DU TRANSFERT PAR SUGGESTION
A tous les degrés de l'hypnotisation. je le répète, le sujet reste conscient, et nous avons observé des milliers do cas à Nancy.
Si chez les douze seuls sujets sur lesquels en l'espace de dix ans on a observé les phénomènes de ce qu'on appelle le grand hypnotisme, pour le distinguer de ce qu'on appelle le petit hypnotisme de Nancy , si chez ces sujets on a observé pendant l’état dit léthargique, une inconscience apparente, j'ai la conviction que ce n’était qu’une apparence ; le sujet, élevé inconsciemment dans cette suggestion, ne pouvait réagirdans cet état, parce qu'il croyait ne pouvoir réagir, parce que Vidée s était introduite dans son cerveau que. tant qu'on n'avait pas fait sur lui la manipulation nécessaire, il ne pouvait sortir de cet état, il ne pouvait accepter aucune suggestion. Rien de plus facile que de créer artiliciellement un état analogue chez tout somnambule.
Cela posé, j'ai essayé de reproduire les expériences de MM. Féré et Binet, j’ai essayé un très grand nombre «le fois sur un très grand nombre de sujets, eu présence de plusieurs de mes collègues parmi lesquels MM. Beaunis et Charpentier, et nous n’avons jamais réussi alors que l’a suggestion n’était pas enjeu.
Voici, par exemple, une expérience que j’ai faite avec M. Beaunis : Nous endormons une infirmière du service susceptible d’entrer en somnambulisme qui n’avait jamais assisté ni comme témoin, ni comme actrice, au genre d'expérimentation que je voulais faire sur elle. Je mets le membre supérieur gauche en catalepsie, horizontalement, le pouce et l’index étendus, les autres doigts en flexion; le bras droit reste en résolution.
J’applique contre lui un aimant que je laisse pendant huit minutes; aucun phénomène ne se produit.