‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 169 sur 265 · APERÇU DE THÉRAPEUTIQUE SUGGESTIVE · texte numérisé non relu

APERÇU DE THÉRAPEUTIQUE SUGGESTIVE

de constrietion douloureuse transversale à l’épigastre dans une étendue de dix centimètres et dans la région correspondante du dos. Cette sensation est continue et augmente quand il a travaillé pendant quelques heures. Depuis six mois, il ne peut dormir qu’en serrant l’épigastre avec sa main. Je l’hypnotise. Dans un premier essai, je ne produis qu’un simple engourdissement ; il se réveille spontanément; la douleur subsiste. Je l’hypnotise une seconde fois, en lui disant qu"il dort plus profondément et qu’il ne se souviendra de rien au réveil. 11 n a pas de catalepsie. Après quelques minutes, je le réveille ; il ne se rappelle pas que je lui ai parlé, que j’ai aftirmé la disparition de la douleur. Celle-ci a complètement disparu ; il ne sent plus sa constrietion. Je ne sais si elle a reparu.

C’est ensuite un ouvrier de cinquante ans, qui a déjà été plusieurs fois au service; son observation sera relatée plus loin. Il a depuis plusieurs jours une névrite cubitale, caractérisée par les trois derniers doigts de la main contracturés en flexion ; une anesthésie complète dans toute la sphère du cubital, des élancements douloureux sur le trajet du nerf, la gouttière olécranienne douloureuse. Je l’hypnolise; il tombe dans quelques secondes en résolution complète : catalepsie suggestive, somnambulisme. Je suggéré à diverses reprises la décontracture de la main, le retour de la sensibilité, la cessation des douleurs. J’explore l’avant-bras avec une épingle; je dis : « Vous allez sentir ! » En quelques minutes, la sensibilité est revenue, les doigts se délléchissent. A son réveil, tous les phénomènes de névrite ont disparu.

Cesexemples se rapportent à des observations réelles. Quelque singuliers que soient ces faits, ils sont.

Les phénomènes morbides ne cèdent pas toujours à une première séance. Quelquefois la douleur persiste ou est simplement atténuée; elle peut disparaître graduellement, après deux ou plusieurs séances. D’autres lois, atténuée au réveil, elle continue à s’atténuer et à s’éteindre, sans nouvelle hypnotisation. Sinon, une nou-

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velle suggestion peut réussir, surtout si le sommeil arrive à un degré plus profond. La douleur momentanément abolie peut renaître après quelques heures, ou plus tard et ne céder définitivement qu’après un nombre variable d’hypnotisations. Enfin, certains troubles seulement parmi ceux ressentis par le malade peuvent s’effacer, les autres résistent. On conçoit que l'effet obtenu est subordonné et à la suggestibilité du sujet et à la cause organique qui détermine le symptôme.

Les douleurs musculaires, les points douloureux de phtisiques, l’anesthésie des hystériques, quelquefois le douleurs fulgurantes des ataxiques, certaines contractures dynamiques liées même à des affections organiques des centres nerveux, certains mouvements qui survivent a la chorée, l’incontinence nocturne d’urine chez les enfants, etc., disparaissent souvent comme par enchantement par une seule suggestion ou par un petit nombre de suggestions.

Il n’est pas toujours nécessaire que le sommeil soit profond pour qu’une action rapide se manifeste; un simple engourdissement suffit chez quelques-uns; certains sujets sont suggestibles à l’état de veille. Un de mes malades, par exemple, dont je relaterai l'histoire en détail, avait conservé d'une ancienne hémiplégie une contracture en flexion de la main; depuis un an, il ne pouvait la tenir ouverte ; grand priseur, il ne pouvait se servir de celte main pour priser. Je l’endors et je lui suggère que la main est déraidie, qu'il peut l'ouvrir et la fermer. Il fait des essais pendant son sommeil, et arrive facilement à étendre et à fléchir ses doigts. « Si seulement cela pouvait durer », dit-il. J'affirme que cela durera. Et en effet, au réveil, la raideur avait disparu. 11 se rappelait tout ce que je lui avais dit, tout ce qu il avait fait pendant le sommeil; il ne pensait pas avoir dormi. Cependant, à une nouvelle séance, le lendemain, je le mis en sommeil profond; il était somnam- Imle, sans souvenir au réveil, éminemment suggestible.

Lu général, 1 action est plus rapide et plus complète

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