CONSCIENCE DES IMPRESSIONS HYPNOTIQUES
sujet est convaincu que rien, rien ne s’est passé. Une seconde après, tout est rallumé, le sujet se rappelle; et on peut ainsi, par un procédé des plus simples du monde, faire alterner ces deux états de conscience, reproduire artificiellement cette double vie que manifestait spontanément la fameuse Fétida observée par Azam ! Il faut avoir vu ces phénomènes psychiques singuliers pour en saisir toute la portée. Et on ne peut s’empêcher de penser alors que pareil phénomène se produit spontanément chez les somnambules et à leur insu; les somnambules passent facilement d'un état de conscience à l’autre, les souvenirs du second étant effacés dans le premier. Déposez une idée dans leur cerveau pendant l’état dit de somnambulisme, idée qui doit se manifester à un jour déterminé. Pendant l’état dit de veille, I idée semble éteinte; mais elle ne reste pas latente jusqu’au jour de l’échéance. Elle renaît et redevient consciente, chaque fois que la même concentration nerveuse, chaque fois que le même état psychique se reproduit; il suffit que leur attention se replie sur elle-même, que le cerveau s’absorbe sur une idée ou sur une image, pour qu’une sorte de somnambulisme passif se réalise chez eux, passif par cela seul qu’on ne le fait pas sortir de sa passivité. Et cela est si vrai que beaucoup de somnambules sont suggestibles à l’état de veille; toute idée formulée, toute image évoquée est réalisée par eux à l’état de veille, ils sont hallucinables par la simple parole; ils sont somnambules normalement et sans artifice de préparation, pour ainsi dire.
L’opérateur ne peut faire autre chose que d’exploiter cet étal de réceptivité psychique spéciale.
Il y a donc lieu de penser que le somnambule entre souvent spontanément dans l’état de conscience somnambulique, dans lequel les impressions déposées dans un môme état antérieur peuvent se réveiller. Il se souvient alors de l’ordre reçu, de la suggestion commandée ; il sait que tel phénomène doit s’accomplir tel jour ; il prend ses étapes, si je puis dire ; il se confirme dans son idée
lu.