RHUMATISME CHRONIQUE AMÉLIORÉ PASSAGÈREMENT
la tête humérale est douloureuse. Les mouvements du genou gauche sont libres ; il n est pas douloureux à la pression. Les doigts ne sont pas douloureux, les jointures n’y sont pas déformées, mais ont une mobilité anormale. Diagnostic : arthrite rhumatismale des articulations scapulo-hunérales et acromw-claviculuires .
La malade est hypnotisée : elle entre en sommeil profond presque sans souvenir au réveil. Après la suggestion pour le bras droit, la patiente peut, en inclinant la tête de ce côté, porter la main droite sur la tête et la douleur de l'épaule a diminué.
Le 4 au soir, suggestion en sommeil profond. J’aide la suggestion en imprimant des mouvements au bras et affirmant que la douleur disparait et que la malade pourra exécuter sans douleur tous les mouvements. Je continue énergiquement la suggestion pendant vingt minutes.
Au réveil, les douleurs ont presque disparu à droite; celle de 1 humérus gauche persiste encore. La malade peut atteindre spontanément le bâton suspendu au-dessus de son lit, elle peut faire de légers mouvements d'abduction. On porte les bras facilement jusqu à l’horizontale, mais elle ne peut les y soutenir et les laisse retomber.
Le 7, elle accuse de nouveau une douleur vive à l’articulation acromio-claviculaire droite et sur la tête de l’humérus gauche; elle peut écarter ses deux bras du corps à angle droit.
Le 9, après suggestion faite hier, elle n'a plus eu d élancements douloureux spontanés ; la douleur à la pression a diminué à droite. Elle soulève ses bras à angle droit. — Suggestion.
Le 1 1 , suggestion ; la douleur acromio-claviculaire droite et de l'humérus gauche a presque disparu; mais elle se plaint encore d’engourdissement dans les bras, l’empêchant de dormir; elle tient bien ses bras à 4o° du corps. Même état les jours suivants.
Dans la journée du 12 (elle n’a pas été hypnotisée), nouvelles douleurs dans le bras et l’avant-bras gauche ; pendant toute la nuit fourmillements dans la main gauche.
Elle est endormie le 13. La nuit suivante est assez bonne ; elle a mieux dormi; mais, le 14, elle se plaint toujours de douleurs dans le bras gauche, tout l’humérus est sensible à la pression Elle écarte bien son bras gauche; mais ne peut le maintenir. — Suggestion.
Le 15, la douleur dans l’humerusgauche a disparu depuis la suggestion d hier ; la malade a pu de nouveau maintenir
OBSERVATION
pendant quelques instants le bras gauche à 45°. Dans la nuit, elle a eu des élancements douloureux dans la gaine du triceps gauche. — Suggestion le soir; elle n’a plus de douleur dans la nuit.
Le 19, la malade n’a plus été endormie depuis trois jours. La douleur est revenue, surtout dans l'épaule et le bras gauche ; elle dort peu la nuit. Suggestion énergique et prolongée avec mouvements imprimés aux articulations de l’épaule. On arrive à lui faire tenir le bras presque verticalement pendant le sommeil. Je laisse la malade dormir et se réveiller spontanément.
Le 20, elle a encore quelques douleurs à gaucbe; elle soulève assez bien les deux bras, mais n’arrive plus à l’horizontale. Elle a assez bien dormi la nuit. Le soir, suggestion prolongée avec mouvements imprimés; on lui porte presque verticalement les bras en l’air.
Le 21, elle n’a plus de douleur et arrive presque à l’horizontale. Cet état se maintient jusqu'au 26. Suggestion quotidienne.
Le 26, elle n’a presque plus de douleur au niveau des épaules, mais se plaint, quand elle veut lever le bras gauche, d’une sensation douloureuse dans l’avant-bras: elle lève cependant ce bras jusqu’à 90°; le droit presque horizontalement. — L'appétit est bon.
Dans la nuit, les douleurs se manifestent de nouveau dans les épaules. La malade n'a pas dormi; le lendemain elle ne mange pas, et parait déprimée; depuis quelques jours, elle se prête de fort mauvaise grâce à l’hypnotisation. Elle manifeste le désir de rentrer dans son village, dans les Vosges.
Le 28. la malade se plaint toujours; le bras droit va bien; il est peu douloureux; elle le relève bien à angle droit; mais elle se plaint et accuse toujours, malgré la suggestion, des douleurs à l'épaule et au bras gauche ; elle ne mange plus; son caractère est aigri. Nous apprenons que son mari est venu la voir et qu'il ne voulait plus qu elle fût hypnotisée. Elle-même dit qu’elle préfère garder scs bras, tels qu’ils sont et ne veut plus continuer ce traitement. Nous pensons qu’elle a dû subir quelque influence contre-suggestive qui a peut-être paralysé l’efticacité du traitement. Elle quitte l'hôpital le 29.
RHUMATISME MUSCULAIRE GUÉRI PAR SUGGESTION 385
Observation LX. — Rhumatisme musculaire avec crampes dans les membres ; guérison rapide par la suggestion.
C... (Jean-Claude), soixante-douze ans, jardinier, entre à l’hôpital le 6 novembre 1883; il se plaint, depuis quatre semaines, de douleurs diffuses dans tout le corps, surtout dans les membres, survenant deux ou trois fois par jour, durant jusqu'à trois quarts d’heure; de plus, deux ou trois fois par jour il a des crampes dans le jarret avec flexion des genoux durant plusieurs minutes. Souvent exposé à la pluie, il a été fortement mouillé il y a quatre semaines, et tousse depuis cette époque; quelques crachats opaques muqueux avec de la sérosité spumeuse; un peu d’oppression quand il marche; il n'a pas d’étoutfements habituels. L’appétit a toujours été bon.
C'est un homme bien conservé, de forte constitution; le thorax légèrement bombé, sonore; la respiration est rude en avant, l’expiration nette; la respiration est rude et rugueuse dans le sommet gauche postérieur, un peu soufflée dans la fosse sus-épineuse droite; quelques râles sous-erépitants fins à la base gauche. Bruits du cœur normaux. ( Enphysème sénile peu avancé, bronchite, induration sénile des sommets .) Les articulations des doigts sont un peu déformées [rhumatisme noueux) et craquent un peu par les mouvements imprimés. En pressant sur les muscles de la fesse et de la cuisse gauche, on y détermine de la douleur et des contractures [rhumatisme musculaire). Laissé quelques jours sans traitement, son état reste le même; tous les jours des crampes; le 7, trois crises de crampes dans lesjambes et les poignets ; le 8, quatre crampes dans les deux bras.
Le il, on a noté : le malade se plaint de douleurs dans le tendon d’Achil le et dans la partie interne des cuisses ; il a souvent des crampes qui ont lieu simultanément ou alternativement dans tous les membres, avec sensation de fourmillements, les doigts et. les genoux étant contracturés en demi flexion.
A partir du 12, le malade est hypnotisé tous les jours (sommeil profond) avec suggestion. Depuis la première séance, il n'a plus eu de crampes; les douleurs diffuses diminuent; elles n'existent plus quand le malade est tranquille, elles se manifestent encore quand le malade marche.
SCGGESTION.
OBSERVATION
A partir du 21, il va tout à fait bien et n’accuse plus de douleur pendant la marche.
Observation LXI. — Névralgie iléo-lombaire rhumatismale. —
Amélioration rapide en une séance. Guérison totale graduelle
en dix-huit jours.
T... (Marie), journalière, âgée de cinquante-cinq ans, entre à l’hôpital le 27 novembre 1884, veuve et mère de douze enfants, qui sont tous morts, comme leur père, de la poitrine.
Il y a quelques jours, cette femme, qui se porte habituellement bien, faisait une lessive, les reins couchés sur la pierre. Tout à coup elle dut interrompre son travail à cause d'une douleur siégeant dans le côté droit et s’irradiant vers l’épine iliaque antérieure. Elle dut rentrer chez elle et y fut prise de frissons. La douleur était tellement vive qu’elle ne put remonter sur son lit. Cette doulour lombaire a persisté depuis, avec irradiations douloureuses, parfois dans les deux jambes. Bien portante d’ailleurs, elle a bon appétit.
Le 29, on note : constitution bonne; apyrexie ; hygroma prérotutien gauche. Douleur excessivement vive au niveau de la région vertébrale lombaire, au-dessous du rebord costal droit et à l’origine du sciatique droit. La douleur est moins intense du côté gauche. Ces douleurs s'irradient souvent à la partie inférieure droite de l’abdomen et dans les membres.
( Névralgie iléo-lombaire rhumatismale.)
Hypnotisation. — La malade tombe en somnambulisme; pendant le sommeil elle a un rêve spontané actif; elle parle de laver un plancher. Je dissipe ce rêve et affirme la disparition des douleurs. A son réveil, elle reste profondément engourdie et se rendort spontanément jusqu’à trois heures de l’après-midi (depuis onze heures du matin).
Le 80, elle se trouve beaucoup mieux, a bien dormi la nuit. La région lombaire n’est presque plus douloureuse. Seule la région sacrée l’est encore à la pression sur la ligne médiane; il n’y a plus eu d’irradiations. La patiente peut se retourner dans son lit, ce qu’elle ne pouvait faire auparavant.
Le l<‘r décembre , elle a eu encore une douleur très vive à la pression du sacrum; mais la douleur reste localisée à cette région; les lombes, le rebord costal, l’origine du sciatique nesonlplus douloureux; plus d'irradiations. Suggestion