SARA
matières fécales, ilest hébété et mange très peu. Le malade prend chaque jour de 8 à 40 grammes de bromure de potassium. Les attaques disparaissent, mais l'appétit ne revient pas : on administre des amers et des toniques. Les fragments du fémur chevauchant continuellement l’un sur’ l’autre, le décubitus et les déjections ont amené une eschare sucrée.
Le 20 juin, c'est-à-dire cinq mois plus tard, le blessé a repris de l'embonpoint ; il n’a plus d’attaques ; les évacuations mvolontaires n'existent plus, mais la fracture n’est nullement consolidée.
Le 17 septembre 1889, suture métallique des fragments ; chloroformisation; pas de bande d’Esmarch; ainsi de 15 à 18 centimètres sur la partie antéro-externe de la cuisse le long du bord externe du grand droit qui est relevé par des crochets; quelques artérioles sont pincées et liées. Le fragment supérieur faisant saillie en avant et en dehors est facilement mis à nu, isolé et réséqué perpendiculairement à son axe d’une rondelle de un centimètre environ, en même temps qu’une épaisse stalactite de col située en dedans est détachée et enlevée. Le dégagement et l’iso-. lement du fragment inférieur est plus difficile, cadré qu'il est en haut et en dedans. Pendant qu’un aide immobilise le fragment au moyen d’un fort davier, résection par la scie à main d’une rondelle d’os de un centimètre environ d'épaisseur.
Perforation transversale à un centimètre et demi du plan de section et introduction par ces trous d’un gros fil de fer recuit qui forme anse en dedans et dont on fixe les extrémités par torsion. Cette suture ne maintenant pas suffisamment les fragments en bon contact, une autre suture métallique ne comprenant que la moitié de l’épaisseur de l’os, est appliquée à la partie antérieure. Trois points de suture au crin de Florence à chaque extrémité de l'incision ; drainage et pansement de Lister ; puis application à la partie postéro-externe du membre depuis le bassin jusqu’au
pied d’une large attelle plâtrée à laquelle on superpose au niveau
de la cuisse une étroite attelle de bois; autre attelle plâtrée avec attelle en bois à la face interne de la cuisse ; une bande plâtrée est passée autour du bassin et passant sur l’attelle fémorale externe pour la fixer. Sur la face antérieure est appliquée, par dessus lé pansement de Lister, une large attelle de gros carton mouillé. Le tout est maintenu par trois courroies élastiques.
L'opéré a bien supporté le chloroforme, mais il reste toute la journée dans un état de somnolence prononcé. La nuit, le malade a une forte atiaque d’épilepsie, ce qui oblige à lever le pansement le lendemain pour voir si les sutures ne sont pas brisées ; elles sont solides.
De ce jour, D... n’a pas eu de nouvelle attaque ; la dose de bromure est de 8 grammes chaque jour. Le blessé mange bien, ne souffre plus ; la plaie est belle et la suppuration peu abondante ; la contention est bonne (Une partie de l'observation de ce malade manque). S
Cinq mois après, D... était sorti de l'hôpital et marchait en
boîtant légèrement.
Voici quelle a été sa température :
Fe lrofnliztist il sl ic) 17| 18 | 10 ||
Nous n'avons rapporté qu’une seule observalion de suture du fémur, faite pour remédier à une pseudarthrose. D’ailleurs, les sutures de cet os sont rares dans la science, et M. Bérenger-Féraud n’en rapporte qu’une dizaine de cas dans ses ouvrages, dont une de M. Heurtaux terminée par la mort et deux de M. Letermeur (de Nantes). Dans notre observation, la contention des fragments en bonne coaptation a nécessilé deux sutures, dont une selon le diamètre de Pos, c’est-à-dire comprenant toute l'épaisseur de l'os ‘et l’autre selon son rayon. Il nous semble qu’avec les progrès accom plis en chirurgie par la méthode antiseptique cette suture pourrait réussir anssi bien qu’une suture de la rotule.