DES EXPÉRIENCES DE TRANSFERT
Ce sera une chose curieuse dans l'histoire de l’hypnotisme que de voir tant d’esprits distingués égarés par une première conception erronée, conduits à une série d’erreurs singulières qui ne leur permettent plus de reconnaître la vérité. Erreurs fâcheuses, car elles entravent le progrès en obscurcissant une question si simple en elle-même et où tout s’explique, quand on sait que la suggestion est la clef de tous les phénomènes hypnotiques !
Rien n’est plus curieux à lire à ce point de vue que les nombreusesexpériences de transfert de MM. Binet etFéré. On sait que cesauteurs concluent de leurs expériences que l’application d’un aimant chez un sujet hypnotisé peut transférer sur le côté du corps auquel il est appliqué, par exemple au membre supérieur gauche, les phénomènes, tels que anesthésie, contracture, paralysie, etc., provoqués de l’autre côté, par exemple au membre supérieur droit. L’aimant transférerait de même les anesthésies sensorielles, les hallucinations de l’odorat, de l’ouïe, de la vue, du goût, du toucher. Ce transfert aurait lieu, sans l’intervention delà suggestion, par un simple phénomène physique, dans lequel le cerveau du sujet, considéré comme organe psychique, ne jouerait aucun rôle.
Les auteurs croient avoir éliminé la suggestion, parce qu’ils ont fait ces expériences dans les états dits de léthargie ou de catalepsie. « Ces états, disent-ils, sont, dans le grand hypnotisme, des états inconscients où la condition des sens et de l’intelligence rend le sujet complètement étranger à ce qui se passe autour de lui. Cependant l’expérience montre que l’aimant transfère un grand nombre de phénomènes dans ces conditions. » Première erreur, qui a été la source de toutes les illusions expérimentales de ces auteurs.
A tous les degrés de l’hypnotisation, je le répète, le sujet reste conscient , et nous avons observé des milliers de cas à Nancy.
Si chez les douze seuls sujets sur lesquels en l’espace de dix ans on a observé les phénomènes de ce qu’on