‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 223 sur 265 · TREMBLEMENT CHORÉIQUE GUÉRI PAR SUGGESTION · texte numérisé non relu

TREMBLEMENT CHORÉIQUE GUÉRI PAR SUGGESTION

très bien son nom de la main gauche et trace bien une ligne après son réveil.

Au bout de trois minutes, une nouvelle ligne tracée commence déjà un peu à trembler.

Aussitôt après le réveil, le tremblement avait disparu; mais à peine dans la rue, nous dit-elle le lendemain, le tremblement a reparu comme avant.

Le 22. lendemain, Claudine revient. Le tremblement existait de nouveau aussi marqué qu’avant. Elle ne peut plus écrire de la main gauche. Voici le nom écrit de la main gauche et une ligne tracée avant la seconde séance :

'iip

Je l’hypnotise de nouveau, en présence des élèves: je lui suggère énergiquement que le tremblement va s’arrêter et qu’elle va écrire très bien.

En quelques minutes, le tremblement disparaît de nouveau comme la veille; et je la fais écrire pendant son som-

OBSERVATION

meil les yeux fermés. Voici l’écriture de la rnain gauche pendant le sommeil et une ligne tracée pendant le sommeil.

On voit sur ce tracé que le tremblement a totalement disparu; je la laisse dormir un quart d'heure, lui affirmant que le tremblement ne reviendra pas, que sa main est sûre d’elle-même, etc.

A son réveil, pas le moindre tremblement: écriture et ligne tracées nettement. Voici l’écriture de la main gauche et une ligne tracée après le réveil :

La guérison s’est maintenue après cette seconde séance. Voici encore, le 23, le spécimen de son écriture de la main gauche :

un J*-

Cette jeune li île est encore venue trois foi demande, à 1 hôpital se laire hypnotiser; la s est pas démentie.

s, sur notre guérison ne

TRODBLES GRAPHIQUES CHORÉIQUES GUÉRIS 339

Observation XXXII. — Troubles des mouvements de l'écriture

consécutifs à une chorée. Guérison par une seule séance de

suggestion hypnotique.

Henri Grosse, âgé de seize ans, de Hayange (Alsace- Lorraine), vient avec sa mère me voir le 5 juin 1884. Voici son histoire : A l’âge de dix ans, il eut une première atteinte de chorée qui le tint pendant quatre mois. A douze ans et demi, il en eut une seconde qui dura trois mois, généralisée, violente, agitant les membres, le tronc, la face, la langue, avec impossibité de parler. Cette atteinte avait été précédée pendant un mois d'un rhumatisme articulaire aigu. A quatorze ans, nouveau rhumatisme poly-articulaire fébrile occupant toutes les jointures, pendant six mois, y comprises celles du cou, qui est restée un peu raide depuis lors; il eut en même temps de l’oppression avec battements de cœur.

En février dernier, il fut repris de chorée; pendant un mois, agitation désordonnée très grande, limitée aux membres supérieurs. Depuis le mois de mars, ces mouvements diminuèrent graduellement d’intensité et disparurent depuis; mais il ne peut plus écrire, il a été obligé d’interrompre ses études, et c’est pour cela qu’il vient me consulter. Il a subi divers traitements ; pendant le mois de février, il prit du bromure pendant trois semaines, puis du sirop du chloral qui a calmé l'agitation. Durant le mois de mars, il prit du tartre stibié, puis de l’arsenic pendant trois semaines. Pendant les mois d’avril et de mai, des pulvérisations d'éther furent faites consciencieusement sur ie rachis deux fois par jour. L’agitation choréique avait cessé, mais les mains restèrent maladroites pour les choses un peu délicates; il ne peut ni écrire ni arranger son nœud de cravate.

Actuellement, o juin, c’est un garçon lymphatique, assez grand, timide, parlant peu; l’intelligence est cependant nette; il mange bien et dort bien; on ne surprend aucun mouvement choréique, à peine de légers soubresauts dans la main. Les mouvements de rotation de la nuque sont un peu douloureux; souffle doux a la pointe du cœur qui fonctionne bien et n’est pas hypertrophié. Je le fais écrire au crayon, après l’avoir rais a son aise. Voici le décalque de son écriture :

OBSERVATION

Je propose a sa mère d'endormir son enfant; elle v consent. Le premier essai ne réussit pas: il fronce les sourcils cligne des paupières, prétend qu’il ne peut dormir. Alors j endors sa mère qui s’y prête facilement devant lui La voyant dormir d un sommeil calme, il se laisse aller facilement, et en trois minutes est en résolution; ses membres restent en résolution, si je les soulève. Je lui suggère alors verbalement qu il est guéri, que sa main ne tremble plus qu il va très bien; je répète cette suggestion à plusieurs écrire 6S" Au k°ut de dix minutes, je le réveille et le fais

^ Voici le résultat (page 341); il n’est pas encore bril-

Je constatai que l’enfant avait été en sommeil profond ou somnambulisme, c’est-à-dire sans souvenir au réveil Sachant que dans ce sommeil profond on obtient quelquefois des îesullals immédiats, je lui propose de l'endormir une seconde lois et je le remets en moins d'une minute en somnambulisme. Alors je répète et j’accentue davantage l’affir-

™ ql1 1 \r ecnre tr,ès. bien; et pour rendre cette sugg !yLion plus efficace, je lui donne un cravon en main je

île eY sôllT Cr,ay°,1; lU le liens U'ès'l““’ JVnemdn

|p faifpp • d ”• je Place un PaP,er devant son cravon. et je

son nom Grosse! P6 a'U '6 soraraeiL 11 écrit d’abord

TROUBLES GRAPHIQUES GUÉRIS PAR SUGGESTION 343 Je dis : « Tu écris mieux ton prénom » ; il écrit Henri.

Je dis: « Encore mieux, calligraphie»; il écrit Grosse.

Tout cela est écrit les yeux fermés. Je lui affirme qu a son réveil il écrira encore mieux ; je lui fais dire à lui-même qu’il est et restera guéri: que sa main conduira la plume sans hésitation. Au bout de douze minutes environ, je le réveille; il ne se souvient de rien. Et voici ce qu il écrit <i son réveil (page 344).

Le soir même, il écrit, d’une main assurée, une longue lettre à son père. Je le reçois le lendemain, G juin. La guérison s’est maintenue.

Voici son écriture avant toute nouvelle hypnotisation (page 34o). . ,

Je l’endors une dernière fois, la guérison ne s est pas démentie. Le 9 juillet, je reçois une lettre de lui, où il me

346 OBSERVATION

remercie de sa plus belle écriture, digne d'uu professeur de calligraphie.

Observation XXXIII (recueillie et relatée par M. Reaunis, Gaz. médicale de Paris, 1884). — Mouvements choréiques des mains. — Troubles de l’écriture. — Guérison par suggestion hypnotique.

Victorine L..., âgée de douze ans et demi, d'un tempérament lymphatique, mais forte et bien constituée, est atteinte d’une hémichorée droite sur laquelle sa mère me donne les renseignements suivants :

Première atteinte. — A quatre ans et demi, à la suite d'une frayeur, elle fut prise d'une chorée généralisée très intense. L’enfant ne pouvait ni marcher, ni articuler les mots, ni presque manger. En outre, le mal s'aggravait à certains moments de la journée; ces crises ou ces accès duraient dix à quinze minutes et se répétaient six à sept fois par jour. La durée de cette première atteinte fut de trois mois. Les douches d’eau froide furent le seul traitement employé.

Entre six et sept ans, douleurs articulaires.

Deuxième atteinte, à sept ans et demi. — Elle fut aussi forte que la première et offrit les mêmes caractères; mais elle ne dura que six semaines. Même traitement.

Troisième atteinte, à neuf ans et demi. — Le côté droit seul fut pris; six à sept accès par jour ; durée : six semaines. Pas de traitement.

Quatrième atteinte, à onze ans et demi. — Même forme hémi-choréique; même durée; toujours six à sept accès par jour. Pas de traitement.

Cinquième atteinte, à douze ans et demi. — Le premier accès eut lieu le 27 mai et fut suivi dans la même journée de six accès très violents. Le 28 et le 29, même nombre d'accès et aussi violents. Le 20, dans la matinée, elle a eu deux accès violents; sa mère l'amène ce jour-là chez M. le DrLiébeault, qui l’endort pour la première fois. Elle a encore deux accès dans l’après-midi, mais moins forts.

Le 3 1 , elle est soumise au sommeil provoqué; un seul accès léger qui fut le dernier.

Le 9 juin, à la suite d’une frayeur, les mouvements choréiques reparaissent, avec moins d’intensité cependant.

Page 1