‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 5 sur 265 · PROCÉDÉ D’HYPNOTISATION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ D’HYPNOTISATION

guéris ou améliorés à la suite de ce sommeil, il est conliant et se livre. Alors je lui dis : « Regardez-moi bien et ne songez qu’à dormir. Vous allez sentir une lourdeur dans les paupières, une fatigue dans vos yeux; ils clignotent, ils vont se mouiller; la vue devient confuse; ils se ferment. » Quelques sujets ferment les yeux et dorment immédiatement. Chez d'autres, je répète, j’accentue davantage, j’ajoute le geste; peu importe la nature du geste. Je place deux doigts de la main droite devant les yeux de la personne et je l’invite à les fixer, ou bien avec les deux mains je passe plusieurs fois de haut en bas devant ses yeux; ou bien encore je l’engage à fixer les miens et je tâche en même temps de concentrer toute son attention sur l’idée du sommeil. Je dis : « Vos paupières se ferment, vous ne pouvez plus les ouvrir. Vous éprouvez une lourdeur dans les bras, dans les jambes; vous ne sentez plus rien, vos mains restent immobiles, vous ne voyez plus rien; le sommeil vient », et j’ajoute d’un ton un peu impérieux : « Dormez. » Souvent ce mot emporte la balance; les yeux se ferment ; le malade dort.

Si le sujet ne ferme pas les yeux ou ne les garde pas fermés, je ne fais pas longtemps prolonger la fixation de ses regards sur les miens ou sur mes doigts : car il en est qui maintiennent les yeux indéfiniment écarquillés et qui, au lieu de concevoir ainsi l’idée du sommeil, n’ont que celle de fixer avec rigidité : l'occlusion des yeux réussit alors mieux. Au bout de deux ou trois minutes de fixation, je maintiens les paupières closes, ou bien je les étends lentement et doucement sur les globes oculaires, les fermant de plus en plus, progressivement, imitant ce qui se produit quand le sommeil vient naturellement; je finis par les maintenir closes, tout en continuant la suggestion : « Vos paupières sont collées, vous ne pouvez plus les ouvrir; le besoin de dormir devient de plus en plus profond : vous ne pouvez plus résister. » Je baisse graduellement la voix, je répète l’injonction : « Dormez », et il est rare que plus de quatre ou cinq minutes se passent, sans que

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