‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 40 sur 265 · SENTIMENT DE L’IDENTITÉ · texte numérisé non relu

SENTIMENT DE L’IDENTITÉ

humaine aux questions qui lui sont adressées. Nous nous croyons en rêve, revenu au temps de notre jeunesse; les souvenirs profondément ensevelis dans notre cerveau revivent et redeviennent images. Les êtres qui ne sont plus, nous les revoyons, nous causons avec eux, et en même temps, le sentiment du moment présent n'est pas perdu; quelquefois il est assez distinct pour que nous nous disions à nous mêmes : « Ce n’est qu’un rêve ! » « Il semble, dit Maudsley, qu'à travers toutes les divagations des songes, il y a généralement au fond de nous un sentiment obscur ou un instinct de notre identité, car autrement nous ne serions jamais surpris de voir que nous ne sommes pas nous-même, ou que nous faisons quelque chose d'extraordinaire, ou nous n'aurions pas cette espèce de sentiment personnel qui est en nous dans tout drame personnel où nous pouvonsjouer un rôle. Je crois que l’organisme conserve son identité, quoique nos fonctions conscientes soient des plus distraites; bien que nous soyons endormis..., notre personnalité fondamentale se sent avec plus ou moins de force, dans tout état de conscience, dans le rêve ou à l'état de veille. Le pensionnaire d'un asile de fous qui a l’illusion d’être le Tout-Puissant et de pouvoir faire en un instant tout ce qu’il veut, demande humblement une légère faveur au moment même où il proclame son omnipotence. Ce sont là les conséquences d’une identité distraite. »

Les hallucinations du somnambulisme ne sont en réalité que des rêves provoqués ; l’image produite est plus ou moins vive, la conscience de l'identité peut per sister plus ou moins confuse à côté du rêve, sans que le rêveur soit frappé de laconlradiction. S... sent qu'il est à mes côtés, dominé par moi; il est en même temps sur le champ de bataille et répète tout haut le rêve qu'il voit, qu’il vil, suggéré par moi.

A côté de ces types de somnambulisme, tels queje viens de les retracer, et dont je pourrais multiplier indéliniment les exemples, existe une variété plus rare, dans laquelle le dormeur est assailli par des rêves

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