MANIPULATIONS DE BRAID
« Que j’aie eu tort ou raison, ajoute l'auteur, dans mes vues théoriques, on ne peut mettre en doute que dans de nombreux cas, je n’aie réussi dans 1 application de l’hypnotisme en tant qu’agent curatif, et les résultats heureux des opérations ont été si immédiats et si nets qu’on ne saurait méconnaître la relation de cause à effet. Toutefois il me semble démontré que le succès dépend en grande partie de l’impression produite par la modification dans la circulation ».
Braid relate une soixantaine de faits de guérison ou d’amélioration obtenue par son procédé. Si les faits restent, ses vues théoriques sont certainement erronées. Je n’ai pu confirmer l’exactitude de ses assertions relatives aux modifications de l’activité cardiaque produites par la catalepsie. Fussent-elles exactes d’ailleurs, ces modifications ne suffiraient pas à expliquer des guérisons aussi rapides que celles qui furent observées.
11 est assez singulier qu’après avoir si bien établi que la source de tous les phénomènes hypnotiques est dan; l’imagination du sujet, que tous ces phénomènes sont purement psychiques, Braid n ait pas songé à expliquer par cette même influence psychique les effets curatifs obtenus. L'initiateur de la doctrine suggestive, Braid. oubliant son idée directrice, a fait encore, comme tous
ses prédécesseurs, comme beaucoup de ses successeurs le font encore actuellement, de la suggestion sans le savoir. Ses malades savaient qu ils étaient hypnotisés dans un but curatif; ils conservaient cette idée pendant leur sommeil; les manipulations faites sur eux, ils savaient qu’elles les devaient délivrer de leurs maux ; la suggestion thérapeutique se faisait dans le cerveau.
Braid ne paraît pu s avoir eu de successeurs dans son pays. En France, le Dr Gharpignon est un de ceux qui ont le mieux étudié 1 influence de la foi et de la suggestion dans l’état hypnotique. Mais à côté de 1 influence morale, il croit à- une influence magnétique lluidique qui tend à rétablir l’harmonie détruite.
Il faut arriver en réalité jusqu’en 1860 pour trouver la doctrine de la suggestion entièrement dégagée de