Obskrvation LXI1I. — Douleurs de croissance et aaffiblissement musculaire des membres inférieurs. — Amélioration notable dès la première séance. — Guérison complète en cinq séances.

S... (Eugène), quinze ans et demi, garçon bien constitué, sans maladie antérieure, accuse depuis six mois une faiblesse dans les jambes, qui s’accompagne depuis trois semaines de douleur dans les jarrets, quand il marche et surtout quand il monte un escalier; il ressent alors comme un coup de canif dans les jarrets descendant dans les mollets et dans les rotules. Quand il marche sur un terrain peu uni, à chaque instant il fait des faux pas ; son pied tourne en dedans. Il ne peut courir. Il marche comme les marins, en ballottant; les locataires de sa maison, le voyant passer, lui disent : a Ou dirait que vous conduisez la charrue. »

11 ^vient me voir le 30 mai 1883. Je ne constate aucune lésion, aucun (rouble fonctionnel autre que la douleur dans les jarrets et la difficulté dans la démarche ; la force musculaire est normale. Je pense qu’il s’agit d’un trouble musculaire dynamique lié peut-être à la croissance. L’enfant dit avoir grandi d'une tête depuis six mois.

Je Vhypnolise : il arrive au troisième degré, le souvenir est conservé au réveil. Il n'a presque plus mal du tout en marchant et se tient beaucoup mieux.

31. — Il continue à aller mieux; il n’a fait que deux ou trois faux pas en descendant une côte ; il a pu marcher de une heure et demie à cinq heures, sans fatigue, tandis qu’ auparavant il était fatigué après un quart d'heure de marche ; il a encore delà douleur en montant les escaliers. — Deuxième séance ,

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