DEGRÉS D'HYPNOTISME
J’ai endormi des personnes très intelligentes, appartenant aux classes élevées de la société, nullement nerveuses, au moins dans le sens que nous attachons à ce mot. Sans doute les personnes qui mettent un point d’honneur à démontrer qu’elles ne sont pas hypnotisables, qu elles ont le cerveau mieux équilibré que les autres, qu’elles ne sont pas suggestibles, ne peuvent souvent être endormies, car elles ne savent pas se mettre dans l’état psychique nécessaire pour réaliser la suggestion du sommeil; elles refusent de l’accepter consciemment ou inconsciemment, elles se font une sorte de contre-suggestion.
Le degré du sommeil provoqué varie suivant le= sujets.
Quelques-uns n éprouvent qu’un engourdissement plus ou moins prononcé, de la pesanteur des paupières, de la somnolence; c’est le plus petit nombre. C'est le premier degré de M. Liébeault. Cette somnolence peut disparaître aussitôt que 1 opérateur cesse d'influencer ; elle se prolonge pendant quelques minutes chez certaines personnes, plus longtemps chez d’autres, pendant une heure par exemple. Les sujets restent souvent inertes; d autres exécutent quelques mouvements, changent de position, se retournent, mais continuent à rester somnolents. A 1 une des séances suivantes, ce sommeil peut passer à l’un des degrés plus avancés ; d'autres fois, au contraire, on ne peut aller au-delà. Chez une dame, j ai établi la somnolence durant une demi-heure à une heure, plus decentfois, mais rien que cette somnolence du premier degré.
Certaines personnes n ont pas de somnolence à proprement parler, mais elles gardent les paupières closes et ne peuvent Jes ouvrir; elles parlent, répondent aux questions, disent quelles ne dorment pas. Mais je leur
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