HYPNOTISATION DE SUJETS SAINS
profond et lui provoquer des hallucinations hypnotiques ou posthypnotiques, j’expose, il me semble, un fait bien défini, bien caractérisé; j’aurais pu fournir plus de détails, décrire l’étal de ses articulations, retracer toute l'évolution de son rhumatisme, interroger ses antécédents héréditaires; j'aurais surchargé de détails inutiles au but proposé le fait que je voulais signaler; j'ai dit tout ce que je devais dire.
Je relate le fait « d'un homme très intelligent, nullement nerveux, d’une position sociale élevée», bien portant, auquel j’ai suggéré avec succès pendant lesommeil une hallucination olfactive posthypnotique; je raconte des phénomènes de suggestion à l’état de veille et de sommeil produits sur un jeune garçon âgé de quatorze ans, atteint de néphrite catarrhale en voie de guérison, «lymphatique, intelligent, ayant une bonne instruction primaire, d’ailleurs ne présentant aucun trouble nerveux »; j'aurais pu relater cent faits pareils. Tout cela pour vous est vague et peu lumineux ! Vous me ferez cependant l’honneur de croire que je suis apte à discerner les perturbations nerveuses de l’organisme et que j’ai assez de sang-froid scientifique pour ne pas me laisser aller à transiger avec la vérité.
Sans doute nous avons tous un système nerveux, nous avons tous une certaine impressionnabilité nerveuse. La suggestion hypnotique, pour agir sur l’être psychique, exige une certaine disposition, une certaine réceptivité cérébrale : il faut que le sujet sache se concentrer et se pénétrer pour ainsi dire de l’idée du sommeil. Mais cette disposition spéciale, que beaucoup possèdent à un certain degré, n’est nullement l’apanage exclusif de la névropathie et de l’hystérie. Il est vrai de dire qu’elle est souvent très accentuée chez les hystériques; un rien quelquefois les met en somnambulisme. Cela est toutefois loin d’être constant. Il est des hystériques, comme vous le dites, difficilement hypnotisables; parmi les névropathes, il en est aussi de réfractaires; les aliénés, les mélancoliques, les hypochondriaques, les personnes à imagination mobile et qui ne savent pas fixer leur at-