‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 21 sur 265 · CONTRACTURE SUGGESTIVE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE SUGGESTIVE

le malade n'a pas assez d'initiative intellectuelle pour les en sortir; à la longue seulement, la fatigue les fait tomber. Cet état cataleptiforme des membres supérieurs persista pendant («rois jours, jusqu’à ce que les accidents ultimes d’adynamie cardiaque se manifestèrent.

Jamais 1 état cataleptique ne s’observe, ni dans la fièvre typhoïde, ni dans d’autres états morbides, sans être accompagné de cette inertie psychique spéciale qui la commande. La catalepsie artificielle, comme aussi, je crois, la catalepsie spontanée, me paraît être essentiellement d’ordre psychique.

Les phénomènes suivants sont du même ordre :

Je prends, par exemple un pouce de l'hypnotisé, je 1 applique sur son nez ; je mets le pouce de l’autre main contre le petit doigt de la première, de manière à figurer le pied de nez; l’hypnotisé la maintient et sa physionomie i-este impassible. Si j e lui dis : « Le pouce est collé, vous ne pouvez 1 enlever du nez, le petit doigt est collé contre 1 autre pouce. Faites tout votre possible pour les décoller; vous n'arriverez pas », si je lui dis cela, il s épuise en efforts infructueux, le pouce reste incrusté sur le nez, le nez le suit partout et ne peut s’en détacher. Cette expérience réussit chez la plupart des sujets arrivés au second et au troisième degré du sommeil.

Je lui ferme une main, et je dis : « Vous ne pouvez plus 1 ouvrir. » Elle reste contracturée, quelquefois à tel point qu on ne peut plus l’ouvrir. Plus on insiste, plus on accentue 1 injonction : « Votre main est fermée, personne ne peut plus 1 ouvrir », plus le sujet la contracte avec force en flexion et résiste aux efforts faits pour l’ouvrir.

Si, au contraire, je l’ouvre et que je la maintienne ouverte pendant quelques instants, si le sujet comprend que cet acte veut dire que la main doit rester ouverte, il la contracte spontanément en extension et résiste aux e torts faits pour la fermer. On peut tétaniser les muscles , , .niacfioire, produire le trismus, maintenir les mâchoires écartées, on peut faire un torticolis, un opis-

MOUVEMEN rS AUTOMATIQUES

thotonos, un pleurosthotonos. Que les yeux soient ouverts ou fermés, que l’on fasse ou non des frictions sur les muscles à contracter, le phénomène se produit par le seul effet de la suggestion, c’est-à-dire de l’idée du phénomène introduite par la parole ou un geste compris dans le cerveau de l’individu.

Je n’ai jamais réussi, dans l’hypnotisme obtenu par ce procédé, à provoquer par la pression exercée sur un nerf, sans rien dire au sujet ni devant le sujet, la contraction des muscles innervés par ce nerf, par exemple la griffe cubitale ou radiale, la contorsion de la face, etc.

La production des mouvements automatiques semble exiger un degré d’hypnotisation plus profonde que celle de la catalepsie simple. Chez beaucoup, cependant, on arrive à les produire, soit à la première séance, soit à l’une des suivantes. On lève les deux bras horizonialement, on les tourne l’un autour de l’autre; le sujet continue à les tourner spontanément, ou après injonction ; les uns tournent lentement, avec une certaine hésitation trahissant un effort infructueux pour les arrêter; les autres, dormeurs plus profonds, tournent vite, régulièrement, automatiquement. Je dis : « Faites tous vos efforts pour les arrêter. » Les uns ne peuvent faire aucun effort, les autres s’escriment inutilement, rapprochant les mains, les frottant l’une contre l’autre, incapables d’enrayer ce mouvement perpétuel irrésistible, supérieur à ce qui leur reste de volonté on de force de résistance. Si j’arrête unedes mains, l’autre peut continuer à tourner seule; si alors je lâche de nouveau la main arrêtée, ou bien elle reste en place, le su jet croyant que mon intention est de l’arrêter, ou bien, chez d’autres, la main retourne comme un ressort à côté de sa congénère et se remet à tourner de plus belle. On peut provoquer de même, mais bien plus rarement, le mouvement automatique des jambes.

Chez quelques dormeurs profonds, ces mouvements automatiques ont lieu par imitation. Je me place devant l’un d’eux : je tourne mes bras l’un autour de l’autre, le

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