SENSIBILITÉ DANS LE SOMMEIL
remuent les mains, changent de position ; d'autres, au contraire, restent sans mouvement.
La sensibilité, dans ses divers modes, est plus ou moins modifiée. Dans le sommeil léger, elle est conservée ; un chatouillement, une piqûre d’épingle, l'attouchement d'une région douloureuse , déterminent des réflexes et provoquent le réveil.
Dans le sommeil profond, la sensibilité est atténuée ou totalement anéantie; d’après M. Liébeault, elle commence à disparaître aux extrémités et c’est toujours la périphérie du corps qui est le plus anesthésiée. « En poussant l’examen plus avant sur les organes des sensations, on s’aperçoit que ce sont les deux sens fermés, la vue et le goût, qui deviennent obtus les premiers, vient ensuite l’odorat ; l’ouïe et le tact s'amortissent en dernier lieu. Quand on emploie les procédés des hypnotiseurs (fixation d’un objet, doigts ou yeux de l'opérateur), les yeux sont les sens qui perdent leur propriété après tous les autres, parce que , par l’attention à laquelle les endormeurs les condamnent, ces organes sont forcés de veiller les derniers. »
L’anesthésie est-elle complète, on peut traverser la peau de part en part avec une épingle, on l’électrise, on enfonce des corps étrangers dans les narines, on les expose aux émanations d’ammoniaque, les sujets ne sourcillent pas. Cette anesthésie totale peut se développer spontanément par le fait seul de l’hypnose.
Chez d'autres sujets, elle n’existe pas spontanément, maison peut la développer plusou moins complètement par suggestion. Voici un sujet hypnotisé : je le pique avec une épingle, il réagit vivement ; je débouche un flacon d’ammoniaque devant son nez, il contracte ses narines et manifeste l’impression perçue. Alors, je lui dis : « Vous ne sentez plus rien; tout votre corps est insensible; je vous pique, vous ne le sentez pas; je mets de i ammoniaque devant votre nez, vous ne percevez absolument rien. » Chez beaucoup, l’anesthésie survient ainsi par suggestion. Quelquefois, l’anesthésie cutanée s’obtient seule à un certain degré, tandis que les mu-