‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 82 sur 265 · DOCTRINE DE DURAND, DE GROS · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE DURAND, DE GROS

obscures pour émouvoir le public médical; puis, en 1860, parut son Cours théorique et pratique du braidisme ou hypnotisme nerveux, où la pensée el la méthode de l’auteur se dégagent avec une grande clarté.

Braid avait établi que la fixité de l’attention et la concentration de la pensée obtenues parla fixation du regard sont les causes déterminantes de l’étal hypnotique; mais il ne chercha pas à approfondir le mécanisme physiologique ou psychologique du phénomène. Durand, de Gros, essaie d'aller plus loin et d’expliquer le lien qui existe entre celte concentration de la pensée, premier point de départ de la modification braidique, et l’apparition de l’insensibilité, de la catalepsie, de l’extase, en un mot de cette révolution profonde et générale de l'économie qui en est le point d'arrivée.

Voici la théorie de l’auteur, telle qu’elle est exposée par lui : Une activité générale el suffisamment intense de la pensée est nécessaire à la diffusion régulière de la force nerveuse dans les nerfs de la sensibilité. Si cette activité cesse, leur innervation est supprimée, el ils perdent leur aptitude à conduire vers le cerveau les impressions du dehors. On sait, en effet, que les idiots sont plus ou moins anesthésiques, etc. D'autre part, la sensation est le stimulant nécessaire de l’activité mentale.

De là découle que, pour déterminer l’insensibilité, il suffît de suspendre l’exercice de la pensée, et pour suspendre celle-ci, il faut isoler lessensdes agents extérieurs qui les impressionnent. On ne peut suspendre la pensée, mais on peut la réduire à un minimum, en la soumettant à l’excitation exclusive d’une sensation simple, homogène et continue. On réduit ainsi à un simple point sa sphère d'action. La cellule cérébrale continue à sécréter la force nerveuse; la pensée ne consomme plus qu’une laible partie de cette force; celle-ci s’accumule dans le cerveau où une congestion nerveuse aura lieu. C’est là la première partie de l’opération braidique qui produit ce que l’auteur appelle état hypotaxique. Cet état une fois produit, que par une porte encore enlr’ouverle du sensorium, par la voie de la vue, de l’ouïe, du sens mus-

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