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HALLUCINATIONS POST-HYPNOTIQUES

gne n’avait pas été retenu; l’image olfactive suggérée n’étant pas bien précise dans le cerveau chez une personne qui n’avait pas l’habitude d’en faire un fréquent usage, c’est une odeur analogue, mémorative d’un vinaigre mal défini, que le centre olfactif avait évoquée.

Citons encore à l’appui de cette idée le fait suivant :

A un malade de mon service, atteint d’affection cardiaque, je dis pendant son sommeil artificiel : « A votre réveil vous prendrez le livre qui est sur la table de nuit ; vous'ouvrirez la page 56 ; vous y trouverez votre portrait très bien fait ».

A son réveil, je le vois prendre ce livre : « Qu’est-ce que vous cherchez?» lui dis-je. — «C’est une histoire que j’ai commencée hier; je crois que je suis resté à la page 56.» — « Est-ce que vous devez trouver quelque chose de particulier sur cette page?» — «Non. c’est la continuation de l’histoire! » Il cherche la page et l'ayant trouvée, paraît étonné. « Tiens, qu’est-ce que cela ? C’est un portrait ! » Il regarde quelques instants, puis seulement se reconnaît : « C’est moi. » Il ne savait pas, en cherchant la page qu’il devait trouver son portrait: il ne s’est pas reconnu tout de suite dans ce portrait.

Les hallucinations ainsi provoquées peuvent être nettes comme la réalité; le sujet, même sachant que c’est une hallucination, ne peut s’y dérober. On peut s’en rendre compte quand on opère sur des personnes très intelligentes. J’endors récemment une jeune fille d'une intelligence remarquable, d’un esprit positif, nullement vaporeuse, et dont je puis garantir la bonne foi. A son réveil je lui fais voir une rose fictive. Elle la voit, la touche, en perçoitl’odeur ; elle mêla décrit; puis, sachant que je pouvais lui avoir donné une suggestion, elle me demande si la rose est réelle ou imaginaire. « Il me serait absolument impossible, dit-elle, défaire la différence. » Je lui dis qu’elle est imaginaire. Elle en est convaincue, et, malgré cela, elle s’assure quelle ne peut pas par un effort de volonté la faire disparaître. « Je continue ditelle, a la voir, à la toucher, absolument comme si elle

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