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THÉORIES ALLEMANDES

de la conscience sur une seule ide'e ; l’excitation intellectuelle, l’acuité exagérée des sens, la vivacité de l’imagination, seraient dues à ce que toute l’activité psychique, au lieu d’être disséminée sur un grand domaine, se concentre sur un petit nombre de points1. Vue théorique déjà émise en France, comme nous l’avons vu, par Durand, de Gros, et Liébeault. Berger, de Breslau, pense aussi que la concentration de tout l’être pensant sur une seule idée, donne lieu à une inertie de la volonté qui constitue le fond de l’état hypnotique; la rigidité cataleptiforme serait un phénomène concomitant dû à ce que l’excitation psychologique se propage aux centres excito-moteurs île l’encéphale.

Ilcidenhain, de Breslau, émettant une vue analogue, admet que l’excitation faible et continue des nerfs sensoriels, acoustique ou optique, détermine unesuspension d’activité des cellules de l’écorce cérébrale : à cela s’ajoute une excitation des centres réflexes moteurs sousjacents à l’écorce, soit parce que celle-ci étant paralysée, son action modératrice des réflexes fait défaut, soit parce que, en raison de cette même paralysie, toute excitation centripète transmise à l’encéphale se propage dans un domaine nerveux plus circonscrit et agit par cela même plus efficacement sur ce domaine excitomoteur.

M. Espinas, professeur à la faculté des lettres de Bordeaux, développe des vues psychologiques analogues. Etudiant surtout le sommeil chez les hystériques, il admet chez ces sujets un état d’équilibre instable du système nerveux et un prompt épuisement consécutif

4 Schneider. Diepsych. f'rsnche (1er hypnot. Erschein. Leipzig.

DOCTRINE DE I'ROSPER DESDINE

des centres supérieurs sous l’action des sensations prolongées ou déprimantes1.

Signalons, pour terminer cet aperçu historique, la doctrine du I)1 Prosper Despine*, de Marseille, qui a publié une étude scientifique des plus intéressantes sur le somnambulisme. Il existe, dit l’auteur, une activité cérébrale automatique qui se manifeste sans le concours du moi; car tous les centres nerveux possèdent par les lois qui régissent leur activité un pouvoir intelligent, sans aucun moi, sans personnalité. Les facultés psychiques peuvent, dans certains cas cérébraux patholologiques, se manifester en l’absence du moi.de l’esprit, de la conscience, et produire des actes semblables a ceux qui normalement sont manifestés parl’initiativedu moi : c’est l’activité cérébrale automatique. Celle, au contraire, qui manifeste le moi, est I activité cérébrale consciente. Pans létal normal, ces deux activités sont intimement liées entre elles, elles n’en font qu’une et se manifestent toujours conjointement: dans certains états nerveux pathologiques, elles peuvent se séparer et agir isolément.

Le somnambulisme est caractérisé, physiologiquement, par 1 exercice île l’activité automatique seule du cerveau pendant la paralysie de son activité consciente. L ignorance, par le somnambule, de tout ce qu’il a fait en somnambulisme ne vient donc pas de l’oubli, mais de la non-participation du moi à ses actes. Nous verrons dans le chapitre suivant si celte opinion est fondée.

Admettant la doctrine (hypothétique !) de Luvs que

1 Ksi’inas. /ht sommeil jivovot/ué chez les hystériques , Essai dVxplicalion psychologique île ses causes et de ses effets. — Bulletin île lu .'société d'ant/iro/joloyic tie Bordeaux, t. I, 1881.

5 P. Desimne.

L tuile scientifique sur le somnambulisme, Paiis.

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