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Même état ce matin. Céphalalgie intense hier soir

3, — La vue, l’ouïe et l’odorat semblent améliorés. Douleur persistante vers l’épaule gauche. La malade accuse des tiraillements d’estomac avec sensation de faim, des nausées et de la salivation. L’attouchement à la face n’est perçu que sur la commissure externe de la bouche et de l’œil, la piqûre d’épingle n’est sentie un peu que sur le front et la joue. Les membres restent anesthésiés. La pression est légèrement sentie. La paralysie persiste; les mouvements imprimés au bras sont douloureux. Elle a eu pendant la nuit des nausées et des bouffées de chaleur.

L'aimant a été appliqué pendant trois jours sur la tempe ; le champ visuel s’est étendu notablement à gauche. Voici les diamètres pris ce matin au périmètre :

Œil gauche : Diamètre, 40 ; horizontal gauche, 55 ; inférieur, 55 ; horizontal droit, 45.

Œil droit : Diamètre, 40 ; horizontal gauche, 50 ; inférieur, 55 ; horizontal droit, 52.

Le champ des couleurs est encore rétréci pour le rouge et le vert ; pour ce dernier plus que pour le rouge.

Ainsi 1 aimant a modifié formellement l’anesthésie sensorielle. Quant à l 'anesthésie sensitive, elle est restée la même. Point de sensation, sauf à une pression assez forte; celle-ci n’est douloureuse qu’au niveau de la région ovarique, de 1 épaule et du pli du coude. Le sens musculaire reste aboli. L’hémipléï-'ie est restée totale, sauf la face.

J’endors la malade : elle arrive facilement au somnambulisme. Suggestion prolongée. De toutes les suggestions faites, une seule réussit : c est le retour de la sensibilité à la main ] les mouvements des doigts restent impossibles.

OBSERVATION

Le soir à six heures, mon chef de clinique, M. Ganzinottv, endort de nouveau la malade par fixation de la pupille droite. En moins d'une minute, elle dort profondément :elie ne répond pas d’abord aux questions qui lui sont faites. En insistant, elle répond faiblement, presqu à voix basse. Elle reste endormie pendant une demi-heure. M. Ganzinotty fait une série de suggestions répétées, rabâchées, pour ainsi dire, pour solliciter des mouvements dans le bras paralysé. Pendant un quart d'heure rien n'y fait. Mais, à un moment, la malade peut par suggestion garder son bras élevé au-dessus du lit pendant quelques secondes, mais il retombe toujours inerte, flasque. Enfin, après une série fastidieuse de suggestions sempiternellement les mêmes, les doigts remuent, la main peut être élevée lentement de 10 centimètres au-dessus du lit et être portée du côté gauche vers I ombilic. La malade accuse son impuissance de faire plus : si on veut lui faire porLer la main à sa bouche, on n’v arrive qu’en soutenant la main à chaque effort fait par la malade, pour l'empêcher de retomber, enfin, elle est portée à la bouche ; on 1 abandonne, elle retombe. Mais les mouvements persistent dans les doigts et la flexion de 1 avant-bras sur le bras est possible. L élévation du bras est impossible et la malade se plaint d’avoir mal au bord externe des biceps.

Au réveil, la malade semble sortir d’un rêve, est étonnée de se trouver à l’hôpital : puis la mémoire lui revient; mais elle dit n avoir rien entendu et rien dit; elle croit sortir d’un profond sommeil.

Au bout de quelques minutes, on fait exécuter le même mouvement et la malade remue les doigts, déplace la main, fléchit l'avant-bras sur le bras, ce qu'elle était incapable de faire avant.

Mais elle dit avoir mal dans le coude et l’épaule; de plus, il existe un état nauséeux avec point à la région précordiale.

M. Ganzinotty l'endort une seconde fois en lui faisant fixer sa pupille droite. Même suggestion : on obtient des mouvements plus étendus, plus précis; la malade peut porter sa main jusque sur sa tête. Puis, si on cesse la suggestion, le bras retombe inerte. Au réveil, même étonnement : disparition des malaises et de la douleur, persistance d'une pesanteur dans l'épaule et le bras gauches.

La malade peut exécuter, éveillée, les mouvements qu'elle a exécutés pendant son sommeil. Il y a donc restitution partielle

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