CONCLUSION
Lorsque, en faisant l’opération clé la hernie étranglée, je rencontrerai la gangrène de l’intestin, je chercherai de suite à me rendre un compte exact de son étendue, et j’examinerai en même temps l’état dés parties environnantes.
Alors je conformerai ma conduite âüx règles Suivantes :
1° Si la gangrène comprend la totalité de l’anse hérmee, j’ouvrirai largement l’intestin et établirai un anus contre nature.
2° Si la gangrène est très-étendue, et comprend ! tme grande partie de la circonférence du tube intestinal, je formerai encore, sans hésiter, un anus contre nature.
'3* Si la'garigrêhe’èst d’étendue moyenne, et ;si le diamètre de l’eschare reste au-dessus de un centimètre, je ferai un anus artificiel, si l’élimination de la partie mortifiée est,certaine ou sur le point de s’effectuer ; mais, si l’altération morbide n’est pas très-nettement accusée, et si, d’un autre côté, il n’existe pas d’adhérences au collet du sac, je réduirai l’anse intestinale en retenant la partie maladé à l’ouverture.de l’anneau.
Dans cette manœuvre j’éviterai de suivre les conseils
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de ceux qui prétendent que, pour maintenir l’jntestm, toute ligature est inutile : la prudoqce ordonne d’employer un fri pour assujettir l’anse intestinale daqs la plaie; ipais, au lieu de le passer dans lq mésentère, je trayerserai l’iqtestin luir-mème daxrs la partie qui paraît gaj}greuée, -çtie fixerai les deux chefs sur les téguments au moyeu fie morceaux cle fiiaçfiylon.
4° Si la gangrène est d’étendue restreinte, et si les dimensions de l’eschare ne dépassent pas un centimètre, si, d’autre part, les parties voisines sont manifestement saines, je me croirai en droit de tenter la suture. Je n’exciserai point préalablement la partie mortifiée, mais je l’emprisonnerai dans un double pôint de la suture de Gély, faite avec une seule aiguille et un seul fil; puis, je réduirai l’intestin en laissant à l’anneau la partie sur laquelle je viendrai-d’appliquer la suture.
5° Enfin, si la gangrène est limitée à des points seulement, de diamètres divers, mais n’excédant pas 5 millimètres, s’il existe de petites perforations à la suite de la chute de ces petites eschares, ou de l’ulcération de la paroi intestinale résultant de la constriction excessive de l’anneau, alors, m'appuyant sur des faits cliniques positifs et des succès certains, j’emploierai avec confiance la suture de Gély, et je renfermerai dans un seul élément de cette suture le point mortifié, qui, par d’autres moyens, eût été pour moi une source de craintes; soit que, réduisant purement et simplement l’anse intestinale, j’eusse à redouter l’épanchement dans le péritoine; soit que, réduisant, mais fixant dans la plaie la partie altérée, j’eusse plus tard à combattre, si l’intes-
tin s’ouvrait spontanément à la chute de l’eschare, une nouvelle affection, l’anus anormal, affection dégoûtante et parfois rebelle à tout genre de traitement. La suture faite, je réduirai l’anse herniée en prenant la précaution de laisser à l’anneau la partie suturée, afin de l’avoir toujours sous la main, si des accidents consécutifs venaient me forcer à détruire la suture et à établir un anus artificiel.