PSYCHO-THÉRAPEUTIQUE HYPNOTIQUE
trouva an terrain mieux préparé, une réceptivité psychique plus développée; l’action psycho-thérapeutique fut persistante.
En relatant ces observations de guérisons authentiques obtenues à Lourdes, en essayant au nom de la science, de les dépouiller de leur caractère miraculeux, en comparant, à ce point de vue seul, la suggestion religieuse avec la suggestion hypnotique, je n’entends niattaquer la foi religieuse, ni blesser le sentiment religieux. Toutesces observations ont été recueillies avec sincérité et contrôlées par des hommes honorables. Les faits existent; l’interprétation est erronée. Les convictions religieuses sont profondément respectables, et la vraie religion est au-dessus des erreurs humaines.
J’aborde maintenant l’étude de la suggestion thérapeutique. Si, à l’état de veille, les violentes émotions morales, la foi religieuse vive, tout ce qui frappe l'imagination peut dissiper des troubles fonctionnels et réaliser des guérisons, il faut dire toutefois que la thérapeutique active ne lire pas souvent parti de cette donnée d’observation. Beaucoup d’imaginations sont, à l’état de veille, réfractaires au choc suggestif des émotions morales. La crédivité est modérée par les facultés supérieures de l’entendement. L’hypnotisme, comme le sommeil naturel, exalte l’imagination et rend le cerveau plus accessible à la suggestion : les esprits les plus forts ne peuvent échapper aux suggestions hallucinatoires de leurs rêves. C'est une loi physiologique, que le sommeil met le cerveau dans un étal psychique tel que l'imagination accepte et reconnaît comme réelles les impressions qui lui sont transmises. Provoquer par /' hypnotisme eel état psychique spécial et exploiter rions un but de guérison ou de soulagement la suggestibilité ainsi artificiellement exaltée, tel est le rôle de la psycho-thérapeutique hypnotique.
Le cerveau, influencé parla suggestion, tend à réaliser, dans la mesure du possible et avec une énergie, variable
INHIBITION ET DYNAMOGÉSIE
suivant les individualités, les phénomènes commandés; docile, chez quelques-uns déjà à l’état de veille, il le devient chez presque tous, alors qu’un étal hypnotique ou analogue à l'état hypnotique a endormi ou engourdi les facultés de raison, de jugement, de contrôle qui modèrent et refrènent l’automatisme cérébral. Alors le cerveau impressionné plus eflicaeement par l’ordre formulé, accepte l’idée et la transforme en acte. Nous avons vu la suggestion hypnotique faire de la paralysie, de la contracture de l’anesthésie, des douleurs, de la toux, des nausées, etc.; nous avons vu ces effets dynamiques de la suggestion persister au réveil, ou se produire seulement au réveil (suggestion post-hypnotique). Le cerveau refuse de percevoir les impressions centripètes de sensibilité tactile, viscérale ou sensorielle; il refuse de mettre en activité les cellules motrices de la moelle qui font les mouvements; delà, paralysie motrice, anesthésie, cécité, surdité psychiques, ce sont là des phénomènes d'inhibition. Ou bien au contraire il perçoit avec plus d'intensité les impressions centripètes; il envoie aux cellules motrices un supplément d’activité; de là, hyperesthésie sensitive et sensorielle, travail musculaire plus énergique, ou contracture : ce sont des phénomènes de dynamogénie. D’autres procédés psychiques (émotions morales) ou expérimentaux (expériences de Brown-Séquard) peuvent mettre en jeu le mécanisme cérébral de l’inhibition et de la dynamogénie; telle la paralysie ou l’impossibilité de parler produite par la frayeur {vox faucibus hæsit), tel le décuplement des forces par la colère ou une excitation insolite.
L’observation ayant ainsi démontré ce que la simple suggestion hypnotique peut réaliser dans l’état de santé, il était naturel d’appliquer ces données à l'état pathologique et d’utiliser l’activité nerveuse concentrée par la suggestion à neutraliser des phénomènes morbides. Il était naturel de se dire : Si l’on peut chez un sujet hypnotisé produire à volonté de l’anesthésie, de la contracture, des mouvements, de la douleur, il doit être possible aussi chez quelques-uns par un mécanisme analogue, de