SECOUSSES CHORÉIQUES GUÉRIES PAR SUGGESTION
identiques à celles que présente une autre jeune fille qui habite la même maison et vient avec elle.
Au mois de juin dernier, elle fut à peu près débarrassée pendant huit jours, conservant cependant encore le soir des mouvements dans les bras et les jambes. Depuis, ces secousses ne l’ont plus quittée, plus ou moins fortes; depuis quatre semaines elles prédominent dans les bras. Quelquelois ces mouvements choréiques se généralisent; il va une quinzaine de jours elle a eu des mouvements désordonnés dans les yeux et des vertiges.
Le 17 juillet, elle ne présente plus que des secousses dans les mains, secousses brusques, spasmodiques, soulevant la main et l’avant-bras comme par une forte commotion électrique, mais sans douleur : ces secousses se répètent avec opiniâtreté toutes les quatre ou cinq secondes.
Intelligence nette; sensibilité normale; toutes les fonctions s'exécutent bien. La jeune fille n’a jamais eu d’autre maladie nerveuse. — Suggestion hypnotique, le 17 : sommeil assez profond, sans résultats immédiats.
Le 19, nouvelle séance; les secousses persistent pendant le sommeil hypnotique, mais disparaissent après le réveil. Elles ne reparaissent plus dans la journée, mais dans la nuit suivante.
Nouvelle suggestion le 20.
Elle revient le 22, et dit n’avoir plus eu, depuis le 20, que cinq à six secousses cette nuit, en tout. Actuellement les mouvements sont tout à fait libres et normaux.
24. — Marie a repris son travail, ce qu'elle n’avait pu faire depuis quatre semaines. Avant cette époque, elle avait travaillé pendant huit jours. Dit n’avoir pas été aussi bien depuis le mois d 'octobre. Elle accuse seulement depuis quelques jours des douleurs dans le poignet, quand elle est fatiguée, durant quelquefois dix minutes, s'irradiant quelquefois jusqu’aux épaules, surtout le soir. — Suggestion hypnotique.
Le 26, elle dit qu’elle n’a plus eu de douleurs depuis deux jours; seulement dans le bras droit, le soir de six à sept heures, un léger tremblement qui disparaît seul.
Elle continue à travailler et à bien aller, dit-elle, jusqu’en septembre. A cette époque elle eut de nouvelles secousses pendant huit jours, qui s’arrêtèrent spontanément. Le 30, elle revient à la consultation. Elle présente de violentes secousses comme électriques occupant tout le bras et
OBSERVATION
un peu le tronc, se renouvelant deux fois par seconde; elles existent depuis huitjours sans trêve.
La malade est hypnotisée ; les secousses deviennent d’abord moins fréquentes, mais plus intenses, puis au bout de quelques minutes cessent. Le sommeil est assez profond. Au réveil elle ne se rappelle qu’en partie ce que je lui ai dit. Elle a encore deux secousses; puis, plus rien. Je la rendors une seconde fois; à son réveil elle se sent très bien. Dans la journée, elle n’a plus une seule secousse.
Le 31, sortant de chez elle, elle fut saisie par le froid et les secousses recommencèrent. Elle vient a la consultation ; elle a une secousse à peu près par seconde. Par suggestion à l'état de veille, les secousses s'arrêtent en trois minutes. Je l’hypnotise ensuite pour rendre la suggestion plus efficace.
Elle va très bien jusqu'au 3 novembre ; ce jour, en se réveillant, de nouvelles secousses apparaissent, environ une par minute. Elles cèdent de nouveau à la suggestion hypnotique; le lendemain, cette jeune fille vient pour la dernière fois dire qu’elle va tout à fait bien et n'a plus eu la moindre secousse.
Observation XXX. — Secousses choréiques datant de quinze
jours, revenues plusieurs mois après une chorée généralisée.
Guérison en trois séances.
Caroline V..., dix-huit ans, travaillant dans la même usine, et habitant la même maison que Marie W..., fut prise par imitation en novembre. Elle avait eu une altercation le samedi; le lundi, elle eut des secousses dans la ceinture, puis dans les bras, comme son amie. La chorée se généralisa par moments. Elle alla pendant cinq semaines chez le Dr Liébeault, et fut complètement guérie. Elle reprit son travail, jusqu’au 12 mars; ce jour, une frayeur déterminée par un incendie voisin de l'usine où elle travaille amena le retour de la chorée qui dura encore six semaines; elle ne retourna pas chez M. Liébeault pendant celle seconde attaque.
Au bout de six semaines, elle reprit son travail. Il y a quinze jours, elle fut reprise plus légèrement, et depuis' ce moment elle a des secousses brusques localisées dans les bras et les épaules, continues.
Le 17 juillet, elle vint avec Marie NV... Les secousses convulsives sont semblables a celles de sa camarade; elles se