CHAPITRE II
La thérapeutique suggestive agit sur la fonction.— Rôle du dynamisme fonctionnel dans les maladies. — Dangers de l’hypnotisme. — Sommeil spontané. — Suggestibilité hypnotique exagérée. - La suggestion corrige ces inconvénients. — L’hypnotisation peut-elle porter atteinte aux facultés cérébrales? — Abus des hallucinations provoquées. — Hallucinabilité à l'état de veille. — Préceptes médicaux.
J’ai essayé par ces nombreuses observations de démontrer combien est vaste le champ de la psycho-thérapeutique suggestive. Ce n’est pas seulement dans l’hystérie, dans les névroses, dans les maladies nerveuses fonctionnelles pures qu’elle trouve son application. On a vu les résultats qu’elle peut donner dans les affections organiques du système nerveux, dans les rhumatismes articulaires chroniques, dans les affections stomacales, etc. J’ai cherché à expliquer (voir observations I et II) par quel mécanisme la suggestion peut agir utilement dans les cas de ce genre. 11 peut paraître puéril au premier abord de faire appel à l’imagination pour guérir ou améliorer les troubles fonctionnels liés à l’hémorrhagie cérébrale, au ramollissement, à une arthrite rhumatismale, à une myélite chronique. Bien des médecins hausseront les épaules et lèveront les bras au ciel pour protester contre de pareilles assertions! Qu’ils réfléchissent et qu’ils contrôlent avant de protester! Force leur sera de s’incliner devant l’évidence des faits !
MÉCANISME DF LA CUÉRISOV PAR SUCCESTION -.81
.le no prétends pas que la suggestion agisse directement sur l'organe malade, pour supprimer la congestion vasculaire, résoudre l'exsudât inflammatoire, restaurer les éléments du parenchyme détruit ou dégénéré, Quel e.'t l’agent de la matière médicale capable de susciter ce processus curatif direct ?Les maladies guérissent par leur évolution biologique naturelle, quand elles peuvent guérir. Nos moyens thérapeutiques ordinaires consistent à mettre l'organisme dans l. s meilleures conditions pour que la re&titutio ad inlegrum puisse s'opérer; nous supprimons la douleur, nous modifions la fonction, uous mettons l’organe au repos, nous calmons la lièvre, nous ralentissons le pouls, nous provoquons le sommeil, nous activons les secrétions et les excrétions, et ce faisant, nous permettons à la nature médicatrice, ou pour parler le langage moderne, nous permettons à l’activité des forces et propriétés inhérentes aux éléments biologiques d’accomplir son o*uvrc. Les agents thérapeutiques dont nou< déposons ne sont que des médications fonctionnelles. La suggestion aus>i est une médication fonctionnelle puissante.
Tous les organes, toutes les fonctions sont commandés par les centres nerveux. Chaque élément de l’organisme a pour ainsi dire son centre d’action aboutissant à l’encéphale. La sensibilité, le mouvement, la nutrition, les sécrétions, les excrétions, la calorification sont gouvernés ou du moins inlluencés par cet organisme central qui préside au mécanisme complexe de la physiologie animale. Cet organisme central peut intervenir utilement pour rétablir, dans la mesure du possible, le jeu des organes et fonctions troublés.
Je dis dans la mesure du possible. Voici un malade auquel une hémorrhagie cérébralea détruit, jesupposc,