‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 35 sur 280 · CHANGEMENTS DE PERSONNALITÉ · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DE PERSONNALITÉ

cher ù l’expliquer. Une personne se place devant la porte de sortie : il cherche en vain la serrure et, ne la trouvant pas, croit s'être trompé et va à une autre porte. Finalement, on le laisse sortir. Aussitôt hors de la chambre, il voit et reconnaît tout le monde qu'il rencontre sur son chemin.

Dans un article intéressant publié clans la Revue philosophique en mars 1883, M. Ch. Richet relate des observations de somnambules auxquels il a fait perdre le sentiment de leur personnalité en la transformant en une autre.

Chez Cl... rien de plus facile que de lui communiquer ces illusions relatives à lu personne. Je lui dis : « Tu as six ans, tu es un enfant, va jouer avec les gamins » : le voilà qui se lève, saule, fait le geste do sortir des chiques de sa poche, les aligne convenablement, mesure la distance avec la main, vise avec soin, court les remettre en série et continue ainsi indéfiniment son jeu avec une activité, une attention, une précision de détails surprenantes. Il joue de même à l'attrape, au saute-mouton, sautant successivement en augmentant chaque fois la distance, par-dessus un ou deux camarades imaginaires, avec une facilité dont il ne serait pas capable, vu sa maladie à l'état de veille.

Je lui dis : * Vous êtes une jeune fille. » Il baisse la tête modestement, ouvre un tiroir, en tire une serviette, fait semblant de coudre. Quand il en a assez, il va à une table sur laquelle il tapote, comme pour jouer du piano.

Je lui dis : « Vous êtes général à la tète de votre armée. » Il se redresse, s'écrie : « En avant! » Il balance son corps comme s’il était à cheval.

Je lui dis : « Vous êtes un brave et saint curé. » 11 prend un air illuminé, regarde le ciel, marche en long et en large, lisant son bréviaire, faisant le signe de la croix, le tout avec un sérieux et une apparence de réalité qui défie toute idée de simulation.

Je le transforme en animal : * Vous êtes un chien. » Il se met à quatre pattes, aboie, fait mine de mordre et ne quitte

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