‹ De La Suture Des Os Dans Les Fractures Et Les PseudarthrosesChapitre 10 sur 31 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Nous voulons seulement ajouter quelques considérations au sujet de la suture osseuse dans les pseudarthroses. L’ouvrage de M. Bérenger-Féraud {Traité des fractures non consolidées ow pseudarthroses (vol., Paris 1871) nous guidera dans cette étude.

Cet auteur divise les pseudarthroses en cinq classes :

1° Les pseudarthroses simples;

2° Les pseudarthroses flottantes ;

3° Les pseudarthroses fibreuses simples ;

4° Les pseudarthroses ostéophytiques ;

5° Les pseudarthroses fibro-synoviales. É

Le traitement variera suivant l'espèce de pseudarthroses à laquelle nous aurons affaire. En effet, une pseudarthrose fibreuse simple sera plus facile à traiter et à guérir qu’une pseudarthrose ostéophytique, dans ce dernier cas, une -résection portant sur le ostéophytes sera nécessaire, tandis que dans la pseudarthrose fibreuse il suffira de détruire avec un bistouri les brides fibreuses interposées entre les fragments osseux, d’aviver ceux-ci et de les suturer ensuite. Le pronostic sera également plus grave dans une pseudarthrose ostéophytique, non par la suture osseuse elle-même, mais par la résection qui l’accompagnera ou mieux qui la précèdera.

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Pour M. Tillaux (Congrès français de chirurgie, 1888), la principale cause des pseudarthroses est l’interposition entre les fragments osseux d’une bride fibreuse ou d’un faisceau musculaire. Nous avons rapporté une observation de pseudarthrose fibreuse de l’humérus et de pseudarthrose ostéophytique du fémur.

Certaines pseudarthroses semblent n’entraver que peu le jeu régulier des fonctions : ces cas singuliers ont été signalés à la clavicule par M. Tillaux, à l’avant-bras par Syme.

Mais dans l'immense majorité des cas, une pseudarthrose est toujours affection gênante, grave quelquefois, et les chirurgiens se sont toujours efforcés d’en débarrasser leurs malades.

Bien des méthodes de traitement ont été proposées. Les uns ont employé le frottement des fragments (Celse, Boyer, Velpeau); M. Bérenger-Féraud estime à 6 p. 0/0 les succès obtenus. D’autres ont utilisé l’'acupuncture (Malgaigne, Maisonneuve), la cautérisation (White, Mayer), les liquides irritants tels que la teinture d’iode, l'alcool, l’ammoniaque. Certains chirurgiens ont employé le seton (Physick de Philadelphie), les irritants extérieurs, l’électrolyse (MM. Le Fort, Labbé). D'autres moyens que nous ne relatons pas ont encore été employés. Nous voulons arriver de suite au moyen qui nous semble le meilleur et le plus sûr : la résection osseuse suivie de suture.

Les règles du manuel opératoire sont celles que nous avons déjà indiquées. Le deuxième temps sera en quelque sorte dédoublé et comprendra : 1° la mise à nu des extrémités des fragments ; 2 l’avivement des surfaces de fracture.

L’avivement des surfaces de fracture se fera à l’aide d’un

fort bis'ouri à résection ou d’une rugine suivant les cas. Dans les vieilles pseudathroses dans lesquelles les extrémités osseuses sont durcies, comme éburnées, à la suite d’une ostéite condensante ; il faudra se servir pour réséquer les extrémités des fragments de la scie à chaîne, de la scie à dos mobile, à l'usage de laquelle nous donnons la préférence. Les stalactites osseuses quelquefois énormes qu’on rencontre dans ces fractures seront réséquées également.

Une bonne précaution à prendre dans les résections à l’aide de la scie, et même dans la perforation des fragments, est d'éviter que la paupière osseuse ainsi produite par l’avivement des fragments ne tombe dans la plaie ; à cet effet, on placera entre la plaie et l’os sur.lequel on opère quelques doubles de gaze iodoformée destinée à recevoir la poussière osseuse.

Les os sur lesquels on rencontre le plus souvent des pseudarthroses sont le fémur et l'humérus, à cause de la puissance des muscles qui s’insère sur eux et qui impriment des mouvements souvent contraires aux deux fragments.

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