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MÉCANISME DE LA GUÉRISON PAR SUGGESTION

Quel est l’agent de la matière médicale capable de susciter ce processus curatif direct? Les maladies guérissent par leur évolution biologique naturelle, quand elles peuvent guérir. Nos moyens thérapeutiques ordinaires consistent à mettre l’organisme dans les meilleures conditions pour que la reslitutio ad integrum puisse s’opérer; nous supprimons la douleur, nous modifions la fonction, nous mettons l’organe au repos, nous calmons la fièvre, nous ralentissons le pouls, nous provoquons le sommeil, nous activons les sécrétions et les excrétions, et ce faisant, nous permettons à la nature médicatrice, ou pour parler le langage moderne, nous permettons à l'activité des forces et propriétés inhérentes aux éléments biologiques d’accomplir son œuvre. Les agents thérapeutiques dont nous disposons ne sont que des médications fonctionnelles. La suggestion aussi est une médication fonctionnelle puissante.

Tous les organes, toutes les fonctions sont commandés par les centres nerveux. Chaque élément de l’organisme a pour ainsi-dire son centre d’action aboutissant à l’encéphale. La sensibilité, le mouvement, la nutrition, les sécrétions, les excrétions, la calorification sont gouvernés ou du moins influencés par cet organisme central qui préside au mécanisme complexe delà physiologie animale. Cet organisme central peut intervenir utilement pour rétablir, dans la mesure du possible, le jeu des organes et fonctions troublés.

Je dis dans la mesure du possible. Voici un malade auquel une hémorrhagie cérébrale a détruit, je suppose, toute la capsule Idanche interne; une dégénérescence descendante s’est faite dans le faisceau pyramidal, une hémiplégie rigide s’en est suivie. Ici l’organe moteur sine quel non des mouvements d’une moitié du corps est détruit. Aucune suppléance organique n’est possible. Aucune médication ne peut restaurer ce qui est détruit. La suggestion, pas plus que les autres médications, ne pourra rétablir une fonction dont l’organe indispensable n’existe plus.

Mais je suppose que l’hémorrhagie ait laissé subsister

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