ANESTHÉSIE SUGGESTIVE A L’ÉTAT DE VEILLE
« Votre côté gauche est insensible; » si alors je pique avec une épingle le bras gauche, si j’introduis celle-ci dans sa narine, si je touche sa muqueuse oculaire, si je chatouille son pharynx, il ne sourcille pas; l’autre côté réagit. Je transfère l'anesthésie de gauche à droite; je produis l’anesthésie totale, je la produis si profonde, qu’un jour mon chef de clinique lui a enlevé cinq racinesdentairesforteinent enclavées, torturantles alvéoles pendant plus de dix minutes. Je lui disais simplement: t Vous ne sentez absolument rien. » 11 crachait son sang en riant, ne manifestant pas la moindre impression douloureuse.
Ce sujet reçoit d’ailleurs toutes les suggestions, sans être endormi. Il marche. Je lui dis : « Vous ne pouvez plus avancer; » il reste cloué sur place. Je lui dis : « Faites tous vos efforts pour avancer, vous ne pouvez pas; > il incline son corps en avant, mais ne parvient pas à détacher les pieds «lu sol. Je provoque chez lui toutes les attitudes, toutes les contractures que je veux et qu’il garde indéfiniment. Il subit toutes les hallucinations suggérées; je lui dis : « Allez à votre lit, vous v trouverez un panier de fraises. » Il y va, trouve le panier imaginaire, le tient par l’anse, mange les fraises absolument comme nous l'avons vu faire après hypnotisation.
G... (Théophile) est un jeune garçon, âgé de quatorze ans, entré au service pour une néphrite catarrhale dont il a guéri rapidement. C’est un garçon lymphatique, intelligent, ayant une bonne instruction primaire, ne présentant d'ailleurs aucun trouble nerveux. Je l'ai endormi quatre ou cinq fois; il entre en somnambulisme, accomplit tous les actes suggérés pendant le sommeil,